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Espace Vital

La semaine qui précéda les attentats dits de Paris -ce qui suggère aisément que nous ne sommes ni les premiers ni les seuls à vivre en prenant en compte cette amère réalité d’une facilité violente et d’une normalisation écoeurante de leur commission (à se demander qui est bégueule! A bon entendeur!)-
… Bref, la semaine donc qui précéda les attentats, je me suis rendue au théâtre comme assez souvent ou tout du moins le plus souvent que mon emploi du temps veuille bien m’en offrir le loisir, c’était au Lucernaire et j’y ai vu une pièce -non un quasi conte- absolument extraordinaire.
Une chimère, un dessein évidemment irréaliste mais sans vice, une heureuse abstraction fruit de la vive imagination du brillant Israël Horovitz, une brève illusion, une trêve, certes une utopie mais d’une si jolie fantaisie, si jolie fantaisie au service d’une merveilleuse allégorie, la proposition d’un monde meilleur mais en vain, contraint d’adopter un certain pragmatisme, sans cynisme.
Il est trois heures du matin, le Chancelier Stroiber se réveille en sursaut, trempé de sueur. Il vient de concevoir un projet inouï. Il convoque les médias du monde entier et lance une invitation à six millions de juifs à venir poursuivre leur destinée en Allemagne…pour y vivre… Le message -entre outrage et hommage- sera massivement diffusé et sèmera autant d’agitation que de confusion, autant d’insurrection que d’émotion.
Avec une agilité inspirante, les trois comédiens de la Compagnie Hercub’, Sylvie Rolland, Bruno Rochette et Michel Burstin (il reçoit, le bien heureux, ma mention coup de coeur) -qui ont également adapté et mis en scène ce monstre-génie- nous emmènent en habitant non moins de cinquante personnages disposés à réagir à ce mirage: de la mère de famille des Etats-unis au révolté du Bounty, du docker au parti des Travailleurs, du rescapé de la Shoah à l’ado-tracas en pleine poussée d’acné.

Pourquoi je vous raconte tout cela me demanderez-vous?
Non, je ne suis pas devenue critique ni même prophétique.
Non ce n’est pas seulement pour faire un pied de nez à ceux qui -il y a peu- m’assénaient que la politique ne peut être porteuse de sentiments profonds quand à l’âge adulte, notre conscience est bien la première science que nous percevons mais qui nous insulte, le premier vecteur arbitraire de nos sensations de bonheur ou de mauvaise humeur.
Non ce n’est pas non plus pour opérer quelques analogies adroites mais qui vous fileraient les mains moites avec le dossier des migrants.
Ce n’est pas pour vous répéter « Plus jamais, Plus jamais! ».
Ce n’est pas pour vous rappeler que ceux qui ont fait ruiner, déporter, fusiller, enterrer nos parents, grands-parents, arrières grands-parents et autres anciens étaient des gens ORDINAIRES, des « gens ordinaires », des gens ordinaires…
Mais déjà je vous mens! Bien évidemment que c’est pour toutes ces raisons, sous couvert d’Espace Vital, que j’entreprends avec vigueur ou simplement dorlote l’aspiration que pour cet anecdote s’emballe votre coeur.

L’espace vital, le champ d’une infinité d’options et de directions, insondables, innombrables… Formidable!
En chaque point qu’il occupe, l’être humain inspire, expire, attire, admire, désire, finit par haïr, sait construire, se faire élire, mentir et détruire… Glup!
Il est donc partout le même! Partout il respire le même air, se meut dans ce corps imaginaire que l’on nomme l’Univers, partout il n’est qu’une partie du tout.
C’est forts de cette philosophie, que nous autres -les hommes- nous avons accepté la mondialisation et participé globalement (ce n’est pas un jeu de mots) gaiement à son fonctionnement.
Oh ben alors?… Pourquoi nos morts nous semblent-ils soudainement plus importants que ceux de nos jumeaux d’âme? Le Cameroun, le Mali, le Nigéria, Israël, le Yemen, la Syrie, la Mauritanie, le Liban, le Pakistan, l’Afghanistan, le Sri Lanka, la Lybie, la Turquie, la Tunisie, l’Algérie, la Russie, l’Iran, l’Irak ou l’Ouganda… Cette liste est non exhaustive… soixante-dix ans d’un destin malchanceux pour nombreux d’entre eux.
Pourquoi avons-nous attendu que nos enfants tombent, qu’explose ici la première bombe pour nous révolter…non pardon, nous émouvoir avec passivité?
Comment oserions-nous nous opposer à ce que notre tortueux Gouvernement décide d’intervenir en Syrie pour sauver nos cadets ou garantir notre sécurité au risque de provoquer le courroux de ces fous? Vous pensez qu’il est incapable d’une action ciblée? Mais bordel, c’est bien vous qui l’avait élu pour nous représenter… nous REPRESENTER! On croit rêver.
Comment pourrions-nous être si mal aimables et rejeter les nouvelles arrivées dans notre charmante contrée pour un simple aveu d’impéritie à faire le tri entre personnalités bienveillantes et malveillantes? Nos dirigeants n’avaient-ils pas été alertés et avisés de l’identité des vilains infiltrés par certains services secrets étrangers? On invoque les théories du complot, on convoque au banc des accusés ses habitués? N’est-il pas temps de coopérer et de nous renforcer plutôt que de fabuler?
Enfin, comment appelle-t-on encore les musulmans à -je cite- « se positionner » par rapport à DAECH, à « s’exprimer sur le sujet »? Vous êtes cons ou quoi! A l’émergence de cette mouvance meurtrière qui disait manger avec la cuillère d’Allah’, j’entends la requête, mais enfin à l’heure où nous savons -preuves à l’appui- que leur idéologie est abjecte et bien loin des fondements même de l’Islam, c’est infâme de faire encore l’amalgame!
Pour rappel : – Source Coran Sourate V, Verset 32 « Celui qui a tué un homme qui n’a commis aucune violence sur terre ni tué, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Celui qui Sauve un innocent, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité toute entière. » Sourate VI, Verset 151 « Ne tuez pas la personne humaine car Allah l’a déclarée sacrée »
– DAECH : Ressources estimées 2 milliards 300.000 Euros; ressources potentielles à venir reposant sur la spoliation d’oeuvres d’art, leurs exploitations en nature (pétrole, blé, coton) ou en créatures (kidnapping, esclavage sexuel) 220 milliards!
Ca ne vous met pas sur la piste? Affirmez encore que ce qui intéresse lesdits expansionnistes c’est la religion de Mohammad, Ali et compagnie et qu’ils sont des islamistes dérangés, détraqués, cinglés ou je ne sais! C’est délirant! Ce ne sont jamais que des hommes, oui des hommes, je dis bien des hommes, hors de question de leur faire la part belle, de les demi-excuser en les qualifiant autrement, des hommes je disais, avides de sang et d’argent!
Sont-ils braques? Veulent-ils une nouvelle baraque, l’Etat Islamique? Mon « hique »! Ils veulent du sexe et de l’argent, comme vous tous, vous voyez!
Ah je lis, par ci et par là qu’on les drogue avant qu’ils ne se jettent dans l’arène! Déresponsabilisons-les, bien joué! Parce qu’ils se sont retrouvés par hasard au camp d’entrainement en Syrie ou pire chez Jawad à Saint-Denis, à servir le Djihad? Ca suffit ces conneries! Le sexe et l’argent je vous dis!
Ah les Houris, ces jolies vierges du Paradis, aux yeux de perles et aux solides mamelles, quelle douce allégorie! Je vous mets donc au défi de trouver une femme de djihadistes qui soit belle comme une rose…du Paradis. Eh oui, j’ose! Aveu d’impuissance, car le Paradis, telle une romance, vole jusqu’à nos oreilles comme un symbole : il s’agit d’être soi-même parfait, sculpter notre espace à volonté, le changer en un monde meilleur, conduit par notre pureté intérieure.
La vie est beauté Abou Bakr Al-Baghdadi, admire-la, elle est bonne savoure-la, délecte-toi. Et puis mets-toi un peu de musique, je sais ça pique mais danse, entre en transe tu vas voir c’est hypnotique!
Mmmm… J’ai l’intuition que je vais recevoir une fatwa, mais qu’est-ce qu’une intuition si ce n’est que la fugacité des expériences passées?

Pour finir de les énerver, je vais vous raconter une histoire…de la Torah!
Nous connaissons tous l’injonction « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». La torah ajoute « Je suis D’ieu ». Est-ce une joute gratuite qui nous invite sévèrement à nous soumettre? Rabbi Schlomo Ben Itzhak Hatzarfati dit Rachi, brillant exégète et interprète de ces textes commentait cette sommation en narrant :
– Il était une fois deux amis qui s’aimaient sincèrement, puis la vie les sépara, l’un partit s’installer en Israël, l’autre en Turquie; jusqu’à ce qu’un jour, pris d’un sentiment de nostalgie, l’israëlien -qui avait construit son nid et avait une famille- se souvint de son ami si essentiel à sa joie. Il entreprit alors un voyage vers l’Empire Ottoman. Il se fit malheureusement arrêter à la frontière, soupçonné d’espionnage et emprisonner aussitôt. La nouvelle parut dans les journaux locaux, fit même la une et l’ami qu’il était venu retrouver, y reconnut celui avec qui il avait tant partagé. Fort d’une fortune importante et d’un certain pouvoir, il se rendit à la prison pour négocier avec le geôlier qui ne voulut sursoir au châtiment. L’ami turc proposa un arrangement, il prendrait la place du premier le temps qu’il puisse rentrer dire au revoir aux siens et ce dernier reviendrait pour supporter sa peine. Au fond, cet homme si bon offrait à son compagnon une chance de s’échapper et de ne jamais se présenter. C’était se tromper sur sa décence et son intégrité car une fois que ce dernier eût embrassé ses enfants et sa moitié, il rebroussa chemin et revint prendre sa place au cachot. Les deux amis finirent par se battre au nez du geôlier pour rester et libérer son alter ego. Le geôlier fut pris d’affection pour ces deux inconscients au coeur si grand et à l’amitié unique, si authentique. Il les relâcha tous les deux pour leur plus grand bonheur. Rachi alors nous apprend que si vous portez un respect aussi important à ceux que vous dites aimer, Dieu aura également envie de devenir votre ami.
Vous comprenez? Retirez D’ieu de l’équation si vous préférez, regardez cet enseignement comme une illustration, une figuration. Nul n’est besoin d’impliquer D’ieu ni d’avoir la foi pour comprendre qu’un sourire offre le droit à un sourire, pour entendre qu’une bonne action est la plus jolie des satisfactions.
L’espace de ta vie sera le même que tu la parcours en aimant ou en haïssant. Si tu aimes, tu récoltes ce que tu sèmes. Mais si tu invoques D’ieu, non tu convoques D’ieu, par pur égocentrisme, pour accéder à une forme d’éternité dans le temps et dans l’espace par le prisme de celui qui tu ne cesses de déranger, alors sous couvert d’immortalité, tu te bornes à vivre ta morne individualité, pris au piège dans un uniforme étriqué, tel un oiseau en cage banni de l’horizon. Pourtant, comme les plus beaux voyages sont intérieurs, les plus beaux visages sont honneur et valeur, grâce et audace, affranchis de cette contrainte du temps et de l’espace.

