Censurés!

Je sais, ça va faire un an…

Je vous remercie, mes lecteurs obstinés, de m’avoir ardemment sollicitée, chaque jour que l’Univers et nos états nous offraient d’exister, d’élaborer, pour le meilleur…

 

Dans moins d’un mois, sort mon roman !

Ô bonheur ! Ô justice ?

Oui, car dans cet interstice, ce temps séparant l’impulsion créatrice de l’intention de dénudation à objet -toujours- d’éducation, la censure accusatrice, tel un marteau piqueur, entreprenait de saccager les fondations de ma vie, comme de celle de cette femme prise à partie sur les bancs de la République et de son enfant, surtout de son enfant…

Inique, déloyale, la morale arrive sournoisement en voix off !

 

S’habillant par défaut de sa plus belle médiocrité, d’une subjectivité de la pensée à tous égards chaotique quand elle n’est pas plus instruite que maîtrisée (de tout ce qu’elle refoule), Julien Odoul -à l’instar de mon tortionnaire- s’est adressé aux conseillers pour vilipender un tiers!

Pourtant, cette jeune maman n’avait-elle pas participé volontairement, bénévolement au contrat social, celui sous l’égide duquel nous sommes admis à communier en tant que français, en accompagnant une sortie scolaire, avec l’aval de la direction de l’école ?

 

Emportés par leurs phobies, folles par définition, vides par déraison, les petits esprits condamnent sans originalité tout ce qui plane, juste là, devant leur nez, ce qui se pavane à leur portée, ce qui est évident, seulement… seulement évident, tellement moins pourtant que ce qui y est dissimulé !

Quand bien même auraient-ils eu en partie raison, qu’ils auraient instantanément discrédité leur opinion, dessinant les contours de la révolution qui les empêchera inévitablement dans leur propre combat !

La prohibition sans fondement raffermit ce qu’elle interdit !

 

Parmi tout ce que j’ai lu et entendu à ce sujet, au rang de nos porte-voix, il n’y a guère que Glucksmann qui sut théoriser ce qui, passée l’humiliation, se sera rendu crucial à travers ce débat :  « garantir l’autonomie des citoyennes musulmanes, en leur permettant notamment de choisir de porter le voile ou de ne pas le porter, en les préservant de toute forme de pression » qu’elle vienne de l’intérieur ou de l’extérieur…

L’article 31 de la loi de 1905 assoit l’auto-détermination confessionnelle faisant exclusion, impérativement et légalement, à la haine raciale.

 

Voilà ce qu’est le principe de laïcité : « j’ai le droit de croire mais croire ne me donne aucun droit ».

L’ironie, c’est que c’est celui-là même que profane l’État au même moment où il l’exhume !

Au nom de quoi ? Au nom de cette dame trop âgée et impopulaire, la tradition cultuelle, qui s’insère ici, sans détour, entre la loi et la coutume !

La France serait-elle