C’est notamment pour cette raison que j’ai accordé au théâtre une place au sein de mes passions, puisqu’il s’y trouve que mes pensées y font briller mes yeux, y habillent mon regard d’or et qu’encore elles animent mon corps lui offrant tout un boulevard pour espace de jeu. Oh combien est-il irrésistible et plein de saveur de pénétrer l’espace intérieur d’un être, son écorce, cette force invisible qu’est son esprit!
Ce n’est donc pas un hasard si cette année, les films qui m’ont le plus touchée, emportée voir ébranlée sont : Le fils de Saul et Nous trois ou rien. Il y est question d’espace: le premier en s’autorisant la création de cet espace intérieur que nous référencions, par la projection de ses derniers élans d’amour sur un enfant décédé, qu’il eut été réellement de son sang ou non; le second en élargissant son espace extérieur lorsqu’il en fut l’heure, un bout de l’histoire au service d’une reconstruction, des joies, des indignations, les larmes d’une juste révolte, le courage d’une digne colère, une main à présent tendue vers ceux qui -de près ou de loin- leur ont tant ressemblé, l’audace d’une nouvelle vie gagnée à la force du cœur dont le fil se déroulera désormais avec eux, eux qu’il est si bon d’aimer.

Alors c’est vrai nous sommes menacés et ballotés entre méfiance et alliance, entre prévoyance et défiance.
Oui c’est vrai l’état d’urgence a été décrété mais il a bien été retardé, n’aurait-il pas dû l’être à l’époque de l’affaire de cette tarlouze que l’on cite encore trop, en mars 2012, qui avait lâchement assassiné un papa, trois enfants et trois soldats? Rien n’a été fait! Pourtant, par delà l’effroi que représentent ces meurtres de sang froid, il y avait bien là un affront catégorique à la République, puisqu’il s’agissait de militaires.
Oui c’est vrai, il faut penser à « déradicaliser » comme on l’entend communément, et il faut donc éduquer, mais n’est-ce pas un peu tard? On a beau être bavards à ce sujet, ne reste-t-il plus qu’à ramasser les « peaux » cassés et encaisser? J’ai longtemps pensé détenir la solution en suggérant d’envoyer des émissaires tous les mercredi après-midi dans les lycées en difficulté et autres foyers afin de permettre aux jeunes en mal de devenir de rêver à une autre réalité, leur offrir de se construire un avenir, mais est-ce suffisant? De Gaulle, qui ne porte pas que des trophées sur son épaule, avait judicieusement proposé la création d’un « Ministère de la Politique et de la Jeunesse » afin que plus jamais ne se produise ce qui venait juste d’arriver; les communistes, pourtant parmi les cibles du démon vichyste et autres nazis, ont rendu cet intitulé inéligible pour lui préférer l’appellation de « Ministère de la Jeunesse et des Sports », les pieds dans la tête ou le cerveau dans les mollets, on était mal barrés!
Oui c’est vrai qu’on étiquette au risque de causer le tracas de ceux qui vont perdre leurs emplois: qu’il s’agisse du marquage sur les fruits qui feront perdre leurs profits à tous les palestiniens et arabes israéliens qui travaillent pour lesdites entreprises, ou l’étiquetage de la tronche de nos concitoyens, qui sont désormais traités comme des chiens et placés en marge de la société pour porter la charge d’un teint un peu trop hâlé.

Alors oui c’est vrai qu’on a peur, qu’on est de mauvaise humeur, mais si nous savons que nous n’échappons pas à la règle, si nous devinons qu’ils recommenceront, alors opérons comme tous nos jeunes voisins du monde, qui recèlent le mérite de l’intelligence et de la juste insouciance, qui se rebellent en dominant l’espace, un espace de liberté et de bonté.

C’est mon voeu, soyons comme eux, faisons de tout un régal car ce tout c’est notre espace vital!

J’en profite pour féliciter Abou Lbarae Kahtani, cinquante et un ans il y a peu, qui vient de prendre la main (euh non il ne lui a pas coupé pour l’instant) je veux dire d’épouser la belle Hind Nawaf, six ans. Pour Rappel, l’Arabie Saoudite siège à la Présidence de la digne Commission des droits de l’homme de l’ONU. Ben oui, pourquoi pas?
« Si j’avais su, j’aurais pas venu ».
Bonne soirée.

Le monde change, les choses changent, les gens changent…

Faut-il réellement attendre d’être blessé pour changer?

Lors d’une récente conférence à laquelle j’eus la chance d’assister, l’un des participants, invité à se positionner quant à l’accueil des migrants, déclara ce qui suit avec une simplicité épatante et un réalisme sans écueil.
En substance, il disait que l’arrivée des réfugiés -qu’ils bénéficient d’un statut protecteur ou qu’ils forcent la porte d’entrée- est une fatalité, un événement acté et jamais qu’une amorce à un mouvement inévitable et destiné à s’amplifier. Les tracas, le climat, les guérillas et puis mince le sens même de la globalisation des compétences en nourrissent l’appétence!
Face à cela, deux réactions sont envisageables : préférer le rejet, le repli et la peur, espérer qu’on les évince ou au contraire souhaiter que tout cela réussisse, faire preuve de solidarité, leur offrir un peu de bonheur, leur servir à manger et leur ouvrir notre cœur. Il s’agit de faire honneur à l’humanisme, courant dont nous nous revendiquons les instigateurs, de Voltaire aux Lumières, de la Renaissance à la tolérance avec un soupçon de confiance.
Vous ne serez pas étonné de lire que le dit intervenant était médecin sans frontières, mais doit-on vraiment être un individu remarquable pour sourire aux nouveaux venus?
Je n’en jetterai pas plus, vous m’avez entendue.

Ou alors, peut-être craignez-vous de vous faire manger tout cru?

Les chauffeurs de taxi crient au scandale lorsqu’Uber crée du progrès, les commerçants hurlent au vandale lorsque la toile les met à poil, même les éditeurs se font défroquer par ce sale con de 2.0.
Le livre audio, le podcast, la bouteille d’eau sur l’accoudoir, le prestataire enthousiaste, Amazone, même l’effet abrogatoire, tout y est pour que l’on te détrône en moins de temps qu’il ne t’en faudra pour être jugé, pour rembourser ta licence, rembourser ton brevet ou ton prêt, tout y est pour que tu deviennes si vite obsolète qu’il ne te reste plus qu’à faire l’aumône, des claquettes ou la queue aux Assedic!
Eh, ne soupire pas hein, c’est ça la modernité, il faut souffrir pour y avoir accès! Ca aurait pu être pire, alors sois sage tu veux? Arrête de râler et mets-toi à la page si tu ne tiens pas à faire partie du prochain abattage médiatique!
C’est vrai, elle est compliquée cette époque, davantage encore pour les anciens. N’allez pas croire que je me moque, pour moi aussi parfois c’est dur, je vous l’assure! Moi aussi d’aventure je me sens cagneuse et poussiéreuse!
C’est une révolution que nous vivons et -telle est sa fonction- les choses se modifient toujours à vive allure et les privilèges s’enfuient ou changent de mains du jour au lendemain.

Pourtant, vois-tu, à moi -jeune femme en devenir- ce constat ne m’inspire ni affolement ni tourment! Non… Il faut simplement savoir changer de nature quand change la conjoncture, bouleverser ses habitudes et même ses certitudes, explorer et en somme s’adapter, courir au-delà des continents et s’y construire un empire, sans pour autant qu’il ne s’agisse de prouesses mais bien de la jeunesse.
Tsipras le sait : un coup de poker et -l’audace à son service- il a bien titillé notre Chère Mère, l’Union Européenne (qui elle non plus n’est plus celle de ses Pères) et à défaut d’être prospère, il a « a minima » battu le fer.
Non… Moi, ce qui m’effraie ce n’est ni déménager, ni réformer, ni même altérer l’ordre existant!
Moi ce qui me met en émoi, c’est de contempler l’humanité, d’être le témoin de sa destinée et de ne distinguer plus au loin qu’une noyée.

Partout autour de moi, l’amour a laissé la place au fanatisme et l’altruisme au mutisme. Je parcours les réseaux sociaux à la recherche d’un peu de bonté et je n’y pêche que des supputations nauséabondes, d’immondes inductions en provenance de confortables et malaimables réactionnaires. Mais pour ce qui est de l’action, je repasserai…

On ne se lasse pas de remuer nos institutions, mais à quoi bon? Honoré de Balzac disait déjà de la France, qu’elle est un pays qui se plait à changer de gouvernement à condition de lui substituer son équivalent. C’est peut-être pour cela qu’elle sent le rance…
La clef est pourtant à nos pieds, il nous suffirait de nous pencher et de la ramasser, l’amour est là, derrière la porte de secours! Le contre-pied heureux aux instincts voraces et belliqueux qui secouent les ânes et contaminent les âmes, ce contre-pied se trouve dans la masse. La solution c’est l’éducation!
Changeons de maître! C’est nécessaire si nous ne voulons pas risquer de nous retrouver dans la DAECH (si elle est bien)!
A moins que cela soit ce que nous désirions pour nous-même : une vie de chien, à la botte de ceux qui répandent de fausses prêches et agitent une mascotte, pour que s’exhaussent leurs propres volontés, cupidité et souveraineté.
Changeons de maître! Apprenons à apprendre, à lire et à s’ouvrir! Soyons tolérants, humbles et indulgents. Critiquons le monde pour le faire avancer et non parce que nous le jalousons.
Changeons de maître! Changeons en nous ce que nous voulons changer autour de nous, même s’il nous faudra alors plus de courage que d’attendre que passe l’orage.

Je ne prétends pas que c’est facile! C’est difficile! Tempérer son caractère, ce n’est pas une mince affaire, c’est vrai, mais cela pourrait être si salutaire! Une sorte de conscience vive, d’expérience collective.
Oh ne va pas te cacher derrière tes déguisements ou un faux-semblant, ne masque pas tes traits ni ne grossis tes attraits à l’aide d’un bistouri, ne soustrais pas ton venin de l’oreille de ton prochain en enveloppant tes mots dans les ailes d’un oiseau, car quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer!
Si tu te décides à être bon, alors change de perception et emporte avec toi les gens de bonne foi! Et à défaut de pouvoir changer le passé, pardonnons à ceux qui nous ont offensé, vieillissons dans la dignité et apprenons à aimer, avant que quelqu’un d’autre ne soit blessé.

Avec l’espoir de changer le monde…
Un crieur des mots du coeur

Mensonges et séduction

Ca ne fait pas de doute, cette locution que l’on redoute tant, on y goûte pourtant quotidiennement.
Et on en redemande!

C’est vrai, mais qui peut prétendre ne pas en être friand, quand notre tendre société trouve ses racines dans les querelles et la félonie, les légendes et la calomnie, l’épine à partir desquels nous nous sommes construits.
Dès l’origine… Au sein du corpus que compose la Bible, est consigné en simple prose : « l’homme n’est que mensonge ». Ca calme, n’est-ce pas?
En sus, la Bible mérite la palme de la franchise, car si j’ose l’indicible, je dis alors que ceux des textes sacrés rédigés de la main de l’homme, sources de toutes les philosophies, sont peut-être un vaste canular. Je me demande encore comment une variété de communautés a pu se conformer à foule d’axiomes sans s’arrêter sur cet énoncé? Et croyez-moi, je ne déclare pas tout cela sans émoi, car croyante que j’essaie de rester, eh bien cela me fout les boules!
Mais ce n’est pas le sujet. Revenons à nos moutons.

L’histoire est la mémoire de prise d’armes, de nombreux vacarmes, et de malheureux sous l’emprise d’inventions et de trahisons.
Ce n’est pas l’apanage du passé, nous n’allons pas mieux et Monsieur Perfide a pris de l’âge et un soupçon de modernité, mais il continue de nous coudoyer.
Au rang des exemples les plus fameux : la politique bien sûr, temple d’utilisation de la rhétorique, de manipulation des statistiques, de l’auto-contemplation aux fins d’élections, des promesses sans prouesses… Une savane habitée par des imberbes narcissiques, où les mauvaises herbes poussent aussi vite que leurs névroses, où le mensonge fane plus rapidement que la rose puisqu’un nouveau bateau l’éponge, une savane où la vérité ne voit le jour que pour éclabousser. Voici un monde où même le plus joli des idéaux sert de parure à l’imposture : j’ai nommé le socialisme…
Mais est-ce monopole d’Etat? Sûrement pas…

Par exemple, les médias relaient l’information sans vérification et nos réseaux sociaux ne sont pas un facilitateur d’authenticité, ni un inspecteur de la vérité… Pis encore, ces deux cadors de la communication sont à la tête d’une entreprise de leurres organisés, une véritable discipline, des vendeurs de vitrines qui reflètent ceux qu’ils souhaitent ou plus rarement ceux que nous désirons.

Même nos sens nous bercent d’illusions : qui n’a pas une fois été horrifié en entendant sa voix sur un répondeur la pensant sensuelle à libre oreille, qui n’a jamais été alléché par un diffuseur d’odeur et a trouvé une insipide saveur, qui n’a pas adulé une image et intrépide a voulu la rencontrer pour estimer son plumage mais s’était fourvoyé? Et que dire encore du chanteur qui meugle et peut bénir son ordinateur…

C’est vrai, nous sommes d’aventure trompés, mais c’est bien alors parce que nous sommes par nature de sacrés enjôleurs. L’humain ment aux fins d’envoûtement, il manœuvre pour se rendre plus aimant au moyen de boniments, il imagine, il fascine, il porte en lui l’obsession de la séduction et son œuvre de manipulation en est l’outil récurrent.

Quant à moi, jeune femme désillusionnée, dont le cœur a souvent été atteint par ces tricheurs, mauvais prestidigitateurs, magiciens d’un quart d’heure, me voilà réparée et je veux bien vous raconter…

J’en ai connu des flagorneurs, le parfait lécheur pour être crue, qui flatte et commet des abus à l’aide de tirades plates -pensant à tort qu’il t’endort- dans le seul et unique but d’être reconnu.
Mais plus encore, j’en ai pratiqué des fabulateurs de la première heure, à tendance schizophrénique et à déviance quasi autistique.
La meilleure que l’on m’ait contée est l’histoire de cette jeune fille -la malheureuse- amoureuse d’un grand gaillard, massif tel un jaguar, vif tel un renard, qui souhaitait simplement passer le weekend avec son bien-aimé. Mais celui-ci dut décliner, soumis à la violente contrainte de se rendre Outre-Manche pour affaires. Il rentrerait dimanche, il atterrirait à six heures et demie et ils se rejoindraient chez lui aux alentours de sept heures et demie. Il avait « hâte de retrouver son amour! ». Avouez qu’il faudrait vraiment être suspicieuse pour soupçonner une feinte et elle était si confiante. Elle arriva donc chez lui à sept heures et demie, Monsieur était bien là, mais habillé d’une simple robe de chambre, recouvert d’un parfum à l’ambre et accompagné de trois ou quatre pompiers. Il avait passé la journée là, avec une demie-catin (ne me demandez pas ce que c’est, je n’ai pas le temps de vous expliquer) ils s’étaient préparés un bon bain qui avait inondé les voisins d’en bas. Désagréable coup du sort, beaucoup de remords pour notre Dédale et une jolie fable pour les petits porcs et autres roulures : « même dans le mensonge, mesure il faut garder! ».
Bon d’accord, cette jeune fille pleine d’innocence, qui soudain entendait sonner la fin de son adolescence : c’était moi…

Ne vous apitoyez pas, la vie endurcit, elle m’a appris à devenir radar : rien n’échappe plus à mon regard! Seule mon humilité m’encourage parfois à transiger, à condition toutefois que le kefteji me soit servi avec habileté; car si j’accepte d’écouter des conneries, je déteste l’approximation! Apprenez : si vous voulez être de bons conteurs d’histoires, évitez les moues à effet accusateur et assurez-vous de posséder une sacrée mémoire, car le bobard attache, il entraine un autre bobard, puis encore un autre bobard et ce à l’infini; et si vous perdez le fil, alors il ne vous restera plus que l’exil pour parer l’infamie!

Pour ma part, je ne crains plus que le mensonge dont je crains la vérité en retrait et je dois bien concéder qu’il arrive qu’ignorer soit tranquillité, un foulard posé -délicatement mais efficacement- sur une vérité qui me ronge.

C’est cette éponge que passent sur leur conscience ceux que l’obédience, l’âge ou le vrai visage tracassent et qui finissent par se mentir et croire à leurs propres délires. J’ai beaucoup aimé une femme dont l’âge approche plus de celui d’une dame et qui n’accepte pas de vieillir. Elle m’a séduite…oh si, les femmes savent adopter une telle conduite, même entre elles : à coup de « ma belle » et confidences malheureuses allouées à une âme généreuse, c’est gagné d’avance! Elle m’a séduite pensant, à mes côtés, s’approcher du prince charmant, un prince charmant de vingt ans son cadet, un prince pas si charmant qui a fini par lui fixer rencard un soir à une heure du matin pour la laisser poiroter sur son canapé, manteau sur le dos, sac à main sur les cuisses, un prince pas si charmant qui n’est jamais venu la chercher, me forçant à assurer en coulisses… Combien de chagrin ai-je eu ce soir-là, mais combien plus encore quand j’ai réalisé que plus jamais elle ne me rappellerait, puisque je ne lui servais plus…à rien!

Oui… même nos amis nous mentent. Rarement par détournement d’informations, plus souvent par des faux-semblants dans le prisme d’un certain égocentrisme : la volonté égoïste de prendre ce qu’il y a prendre, ton avis et ta bonhomie, en évitant soigneusement de te le rendre par une tendance absentéiste. Et puis finalement, font-ils réellement allégeance en mon absence comme ils m’encensent en ma présence?

Enfin… moi non plus je ne suis pas toute blanche et il est arrivé que je flanche.
Ah oui parce que j’ai su que vous, les garçons, êtes convaincus que nous, les femelles, ne sommes pas des professionnelles de la trahison, tout du moins pas à votre niveau! Eh bien, vous me voyez désolée de balayer vos superstitions rassurantes, objet d’une commune adhésion arrangeante, mais c’est faux!
Il faut vous réveiller, les temps ont changé! Tout comme la damnation, l’excommunication n’est pas un frein à la commission de vos vilaines actions et ce même quand vous vous recommandez fréquemment de Dieu Messieurs, la morale n’est plus la malle enfermant la vilaine part d’âme de vos dames! Je dirais même que vous semblez oublier que le stade ultime de séduction -celui qui vous plonge dans les abîmes de la fascination et vous pousse à accepter leurs mensonges sans les remettre en question- que l’alliance de la suggestion, forme d’intelligence-prouesse et d’un visage tout en délicatesse ne peuvent être que l’apanage de vos douces. Alors si a fortiori, elles s’affranchissent des idéologies moralisatrices, comment avaler que jamais elles ne vous trahissent?

Alors oui, moi aussi j’ai menti, mais quand je l’ai fait c’est parce que j’aimais, j’aimais sincèrement, tellement que je ne pouvais imaginer blesser sur le fondement d’une entière vérité, d’une intégrité atteinte de cécité, agitée sans sagacité, sans subtilité…
J’ai menti par espoir, celui qu’un soir l’on vienne me délivrer de tous ces rêves noirs, de mon entonnoir.
J’ai menti parce que la vérité sonnait faux, elle n’aurait pu trouver les mots pour exprimer ce que je ressentais.
J’ai menti en disant que j’avais pardonné alors qu’il m’est impossible d’oublier.

Et puis un jour, j’ai rencontré un ange, un ange qui jamais ne triche même si cela dérange, un être pur qui conçoit l’amour et la joie avec simplicité et honnêteté sans attendre un retour, une créature riche, riche de ses valeurs et de son ardeur, une personne d’exception qui a fait exception.
Sans même approcher mon corps, il m’a apporté tout le réconfort dont mon cœur avait besoin. De loin, il a rendu mon esprit plus fort et m’a réappris le bonheur.
Alors petite feuille, comment veux-tu que je t’en veuille? Et même si la vérité nous éloigne, que notre lien témoigne que nous avons construit la plus jolie des amitiés! Et ça, rien ne nous l’enlèvera.
Vole de tes propres ailes mon hirondelle!
Je ne te remercierai jamais assez, si ce n’est qu’en étant là pour toi pour l’éternité, en te souhaitant ce que tu sais mais que tu détestes discerner, car nous, les tiens, ne sommes pas sensibles à ta sensibilité, certes, mais nous sommes tes gardiens imprescriptibles.
Quant à moi, je te promets de m’assurer que jamais ma vulnérabilité, mes peurs, mes chagrins, mes appels au secours n’encombrent mon chemin vers le bonheur et d’avancer toujours avec ton ombre dans mon cœur.

Dieu est Charlie

Après David Bowie, voilà que c’est la Rock Star de l’économie, Thomas Piketty, qui refuse la légion d’honneur, pour lui préférer un bras de même qualité à destination du gouvernement, chatouillant par conséquent rancœurs et frustrations de ses ennemis, le qualifiant hâtivement de vantard.

C’est ainsi que démarrait le texte -ladite distinction comme prétexte au traitement de la large question du mérite- source d’induction, que je m’apprêtais à achever en cette matinée du 7 janvier dernier.
Il va sans dire que le récit du carnage m’interrompit prestement dans mon entreprise, paralysant l’aboutissement de mon projet ainsi que toute autre activité et ce pour les quelques jours qui suivirent…

On me l’a demandé à plusieurs reprises, mais je m’étais refusée à m’exprimer sur le sujet, ne me sentant pas la légitimité de me déclarer porte-voix d’une société aux prises avec un profond désarroi.
Puis, j’ai réfléchi… Je me suis reprise : pourquoi ne pas l’aborder à ma façon? Après tout, je suis juive, journaliste à mes heures et surtout incisive, artiste dans mes mœurs et flic dans un bout de mon cœur, fille d’un fan de Georges Wolinski de premier rang, auteur de « la plume au fusil » et j’en passe et des meilleures. C’est dire combien j’ai toujours pensé que le trait de crayon, le verbe même acerbe, la caricature, le sens de la tournure, la protestation et les représentations, en bref l’expression est la plus efficace des armes; c’est dire combien je me sens directement concernée par tout ce vacarme…

Bien sûr comme vous tous, j’ai mal!
J’ai mal à ma France et mal à mes espérances.
J’ai mal pour les familles des personnes disparues.
J’ai mal pour mon pays à moitié dissolu, avide d’intolérance et de vengeance détournée du sujet, qui beugle et frappe à l’aveugle, qui se fait de la peine et se dirige vers Marine Le Pen.
J’ai mal d’entendre les théories complotistes et révisionnistes se répandre comme un virus sans un soupçon de distinction et sans une profonde vérification de l’information.
J’ai mal de surprendre les légitimations nauséabondes de telles actions, même si comme vous je sais que face à une telle réalité, vivant dans un sept mètres carrés entourée d’ânes bâtés, je cèderais sans doute à la tentation d’un Djihad détourné de ses premières revendications, de sa première acception, dont les propagandes mensongères me vendent villas de rêves, entraînements militaires et à la clef le paradis, répondant -et c’est là toute l’ironie- à mes prières et à mon instinct de survie.
J’ai mal enfin de me dire que nous sommes en guerre et plus mal encore de vous lire le nier, car se souvenir des otages, c’est arrêter de se cacher le visage.

Et puis bien sûr comme vous tous, j’ai la frousse!
Je les vois les héritiers des Kouachi et autres Coulibaly, de leur folie et peu importe qu’ils se revendiquent d’Al Qaida ou de leurs propres tracas.
Je les perçois les prochains Mohammed Merah qui feront d’Allah ce qu’il n’est pas, qui tenteront de salir ses mains du sang des peuples qui ne sont pas le sien.
Je le prévois le futur Medhi Nemmouche qui s’en prendra à nos infrastructures avec sa haine du juif pour couverture, à l’instar de Dieudonné.
Alors tant que je respire, je vais continuer à l’ouvrir, ma bouche… Fatwa ou pas!

Je ne vais pas m’improviser analyste -d’autres l’ont fait avant moi et sans doute bien mieux que moi- ni spécialiste des actes terroristes ou par extrapolation (maladroite mais toutefois intentionnelle) des religions.
Quoique… Permettez-moi de vous rappeler que nos textes spirituels sont tributaires de l’histoire : ainsi, les dispositions guerrières et non sanguinaires auxquelles se réfèrent nos pépères sont étroitement liées aux croisades de la fin du onzième siècle et encore que ceux-ci oublient que le Coran, à l’instar de la Torah et du nouveau Testament sont des codes de vie en or à condition de les étudier à l’aulne de la raison.

J’en profite pour faire un petit coucou à la journaliste Léa Salamé qui ose déclarer que le Talmud -compilation des discussions rabbiniques à propos des lois judaiques, destinées à trouver une fragilité dans le texte à l’opposé de toute forme de rigidité dans la compréhension desdits écrits- enjoint de tuer les musulmans, quand l’Islam n’est apparu que pas moins de quatre siècles après son achèvement… (Le Talmud est complet en 200, l’Islam apparaît après 600 : Mahomet naît en 570, l’ange de Dieu lui apparaît en 610.)
Coucou…
J’ose mentionner également deux versets de la Torah (parmi de nombreux) -sans la numérotation, les yechivistes y pourvoieront- qui, pour l’un interdit formellement de tuer, venant confirmer le sixième commandement et mieux encore, par extrapolation, de toucher au corps que D’ieu nous a livré à nous et à nos co-vivants, pour l’autre astreint fermement au respect de l’être humain et de ses croyances, quelque soit son obédience.
Enfin, j’évoque la « loi du Talion » car pour ceux qui l’ignoreraient, l’adage « œil pour œil, dent pour dent » fait référence à une compensation en finance qui à l‘époque était sans équivoque…

Je ne serai donc ni analyste, ni spécialiste, ni encore juge arbitre, mais procureur de la République, défenseur d’un monde civique et au risque de vous choquer, j’appelle Dieu à la barre! Cela vous semble bizarre? Vous pensez qu’il faille que je tremble pour oser porter D’ieu sur le banc des accusés? Ou simplement faudrait-il que je me fasse soigner pour l’humaniser et l’inviter à témoigner? Bon, d’accord, vous n’avez peut-être pas tort, mais accordez-moi de m’expliquer!
Bien, de toute évidence, Dieu n’a jamais pu concourir à l’obtention du Prix Nobel de la Paix. Voilà qui fréquemment me taraude : comment se fait-il que Dieu ait laissé ses enfants s’entretuer sans jamais appuyer sur le bouton arrêt, ni même présenter ses condoléances? Nous qui pensions qu’il n’était que bonté, nous aurions-nous trompé? S’agissait-il d’une idée reçue? Non, je ne peux pas l’accepter! Dieu aurait donc des défauts? Nous l’aurions donc idéalisé? Oh et puis dommage, nous n’allons même pas pouvoir nous inscrire en faux car Moïse nous avait prévenus « Et il créa l’homme à son image »… Quel cauchemar!
Blague à part, c’est vrai que cela me tourmente, pourquoi laisse-t-il s’appauvrir, souffrir ou partir des âmes intelligentes, bienveillantes ou innocentes? Pourquoi se laisse-t-il prier, adorer ou encenser par des assistés, des arriérés ou des meurtriers?
N’est-il pas animé par la même morale que nous autres? Préfère-t-il les codes du règne animal à notre humilité, notre sagacité? Est-ce que Dieu jette sur terre des âmes comme des idées au service de tout un programme sans se soucier de leur sérénité ici-bas? Quelle foi faut-il alors avoir en l’au-delà pour accepter d’être ainsi un pion de son jeu de l’oie, quelle conviction que le paradis vaudra bien notre vie de chien ou notre triste fin faut-il nourrir!

A tous ces flottements, à tous ces énervements, tous ces échauffements, ma meilleure amie me répond souvent par une phrase qui pourrait faire le titre d’un film « il nous a laissé le libre arbitre ». Et -oh mon Dieu- ce qu’elle a raison! Pour y objecter, c’est la seule et unique façon. « Aide-toi et le Ciel t’aidera » affirme le Nouveau Testament. « Dieu aime ceux qui persévèrent » confirme Mahomet. « Allez, sème, sème et Dieu fera pousser » homologue Léon Tolstoï. Voilà le prologue : Dieu propose, l’homme dispose. Dieu compte sur nous et qu’est-ce qu’il doit avoir peur de nous… De moi avant tout, regardez, je ne le convoque jamais que face à l’effroi!
Et pour ceux qui ne croient pas en lui, est-ce à dire que tout est permis? Mais non, ceux-ci seront mus par leur « moi » à la lumière de leurs expériences, leurs émois à celle de leur conscience. Il est là Dieu dans la vision philopsychanalytique et nous autres croyants devrions avoir une vision identique : trouver Dieu en soi et arrêter de l’invoquer, de le déranger, car son nom a déjà trop servi et pour reprendre un Grafitti de Mai 68 « Si Dieu existe, c’est son problème! »
Laissons le champ libre au mérite.

A ce sujet, j’ai bien compris le jeu et je me prends assez souvent pour Dieu.
Au lendemain des terribles attentats, je me promenais à Saint Germain et assise au sol, une petite fille dans les bras, une dame à la fleur de l’âge me tend la main pour une pièce de monnaie. Me prenant pour Dieu donc, j’ai édicté une règle : je donne à tous ceux qui ne seraient plus en âge de travailler ou qui semble-t-il ne pourraient pas obtenir leurs papiers, a contrario, j’ignore tous ceux qui me semblent instrumentalisés puis spoliés par un réseau et il va sans dire que je classifie chacun de façon tout à fait arbitraire… Je passe donc avec mes talons et mon regard profond comme carapace à mon évidente culpabilité et arrivée à son niveau -coup du sort- je me tords la cheville. Par mysticisme ou par embarras, je décide de lui donner cinq euros et la réaction de la petite fille a provoqué un séisme en moi : soudain, elle a souri, les yeux lumineux de bonheur puis a serré sa maman contre son cœur en lui glissant à voix basse « tu as vu maman? Un billet! » « Oui, j’ai vu ma chérie » -a répondu sa maman- « Merci Madame »…
Voilà… « Le Monde -malheureusement- récompense bien plus souvent les apparences du mérite que le mérite lui-même ». Mais ne vous découragez pas, continuez à travailler pour mériter les honneurs, car le sentiment de les valoir ajoute tant au bonheur de les recevoir! La considération, les distinctions et la gloire ne nous sont dignement advenues que pour faire écho à notre vertu.
Vous vous demandiez pourquoi je vous citais au début de ce thème, les premières lignes de mon article éconduit? Eh bien voici que la modestie de Piketty est a posteriori encore plus révérencieuse et preuse que la légion a été allouée quelques jours plus tard, post-mortem, aux héros de la nation. En espérant que la postérité rendra autant d’honneurs à ceux qui sont vénérables que de déshonneur aux abominables égorgeurs, aux inqualifiables tueurs.
Et si Dieu est assis sur le trône de la Miséricorde, à défaut que la justice -sur terre bien sûr- ne soit dans ses cordes, je suis sûre que Dieu est Charlie, que Dieu est Hyper Cacher ou encore caissier et policier et qu’aujourd’hui, il n’est plus que la moitié de lui tant il pleure pour ses enfants et attend d’eux qu’ils redeviennent méritants.

Et si Dieu c’est toi, alors crois-moi, être grand, c’est encore plus important.

A travers nos yeux d’enfants

Un soir de pluie, après une journée mortelle où l’on s’était attaché à récolter jusqu’aux dernières gouttes de ma cervelle au pressoir, me laissant comme ivre et alors que je m’apprêtais à me jeter dans mon lit avec un bon livre -mon délassement favori- voilà que retentit la sonnerie de mon vieux Blackberry.
Au bout du fil -comme on continue à le dire quoique le fil ait usuellement partout disparu, permettez-moi de m’en amuser- Yacine Yousfi, l’un de mes fascinants amis : âgé d’à peine vingt trois ans et déjà tellement de couleurs sur sa palette, il donne entre autre de son temps au profit du bonheur et de sa conquête.
Parmi ses projets divers et variés, en voilà un qui selon lui pouvait bien m’intéresser : de concours avec le porte parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal, un savant partisan de l’humanisme qui ne supporte pas la muserolle et de surcroit un type peu banal, Yacine avait eu cette idée folle de pousser la porte des écoles pour tâcher de mettre un petit coup de pied dans la fourmilière, obstruée par de grossières toiles d’araignée.
Partant de l’honnête constat que les professeurs ne quittent jamais l’université que pour intégrer directement les rangs de l’enseignement, leur mission d’orientation des enfants en quête de devenir et pour l’heure contraint de choisir à la hâte est dès lors une délicate délégation aussi précieuse qu’épineuse, compliquée et tout à fait inadaptée à défaut que ces professeurs ne possèdent une quelconque expertise en matière d’entreprise.
Alors, afin de leur offrir de quoi se prononcer et par suite renoncer à tant de métiers au profit d’un seul, celui qui sera coopté, nous convenions du fait qu’il faille que les étudiants -hésitants puisqu’ignorant l’existence et de surcroit la cadence de nombre de professions et parfois donc en mal d’avenir (vous savez, ceux que l’on nomme les racailles!)- soient éclairés et en somme réellement en position de déterminer ce qu’ils veulent.
Le fameux « stage en entreprise » est une première enjambée vers l’accomplissement de ce joli vœu. Mais pour la majorité, ce n’est jamais qu’un mirage laissant un arrière-goût amer au fond du palais. Combien peu seront admis chez un baveux et combien nombreux devront balayer les cheveux?
Alors, pour pallier cette injustice, oeuvre démoralisatrice, Yacine, tel un guerrier-justicier, se proposait de se rendre dans les lycées de banlieues, dans des quartiers dits défavorisés en période de vacances scolaires, épaulés de partenaires et de tenter d’écarquiller les yeux des quelques bien heureux qui suivraient le programme d’initiation qu’il s’apprêtait à leur concocter. Quelle belle âme! Pour l’heure, il s’agissait majoritairement de gamins placés en foyer sous le commandement d’éducateurs bien souvent peu volontaires voire quasiment démissionnaires. Alors évidemment, j’ai accepté sans tergiversation d’apporter ma contribution à ce projet plein de cœur et porteur des valeurs que devrait prôner tout républicain.
Menu de la semaine : Lundi exposé des réjouissances et faire connaissance. Mardi visite dans Paris des Invalides, du Ministère de la défense, du Ministère des affaires étrangères, d’une exposition photo, puis déjeuner avec le porte parole de ce dernier ministère, enfin assister à une conférence tenue par Monsieur Laurent Fabius à propos de la maladie d’Ebola et de ses conséquences. Mercredi ma partie, un cours, comment rédiger un article, puis composition à leur tour « regarder l’actualité à leur âge c’est…? », qu’est-ce qu’être notaire, droite ou de travers, bloggeuse, heureuse, malheureuse, dans un bureau ou en déplacement pour le boulot. Jeudi reportage photos. Vendredi une journée pour débriefer et se quitter sans frustrations.
Mercredi donc, démarrage sept heures…la tête dans le cirage… Huit heures, première pression du pied sur l’embrayage. Puis, un peu plus loin sur le chemin, briefe… se voulant préventif ou peut-être même prévenant mais légèrement apeurant « attention, ces enfants peuvent être turbulents! » m’apprend-on.
Neuf heures, accostage et à ma grande stupéfaction, me voilà arrivée face à des jeunes gens totalement effarouchés, non loin d’être paralysés. A mon tour décontenancée par leur timidité inattendue, je dus me recentrer rapidement et tenter de réaliser au préalable et en un temps court un pari difficile mais qui -lorsqu’il est gagné- établit un lien formidable : celui d’anéantir la méfiance de ces enfants, conquérir leur confiance et la plus belle des victoires, nous sourire.
J’avançais dans le noir, d’accord, mais il était hors de question d’y surseoir.
Après avoir tenté tout un tas de questions à la con à propos de leurs activités extra scolaires, de leur épopée « d’hier », c’est tout bonnement l’un des enfants qui eut pitié de moi et vint à ma rescousse, avec une interrogation aigre-douce : « Madame, j’ai lu dans votre biographie que quand vous aviez notre âge, vous projetiez d’être tueuse à gage, expliquez-nous! ». Aïe… quel carnage! Merci pour le coup de pouce! Mon sang ne fit qu’un tour, mais il fallait bien que j’évite pagaille et surtout contagion de mon déraisonnable humour : « Milène, tu vas comprendre, quand j’étais une enfant, l ‘injustice est un péché que je ne pouvais tolérer et je tenais plus que tout à le faire entendre, j’imaginais qu’il était concevable d’éliminer les minables pour ne laisser exister que les personnes affables, un peu à l’image de Robin des Bois, tu vois? Mais en grandissant, j’ai appris heureusement que tout un chacun recèle du bien et qu’il est toujours envisageable d’attirer vers le bien! Voilà quelle était mon ambition, je la réalise en écrivant. » Ouf!
A son tour, une bien jolie demoiselle que ses jeunes amis appelaient « la rebelle » me demanda : « Et vous, Madame, quand vous ne travaillez pas, vous faites quoi? ». Les enfants furent tous étonnés et encore plus fascinés de m’entendre citer le théâtre et davantage alors, la boxe. Une occasion rêvée de leur expliquer que lorsque notre ramage ne se rapporte pas à notre plumage, nous devenons des êtres positivement intriguant et peut-être même de qualité. En avançant cet argument, vous pensez bien, j’ai gagné l’intérêt de ces enfants en quête de non-conformité, légitimement puisque voilà qu’ils vivent dans une société dont ils sont si facilement et sans cesse rejetés, si ce n’est du « process » déroulé pour les prises de décisions qui les concernent, a minima du cycle de consommation, faute d’y avoir accès pour des questions tout à la fois de proximité que de porte-monnaie.
Alors oui, j’ai souhaité piquer le bout de leur nez, de telle sorte à ouvrir la porte, celle de la communication sur le fondement d’une communauté d’originalité et de gaieté, mais je ne les aurais jamais induit en erreur, simplement pour m’épargner une journée de malheur; je pensais plus que profondément ce qu’à cet instant je leur proposais! Car, discipliner un enfant ce n’est pas le rendre conforme, non, la conventionalité n’a jamais payé, chacun doit déterminer son orientation en considération de son passé, de son propre sens et de ses sens, de son histoire, de ses mémoires, et s’il a chance d’en porter, de ses espoirs. L’éducation devrait consister à comprendre l’enfant tel qu’il est, sans lui imposer notre propre acception de ce que nous considérons comme bon, notre propre vision de ce que nous souhaiterions qu’il soit, parce que nous-même nous l’avons été ou –pas moins névrosé- de ce que nous n’avons obtenu pour nous et voudrions projeter sur nos bébés, à l’aulne de nos regrets.
Et puis un enfant –retenez-le bien, vous, les grands- un enfant doit être un insurgé, un enfant doit se révolter, doit se brûler, il ne doit pas avoir une vie rangée. Vous pensez que votre avis l’instruit? Voyons…soyez raisonnés! Nos enfants n’apprendront jamais mieux que de ce qu’ils auront expérimenté, eux, ou contemplé chez les plus vieux. Bien évidemment, cela vaut encore plus fort pour ces enfants esseulés, souvent abandonnés par leurs parents et traînés dehors, sous l’emprise de leurs aînés pour être spectateurs de sottises et s’imaginer que c’est à cela qu’ils sont prédestinés. A défaut d’avoir les bras de maman ou papa pour se reposer, à défaut de trouver des rêves dans leurs draps, à défaut même de posséder une chambre à ordonner, il faut leur offrir des sourires et un avenir à construire. Napoléon Bonaparte affirmait qu’un enfant « est l’œuvre de sa mère » eh bien moi je pense qu’il est l’œuvre de ses paires.
Bon, je vais tenter de calmer le ton. Tempérons, tempérons! En effet, c’est à ce moment précis que j’ai saisi toute la difficulté d’enseigner. Comment un professeur peut-il s’adapter à la spécificité de chacun de ses petits auditeurs? A fortiori, dans des classes de trente parfois quarante… Comment lui reprocher d’oublier un ou deux cas particuliers, de les laisser se fondre dans la masse?
Revenons à nos moutons, je me suis donc efforcée de leur expliquer comment rédiger un papier, puis ai terminé par : « en guise de conclusion, mes enfants, vous êtes autorisés à livrer votre propre idée sur le sujet que vous choisirez de traiter ». « C’est vrai Madame, on peut écrire tout ce qu’on désire? ». Mais pourquoi était-il si surpris?…
Ils se sont livrés volontiers à l’exercice. Certains ont un peu rechignés à commencer mais une fois concentrés sur leur billet, ils s’appliquaient avec délice et un soupçon de malice qui me comblait. Je leur ai prêté main forte, je suis allée m’accroupir aux côtés des cadets ou de ceux qui semblaient avoir besoin qu’on les supporte. Puis, lorsqu’ils eurent fini, j’ai pris le soin de les faire lire, un par un, leur récit et je les admirais, fiers de leurs écrits… On aurait pu me faire boire un élixir que je n’aurais pu ressentir une telle émotion! Leur satisfaction était si belle à mirer, leur énergie, leurs avis étaient plus justement éclairés que je n’eus pu même le concevoir. Et là j’ai compris… J’ai compris qu’il n’y a pas de plus noble intelligence que dans l’enfance : cette faculté de résolution des équations pourtant nouvelles, cette capacité d’assimilation, ce bouillonnement vigoureux et cette vitalité, si belle, n’appartiennent qu’à eux.
Mais en sus, je me suis souvenue, si tant et que je l’eusse perdu de vue, qu’il n’y a qu’un petit qui sache si joliment et avec autant de panache aller simplement à l’essentiel. Comment s’y prend-il, me sonderez-vous? Eh bien de façon naturelle, saisi d’une bonté innée, il suit la forme de son cœur et il transforme l’humanité en un monde meilleur. Pour ces enfants, il n’y a donc ni noir, ni blanc mais le rouge sang et leurs sentiments. Il est donc de notre responsabilité de leur livrer des rêves et non des tourments et comme l’a émis James Barrie, à travers la voix de Peter Pan : « Chaque fois qu’un enfant dit « je ne crois pas aux fées » il y a quelque part une petite fée qui meurt »… Oh combien est-il à cette heure déterminant de leur tracer la voie vers les rêves éveillés, afin qu’ils puissent devenir jolie réalité, empire de bonheur!
Lectures achevées, je les invitai à transposer leurs aventures sur ordinateurs et à ce moment, le photographe qui nous suivait les mitraillerait. Miss Rebelle refusa catégoriquement de se laisser shooter. Je l’ai alors amenée discrètement à l’écart pour la questionner à l’abri des regards, car je sais combien un enfant est secret. « Tu ne te plais pas ma puce? » « Je suis normale, ce n’est pas ça, mais je n’aime pas les souvenirs ». J’ai tenté un « quand tu seras maman, tu seras ravie de retrouver ton joli visage à tous les âges et de le montrer à tes propres enfants » sans succès… J’ai même reçu un « si je souhaite emporter un souvenir, je n’ai cas en piquer un ». Bien envoyé! Alors, astuce, pour comprendre un enfant, le redevenir! Je me suis décidée à m’amuser, à jouer avec cette poupée au cœur arraché, on s’est mises à rire et d’un coup, quand elle l’eut décidé, elle reprit « je n’aime pas les souvenirs parce que mon père s’est barré, sans émotion, sans explication, en brisant nos souvenirs, sans nous prévenir. »
Cet homme, jamais je ne le connaitrai, mais à cet instant je l’ai détesté si fort, si fort… J’ai serré cette môme contre mon corps, comme si elle était ma propre petite fille. Je sais que rien ne peut compenser « une seule larme d’un seul enfant » comme l’a propagé Flodor Dostoïevski, mais j’en avais besoin autant qu’elle d’un tel soin. On s’est lâchées puis un instant regardées, elle m’a souri puis m’a lancé « vous me prenez en photo? »… J’y ai perçu le plus beau des cadeaux.
La journée s’est achevée et je me suis consolée en me figurant que si l’on ne se doit qu’à l’enfant qu’on a été alors ces derniers sont promis à une digne destinée.
Merci à Yacine Yousfi de m’avoir appelée à participer à cette superbe initiative : celle de faire briller les yeux des enfants étudiant dans des conditions moins favorisées que je n’ai eu la chance de le faire et de les emmener à porter leur propre regard sur le monde, un regard si doux et pur, car un enfant est un enfant et les intéresser c’est changer leur être et à sa suite notre société dont il est le baromètre! Bravo à toi Yacine pour tout le temps et le coeur que tu mets à leur service et également à Romain Nadal qui humanise nos institutions en leur ouvrant ses portes. Je suis vraiment fière de me joindre à vous dès que nos emplois du temps nous le permettent pour faire avancer les choses. Chaque petit pas, chaque parole est une arme de plus pour offrir un meilleur avenir à nos jeunes.
A nos yeux d’enfants…

« La parole est une arme dangereuse qu’il faut savoir maîtriser pour ne pas se laisser maîtriser » Un élève de l’école.

Jolie Nouvelle-Zélande

Pourquoi devrait-elle rejoindre le Conseil de Sécurité de l’ONU?
De Jose Ramos-Horta
Président antérieur du Timor Oriental
Lauréat au Prix Nobel de la Paix (1996)

A l’exception de mon pays natal où beaucoup de mes proches ont été enterrés au nom de notre long combat pour la liberté, sans aucune hésitation, la Nouvelle-Zélande fait partie des dix endroits au monde dans lesquels j’aimerais le plus m’établir.

D’une superficie de 268.000 Kilomètres carrés, comptant 4,5 millions de merveilleux habitants et un revenu per capita de $46,000 US, la Nouvelle-Zélande est un pays riche en tout point de vue, prospère et égalitaire, sans prétention et fier d’être indépendant.

Les Pakehas (les néo-zélandais de descendance européenne) représentent 70% de la population; à peu près 13% sont d’origine Maori et habitant des Iles du Pacifique; les populations asiatiques représentent 7%, et les populations métis 8%. Il n’y a aucune religion dominante: plus de 20% se disent athées, 15% se disent anglicans, 12% catholiques, 11% presbytériens et d’autres variantes du protestantisme.

L’alphabétisation est de 100% et l’espérance de vie est de plus de 80 ans. Unique inquiétude: les néo-zélandais semblent avoir oublié les rapports sexuels puisque le taux de croissance de la population se trouve en dessous des 0,9%.

Contrairement à d’autres pays colonisés par les européens ayant annihilé l’identité, la culture et la langue indigène, la Nouvelle-Zélande reste exemplaire dans ses efforts pour renouer avec les origines de ces habitants des îles, le peuple Maori. Le Maori est donc la langue officielle avec l’anglais et le langage des signes néo-zélandais.

Les Maoris, peuple extrêmement fier, ont combattu les colons européens lors de leur arrivée en Nouvelle-Zélande, mais, en 1840, les dirigeants Maoris et représentants de la Couronne Britannique signent le traité de Waitangi, créant ainsi la Nouvelle Zélande.

La beauté naturelle de la Nouvelle-Zélande est tout simplement stupéfiante et contrairement à l’Australie, qui abrite de nombreux animaux les plus laids et venimeux du monde, elle est épargnée de toutes ces créatures. Il n’y a ni scorpions ni cobras.

Pendant la Guerre Froide, être “au bout du monde” s’est avéré être une véritable chance. La Nouvelle-Zélande est tellement loin que même les “expansionnistes” de l’Union Soviétique ne s’y intéressaient pas. Cette distance et cette isolation ont toujours protégé le pays des superpuissances prédatrices.

Comme les australiens, qui ont connu des dizaines de milliers de morts sous l’emprise Britannique lors de guerres absurdes en Asie et en Afrique, les néo-zélandais eux aussi servirent de chair à canon pour la Couronne Britannique et l’impérialisme américain lors de nombreux combats en Asie, Afrique et Turquie.

Tout en profitant de liens forts avec les Etats-Unis et l’Europe, les néo-zélandais ont fait preuve d’indépendance et de beaucoup de dignité à plusieurs reprises. Au début des années 80, cette île, vision de carte postale, a tenue tête au géant américain en refusant d’abriter des armes Nucléaires. En réponse, les Etats-Unis suspendront la participation de la Nouvelle-Zélande au traité de sécurité ANZUS. Les Néo Zélandais s’opposaient également aux essais nucléaires français dans les îles du Pacifique. Cela leur coûtât le sabordage du Rainbow Warrior à Auckland par les services secrets Français. A ce jour, La Nouvelle-Zélande ne s’est toujours pas dotée de l’arme nucléaire.

En Octobre prochain, la Nouvelle-Zélande, l’Espagne et la Turquie se disputeront deux sièges vacants au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies : deux sièges sont disponibles pour trois prétendants.

Mon pays, le Timor Oriental soutient activement la Nouvelle Zélande dans l’obtention d’un des deux sièges. Faisant à-peu-près la taille de la Norvège et tout aussi indépendante dans les affaires internationales, la Nouvelle-Zélande est un de ces rares pays ne subissant aucun conflit, n’ayant jamais été envahi et n’ayant jamais envahi aucun voisin non plus.

Modeste et discret, ce pays ne se vante jamais de ses généreuses contributions financières à la région ainsi qu’au reste du monde, soit près d’un demi milliard de dollars au total. Bien que petite, la Nouvelle-Zélande a énormément contribué au développement, à la paix et la sécurité au sein de notre région, tout particulièrement auprès des îles Salomon, Bougainville et du Timor-Oriental. A la fois, les forces de défense et la police néo-zélandaise se sont impliquées dans les opérations des Nations Unies en Timor Oriental. Cela a contribué à la stabilité de mon pays lors de la phase post-indépendance relativement difficile.

La Nouvelle-Zélande a également déployé ses soldats de la paix loin de ses rives en Afghanistan, Bosnie, au Kosovo, au Sinaï ainsi que dans les zones démilitarisées du Nord et du Sud de la Corée. La Nouvelle-Zélande n’a pas envoyé ses troupes en Iraq puisque cette mission n’a pas été soutenue par les Nations Unies.

La Nouvelle-Zélande a également été fortement impliquée aux secours des victimes de catastrophes naturelles, tout particulièrement celles qui ont touchées les îles du Pacifique et l’Asie du Sud Est, des zones touchées par les cyclones, tremblements de terres et les éruptions volcaniques.

Pourquoi suis-je aussi passionné lorsqu’il s’agit de soutenir la candidature de la Nouvelle-Zélande au siège du Conseil de Sécurité des Nations Unies?

Au fil des quarante dernières années, j’ai été activiste des Droits de l’Homme, défenseur de l’indépendance, diplomate, ministre des Affaires Etrangères, Premier Ministre, Président, soit quarante ans d’observation, d’apprentissage et d’exercice des pouvoirs gouvernementaux tout en pratiquant la diplomatie internationale et en bénéficiant des programmes des Nations Unies, victime des indifférences du monde mais reconnaissant lorsqu’elles se sont transformées en compassion.

Le Conseil de Sécurité des Nation Unies est un organe que je ne connais que trop bien. J’ai vécu et vieilli en son sein, dès l’âge de 25 ans lorsque je me suis adressé pour la première fois devant cette assemblée mondiale en décembre 1975. Il est bien trop important et impactant pour rester exclusivement aux mains des plus puissants.

A une époque incroyablement compliquée avec le Moyen-Orient, certaines zones d’Afrique ou d’Asie, le monde a besoin de petits pays indépendants comme la Nouvelle-Zélande au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il est également très important que d’autres petites nations membres sachent que le Conseil de Sécurité leur est accessible en voyant la Nouvelle-Zélande y accéder.

Alors qu’une puissance mondiale comme les Etats-Unis est en effet indispensable, alors que des puissances régionales comme la Chine, la Russie, le Japon, l’Indonésie, la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, le Brésil, le Niger, l’Afrique du Sud etc… sont toutes également indispensables, le monde a besoin de petites nations avec derrières elles des décennies d’engagements dans les affaires mondiales pour faciliter le dialogue, la médiation et amener les belligérants à la table des négociations.

La Nouvelle-Zélande fait parties de ces pays. J’ai tout à fait confiance en le fait qu’elle marquera profondément, calmera les agitations, apportera de la sérénité, proposera des compromis réalisables et des accords durables.

Le Timor Oriental votera pour la Nouvelle Zélande et je souhaite que tout autre dignitaire de l’ONU en fasse autant.

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Jose Ramos-Horta était Secrétaire-Général-adjoint, représentant spécial du Secrétaire-Général des Nations Unies et Médiateur de la crise socio-politique bissau-guinéenne (2013-2014). Il a été universellement acclamé pour son succés dans son rôle de médiateur en Guinee Bissau. Avant cela, il était Président, Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangéres du Timor Oriental (2001-2012) et Lauréat du Prix Nobel de la paix en 1996

Non merci pour ce moment!

Sordide succès que celui du livre de Madame Valérie Trierweiler!

Qui d’entre nous s’imaginerait écrire tant de lignes avec la simple finalité d’atteindre davantage une bête blessée, occultant tout respect de soi et des nombreuses années passées aux côtés d’un homme, qui qu’il eut été?

Qui peut accorder un quelconque crédit, une quelconque essence aux paroles prononcées dans l’intimité d’un couple, pour se faire mutuellement -éventuellement- rire et relâcher la pression?

Je ne suis pas -loin de là- une amie de François, mais le pathétisme de la France supplante ma non-adhésion à la politique du Gouvernement.

Comme dirait mon père, il méritait que ce fût dit!

Je manifeste!

Il y a de cela quelques mois, un ignare et de fait un connard m’interpelait sur les réseaux sociaux, sans consistance mais avec arrogance, me nommant comme suit : »l’Israélienne ».
Par conséquent, je rectifie : je ne suis pas israélienne, pour la seule raison que le sort a décidé que je naisse en France et que je n’aurais pas la prétention, la vanité, la suffisance et encore moins le droit d’affirmer l’être, à défaut de ne m’être démocratiquement battue pour la sauvegarde physique et morale de cet Etat de Droit agressé, à la même heure à laquelle les civils palestiniens ont mal et pour pas loin des mêmes causes que de rappeler est inutile.

Voilà qui est fait. Ce jour-ci fut le premier jour au cours duquel je pris le parti de dire mon avis sur le conflit, LE conflit, celui qui conduit à tant de vacarmes, de drames et surtout d’amalgames. Le conflit, celui qui est instrumentalisé par une frange du peuple français, la frange que les juifs et/ou les arabes dérangent, la frange dont les esprits s’enflamment alors même que jamais ils n’ont cherché à comprendre. Qui de celui qui a osé se prononcer a déjà voyagé dans cette contrée, qui encore a davantage fait l’effort d’ouvrir, de lire, de regarder ou d’écouter les témoignages de la presse étrangère quant à l’affaire? J’ai honte de ce que nous sommes –nous français- de véritables moutons, peu affables, particulièrement paresseux et tellement cons!

Tu m’appelles le diable parce que je suis juive ou parce que je serais sioniste selon toi, mais sais-tu définir le sionisme? Je te mets sur la piste, mieux, puisque je ne suis pas seulement juive mais aussi un peu vive, j’ouvre le dictionnaire pour toi : tu vas rire, le sionisme n’est pas le juif, le sionisme est la volonté de reconnaitre la possibilité pour les juifs -s’ils entendent le faire- de s’établir géographiquement et identitairement (pardon pour le néologisme) sur une terre…Ah oui, il y a le bord de mer aussi…Et cette terre, ils la partagent néanmoins volontiers avec tous les musulmans, bouddhistes -quoiqu’ils soient moins nombreux- et chrétiens qui y résident heureux avec autant de confort et de légitimité que leurs voisins de palier.
Alors le diable ne serait-il pas plutôt l’âne qui condamne sans savoir ni même voir?
J’ai une suggestion à te faire : rends-toi sur place, côtoie le quotidien des habitants de toute cette région et reviens avec des vérités.

Vous savez pourquoi je ne me suis jamais exprimée sur ce sujet, alors pourtant que l’on m’y a bien souvent invitée, parfois me l’a reproché, car je considère ne pas avoir les clés pour ce faire.
Mais il suffit, je ne peux plus me taire.
Je pourrais me cacher derrière mon nom, « Ticot, tu crois que c’est juif? » Ai-je souvent entendu de la langue pendue des plus méprisants. Eh oui, mais promis je n’approcherai pas ton petit ami!

Je ne peux plus me taire!

Je ne peux plus me taire parce que Mohamed Merah et Mehdi Nemmouche ont existé et se sont recommandés du prétexte louche que de tuer est accomplir leur destinée alors qu’ils ne sont que deux tarés farouches.

Je ne peux plus me taire quand j’entends qu’ils en ont appelés à Allah, quand moi j’ai lu le Coran et sait qu’il n’est jamais question de massacrer ni le juif ni le mécréant, mais simplement de combattre l’absence de foi et de connaissance des lois comme il est enjoint dans toutes les religions, dans tous nos textes sacrés. Ah si, c’est vrai, il est une Sourate qui fait référence au peuple juif mais j’ai appris que lorsque l’on veut lire, l’on ne doit pas seulement lire mais réfléchir, s’assurer de la source et avoir un peu plus de ressource : eh bien, cette Sourate date du treizième siècle, siècle des croisades, encore une guerre des terres… Elle n’a donc rien de prophétique mais tout d’économique et une simple dimension historique.

Je ne peux donc pas plus me taire quand un philosophe, Daniel Sibony pour ne pas le citer, se sert d’un tel passage pour crier à l’orage, à l’ouragan Islam, en oubliant que Mahomet demande de pleurer le décès de son frère juif dès lors qu’Ismaël était le frère de sang d’un juif.

Je ne peux donc plus me taire et ignorer Eyal, Guilad, Naftali et Mohamed, victimes de la plus vile des violences : la stupidité, l’interprétation erronée de nos textes sacrés et de la mission d’importance que nous confient précieusement nos religions, faire office de pureté, d’intégrité et de respect envers tout celui à qui Dieu a donné la vie, puisqu’il est une partie de lui, pour ceux qui croient en lui. Pour ceux qui n’y croient pas, alors considérez que Dieu n’est jamais que l’image de vos conscience et moralité.

Je ne peux plus me taire puisque l’antisémitisme se drape dans l’antisionisme, se réfugiant derrière un jeu étymologique tellement précaire. Ce matin, on m’asserte que sémite ne concerne que les arabes et les juifs séfarades. Mon Dieu, j’en appelle à ta grâce, vient en aide à ces bécasses. Nous aussi, juifs du Caucase ou de Manheim utilisons les langues sémites.

Je ne peux plus me taire quand est lancé « mort aux juifs » à l’occasion d’une manifestation qui devrait se tenir au profit des civils palestiniens tout à fait innocents et parachutés au coeur d’une guerre dont ils ne veulent pas, servant de boucliers humains aux saletés du Hamas et de dommages collatéraux à l’action voulue ciblée de l’armée d’Israël. Et je m’attache à croire que ce ne sont pas les musulmans sachant lire le Coran qui osent prononcer ces paroles de haine mais les ignorants avides de faire couler du sang.

Je ne peux plus me taire alors que je lis la réaction de Natacha Polony. Mais non pas toi… Si un jour je deviens chroniqueuse et j’en serais heureuse, ce sera pour atteindre progressivement -à force d’investigations sur les thèmes abordés réalisées avec passion- son niveau de connaissance et d’intelligence, sa culture, pas banale n’est-ce pas? Mais là… Là, elle se prononce sur la politique proche-orientale à l’aide de propos tout à fait orientés par son ancrage et encrage dans la presse française. Pour sûr, elle voulait bien agir, dénoncer cette xénophobie, cette maladie qui est en en train de se propager; mais toi, citoyen du monde, tu ne peux pas adhérer sans suggérer à tous tes contacts d’ouvrir la presse internationale à ce sujet et de jeter à la poubelle toutes tes idées pré formées par les immondes manipulations de certains de nos médias.

Je ne pourrai pas me taire tant que le Hamas s’armera en partie grâce aux aides de l’Union Européenne, aides censées nourrir les civils palestiniens, victimes de ce marasme, que les occidentaux préfèrent ignorer par des pirouettes diplomatiques. Mais ça devient insensé!

Je ne pourrai pas me taire tant que le Front National continuera à obtenir de tels scores, car il faut de l’inconscience ou pire une réelle adhésion à leurs instincts de violence pour trouver en ces porcs un salut attendu.

Je ne voulais pas écrire sur le sujet pour les raisons précités mais je crois qu’il est temps… je crois qu’il est temps parce que la présence des juifs est en danger en France et que j’ai confiance en l’importance de la diaspora et en son influence positive sur tout un chacun car « je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes ».

Et j’ai peur, je crains que soit arrivée l’heure d’une scission sans cohérence entre les juifs et les arabes de France. Ce serait un non-sens. Nous avons tant de ressemblances.

Tenez, un jour je me suis faite arrêtée par un passager dans un bus qui m’a demandé avec une très jolie naïveté mais de façon si franche : « tu es blanche, mais tu as une tête d’arabe, t’es quoi toi? » Eh ben voilà, toi, tu as tout compris!

L’un de mes amis, quant à lui, me chuchote souvent « Charlotte, tu es une beurette dans l’âme ». Eh bien, je m’en acclame : premièrement parce que je suis fascinée par cette civilisation, son langage, son bagage, deuxièmement parce que c’est mettre l’accent sur mes valeurs, celles qui habitent mon cœur et président à mon comportement. Et je clame qu’elles ne sont en rien éloignées de celles qui ont été l’objet de mon éducation, la mienne, la tienne et celle de tous les juifs et musulmans correctement dirigés.

Je finirai par une anecdote, une note plutôt : je rentre d’un voyage organisé en Turquie et dans le cadre qui nous était destiné, tout le monde se fréquentait, s’aimait, qu’ils aient été d’Afrique ou Asiatiques, d’Italie ou de Turquie, Arméniens ou Israéliens. Tous s’amusaient de concert sans aucune méfiance ou réticence sectaire. Et là-bas je me suis dit, si seulement la vie c’était la Turquie!

Alors je ne peux plus me taire et je manifeste! Je manifeste mais jamais pour diviser encore moins pour casser… je manifeste ma pensée… pour agiter et essayer de nous sauver sans se sauver.

Pauvre France!

J’avais décidé de ne pas en parler… Non vraiment, je vous assure, mais à mesure des évènements, à l’allure à laquelle le pire se profile, je ne peux plus me contenir, j’ai la charge -la charge qui contraint tout citoyen habile- la charge de me révolter et ce même si cela doit me coûter une fatwa en provenance du gouvernement.
Pauvre France…

Ah attendez!
Préliminaire : il ne s’agit pas ici d’accentuer les clivages partisans et les guerres d’appartenance. Je ne suis ni de gauche ni de droite, juste une gauchère adroite.

Je disais? Ah oui…Pauvre France…
Le Front dit « national » grand vainqueur des élections européennes dit-on? Sa dénomination n’est alors plus un leurre! Oui, c’est un malheur et mes illusions me commandent de condamner -encore- avec autant de passion et de vigueur qu’au temps de mes premiers écrits. Mais, ceci posé, passons… Je ne veux pas que mon lecteur débande et puis pourquoi disserter sur un sujet que d’autres avant moi, mieux que moi, ont appréhendé et analysé avec le dessein ambitieux de réveiller les français. Donc, faisons fi à plus forte raison des manipulations politiques orchestrées avec affection par la maîtresse femme du parti, qui a soufflé un si léger calembour, un infâme trait d’humour à son cher papa afin de pouvoir ensuite lui coller un blâme, le renier et confirmer un électorat ignorant l’histoire et que même la détresse et le désespoir ne peuvent pas excuser.

Du reste, ne parlons pas non plus de l’UMP, aujourd’hui incapable d’inventer sa propre destinée, qui a cru bon de miser sur une propagande anti-Hollande, repérable, sans demi-mesure et en aucun cas réparable et s’est maladroitement auto-flagellée, coulée et bien sûr pris une veste.

Ne rabâchons pas non plus les dossiers privés de la présidence qui, outre la malséance, en disent long sur la qualité de la gouvernance et, pire, inspirent la méfiance amère de nos partenaires.

Mon récit commence alors que je suis en partance pour la douce Provence. Au coeur de la brousse, je reçois toutefois les ondes de BFM business (pour mémoire, je ne suis toujours pas de droite) et je me laisse captiver par la voix et la délicatesse des propos de l’animateur radio.

Toshiba, le grand fabricant japonais de matériel électronique et informatique, s’attelle à faire une offre à General Electric, préfigurant alors de l’éventuel rachat d’Alstom par son concurrent « outre-continent » : a priori, ceci permettrait au premier d’accroître encore ses activités de distribution d’électricité en comblant une branche dont il se dit en carence et de tripler son chiffre d’affaire.
Hisao Tanaka en profite pour se payer notre pomme et nous jeter insidieusement l’opprobre, pourtant sans ironie. Le géant japonais dit parier –et je cite la traduction donnée avec abnégation- « sur le fait que General Electric (GE) ne fait pas de ce dossier une priorité et serait prêt à le lui rétrocéder pour la bouchée de pain que représenterait l’acquisition, pour l’une ou l’autre des deux enseignes étrangères d’ailleurs ». A la bonne heure… Et comme on dit en berbère « La h’chouma! » Voici en une locution, en une bonne beigne aussi, décrite la faiblesse et la mollesse de notre économie, pire son apathie.
Cela vous dépite? Eh bien figurez-vous que nos gouvernants, eux, pas vraiment!
En pleine crise, Monsieur Montebourg bourre de fautes d’orthographe une lettre transmise au Président Directeur Général de GE, rejetant sans nuances et avec arrogance, en un paragraphe, toute avance, toute proposition en sa provenance. Mes aïeux!
Attention, je ne prétends pas qu’il faille à tout prix céder l’une de nos dernières fiertés nationales mais mettons-y au moins les formes, soyons courtois et sans être les plus ingénieux, tâchons de rester dans la norme!
Dix milliards, voilà ce qui serait revenu dans les caisses de l’Etat, fruit de la recapitalisation dont Alstom a fait l’objet il y a de cela quelques années dans le but d’être redressée : vu le montant de notre dette publique, ne soyons pas pudique d’affirmer que c’eût pu être utile!
Toutefois, il est vrai que si nos trains devenaient américains, on ne se sentirait plus tout à fait autosuffisants et si nous pouvons rester unis comme aux Etats-Unis le Texas et la Californie pourquoi s’en priver? Bien oui, il y a Siemens et Siemens est Allemand! Blanc… Non, non, Angela n’en veut pas, elle a ses TGV, c’était même la première à les posséder; que va-t-elle faire des nôtres, ils ne rentrent même pas dans les rails?

On se vautre, mais Madame Merkel est gracieuse, elle ne se mêle pas notre pagaille. Elle se contentera de rappeler à Manuel Valls –de manière vigoureuse mais obséquieuse- que la France ne s’en sortira pas en faisant cavalier seul, de l’envelopper dans un linceul en déclarant l’incompétence de ce dernier à tenir ses promesses de croissance, pour finir par lui signifier avec tendresse que du cours de l’euro à la cour de l’Elysée, aucune décision n’est plus du ressort des nations et que si notre souveraineté ne se courbe pas devant la Constitution de l’Union, la situation n’aura de cesse d’empirer.

Ah oui, parce qu’en sus, les français se procurent le plaisir excentrique d’être eurosceptiques. Si, si, je vous jure!
Mais les français, ont-ils noté que la Pologne est aujourd’hui Etat fort grâce à la besogne de notre Union Européenne et que récemment c’est elle qui s’est proposée en renfort afin d’amenuiser notre peine?
Rendez-vous compte, voilà la France, l’Etat Européen qui détient le plus de savoir-faire et de matières premières mais qui n’a pas honte d’être le seul –sur vingt huit Etats membres de l’Union Européenne- à ne pas être excédentaire.

Comment fait-on pour être si mauvais? Allez-vous me demander. Très simplement! On est bon là-dedans!
Figurez-vous que nous importons plus que nous exportons, tandis que nos voisins sont parvenus à être autosuffisants quand et même s’ils ne gagnent pas d’argent.

Nous sommes protectionnistes, obtus et carrément extrémistes.

Evidemment qu’il est malheureux voire douloureux, attristant et même affligeant qu’où que tu poses tes bagages, quel que soit le paysage, tout ait le même visage, mais faut-il que notre volonté de non-conformité vienne nous ruiner?
Nous sommes bercés dans l’illusion que l’avenue Montaigne est le centre de la mode, non du monde, alors que tout leur stock est à l’étranger et qu’elle a été mieux que copiée, dépassée. Faites le test, réclamez une paire de chaussures qui est en rupture dans notre jolie capitale, c’est en Chine, au Japon, au Brésil ou sur une île qu’ils vous la trouveront; tapez sur un moteur de recherche « Louis Vuitton Singapour » pas banal hein? Alors, lâchons un peu de lest et jouons le jeu de la globalisation et quant à l’Europe, soyons pour et apportons notre concours.

François Mitterrand, en 1983, alors que je n’étais même pas encore née et encore moins conçue, avait alors dû faire face à un bilan bien plus inquiétant. Comme aujourd’hui, notre pays importait, mais n’exportait que rarement : sa monnaie d’échange, le dollar, écrasait le franc et pour pouvoir payer le prix des produits importés, il fallait bien échanger notre monnaie -dont les américains ne voulaient pas s’encombrer- contre la leur. Face à la faible cotation du franc, les grands patrons ont pris peur et ont décidé de liquider leurs avoirs pour acquérir du dollar. Est arrivé ce à quoi l’on tentait d’échapper : un entier épuisement des ressources monétaires pouvant mener à une disparition totale des devises nationales. Trois premiers ministres se sont officieusement succédés au pied levé (Pierre Mauroy, Pierre Bérégovoy et Jacques Delors) et la solution a finalement été apportée par Mitterrand lui-même : la dévaluation du franc.

Je n’opère pas là mon « coming out » de mitterrandienne d’hier, loin s’en faut, je fonde sur le poids de l’Euro dans le marché monde le fait que l’Union Européenne est et restera un pansement d’une grande efficacité pour nous français.

J’ajoute, sans suffisance ni impertinence, ni même pour la seule jouissance de la joute, mais avec un peu de fierté il faut l’avouer, que celui qui jamais ne lit ne peut prendre conscience de ce qu’est l’Europe. Et Hop, c’est gratuit.

Bien, il ne me reste plus qu’à dédramatiser –je ne souhaite pas vous gâcher la nuit- et pour citer un poète marseillais : « relativise ferme les yeux, imagine-toi, imagine ta vie dans ces pays où les hommes politiques sont en tréi, où la liberté d’expression est une conspiration, où le dollar civilise avec des canons, où l’on meurt d’une simple fièvre, où les épidémies se promènent sans laisse, crois-tu vraiment tenir sous la canicule de ces pays où pendant deux mois tu bronzes, eux toute l’année ils brûlent; imagine ta vie sans eau potable, pas de douche les jours de pluie, pas de bouffe mise sur la table ».

Ca va mieux? Très bien, alors à présent vous pouvez fermer les yeux. Mais s’il-vous-plaît uniquement pour vous endormir et plus jamais sur votre devenir.

Aucun parent ne connaît son enfant!

Aucun parent ne connaît réellement son enfant… Maman, si tu me lis, n’y vois rien de personnel, c’est fonctionnel! Et puis, finalement, aucun être humain ne connaît réellement son voisin, au moins avant de l’avoir écouté vraiment, avant de n’avoir écouté son cœur pleurer, de n’avoir entendu son âme hurler, n’avoir pas seulement regardé ses lèvres bouger, pas seulement discerné ses cris, segment de sa pensée.

Il n’y a là rien de cynique. Je m’explique!

J’étais en voyage à Amsterdam -n’insistez pas, je ne vous dirai pas pourquoi- et outre la légèreté des dames et la gaieté ou plutôt le carnage des camés, j’ai visité la célèbre mais non moins funèbre Maison d’Anne Frank.
Vous avez tous évidemment entendu parler de cette enfant, restée cachée avec ses parents pendant plus de 2ans, du 6 juillet 1942 au 1er août 1944, dans l’annexe de l’entreprise d’Otto Franck, le père de famille, afin de tenter d’échapper à leur triste sort, celui que leur réservaient les nazis.
Je dois préciser qu’appréhender la shoah, c’est par héritage, toujours un peu complexe, dans nos lignées juives de l’Est. Et puis, pour être tout à fait honnête, je craignais -puisque nous portons traditionnellement un bagage de culpabilité tout particulier- de ne rien ressentir en pénétrant cette maison vide d’habitants qu’on m’avait virtuellement forcée à habiter à pas moins de cinq ans; d’en sortir indemne quoi!
Eh bien, il n’en fut rien. Car -sans minimiser tout ce qui a trait à cette doctrine qui abomine et à tout un peuple, aux miens, qu’ils soient juifs, français ou de toute autre contrée, traités comme des chiens et exterminés et pour ne pas redire ce que d’autres ont pu décrire mieux que moi- deux autres éléments, que dis-je des fondements, ont à jamais marqué ma façon de réfléchir et avec elle mon devenir.

Anne… Mais qui pouvait imaginer qu’une petite fille était capable d’autant de profondeur, d’analyser sa condition et de disposer de son propre bonheur, de mesurer sa chance, de faire face à la providence avec audace, d’accepter l’inacceptable et maîtriser sa vie, sa destinée avec autant d’optimisme que de réalisme et d’abnégation.
Preuve en est… En dehors de son journal qui fut un trésor d’authenticité éclairée et la façon la plus impériale de témoigner, il est communément raconté qu’une fois déportée, ce n’est que lorsqu’une amie de la famille lui apprit que ses amours étaient tous partis, commettant une erreur fatale puisqu’Otto était alors toujours en vie, qu’Anne perdit sa manne et, comme une rose qui se fane prématurément, se laissa doucement aller et abandonna ses pétales dans la flore abyssale, l’allée de la mort.
Ah…si seulement la petite fille avait su que son père était rentré sauf de la guerre -une donnée qui valait de l’or, celle qui lui aurait fallu pour que se réchauffe son corps- peut-être se serait-elle battue un mois de plus, le mois de la liberté et de toutes ses velléités, puisqu’advint alors la libération.

Quant à Otto Frank, il eut besoin de plusieurs mois avant qu’il ne transgresse la promesse faite à son enfant. Il ouvrit son journal intime et il y découvrit ce qu’il était loin de soupçonner: sa petite fille était devenue, au fil de sa vie souterraine, une adulte sublime… une femme qui, loin d’être une victime, s’exprime et ranime chaque jour la flamme qui l’habite, l’habite elle et tous ses colocataires. Quelle est belle cette petite!
Et là, Otto dit quelque chose, se dit quelque chose, quelque chose qu’il nous fait partager et qu’on entend très bien, quelque chose qui nous fait tous souffrir, que l’on soit d’un côté ou de l’autre de la proposition et sans exception : « Aucun parent ne connaît réellement son enfant ». Et puis, finalement, aucun être humain ne connaît réellement son voisin, au moins avant de l’avoir écouté vraiment, avant de n’avoir écouté son cœur pleurer, de n’avoir entendu son âme hurler, n’avoir pas seulement regardé ses lèvres bouger, pas seulement discerné ses cris, segment de sa pensée.

C’était ça l’objet de Politiquement Inconnus, voyez-vous; au fond, c’est elle qui m’a inspirée!
« On ne connaît vraiment les gens qu’après avoir eu une bonne dispute avec eux » disait la demoiselle au caractère bien trempé, à l’individualité affirmée, à la personnalité singulière (c’est un pléonasme mais j’y mets tellement d’enthousiasme).
Et bien j’ai voulu disputer de tels sujets, ceux qui font notre société, avec vous, avec tous les administrés, afin de m’assurer que jamais leurs volontés, vos volontés ne soient passées sous silence: même des invectives, pourvu qu‘elles s’inscrivent dans l’histoire!
Un devoir de mémoire oui, mais aussi un but: ne jamais sursoir à agir quand on est sincère, ne jamais attendre plus d’une minute pour commencer à changer le monde.
Pourtant, ne va pas t’imaginer que c’est facile d’être le point de mire des critiques! J’ai pris un risque! Mais enfin, tant que je pourrai continuer à regarder le ciel sans crainte, je tâcherai de secouer l’univers, mon univers et l’ensemble de l’humanité et de laisser mon empreinte partout où l’on noue notre esprit et avec lui notre sens de l’intelligence et de la tolérance, partout où l’on essaie de nous prendre pour des cons.

Lorsque j’écris, je ne suis ni nantie, ni indigente, ni affreuse, ni jolie, ni ignorante, ni intelligente, ni grivoise, ni bourgeoise, ni méfiante, ni confiante, ni malheureuse contre toute attente, mais je suis consciente et aimante, juste moi avec émoi, je suis une petite Anne Franck qui souhaite que jamais plus place ne soit faite aux extrêmes, ni que jamais plus une telle dame ne se fasse voler son âme.

La vie est courte, n’attendez pas que ceux que vous aimez ne soient plus, écoutez-les mais écoutez-les vraiment…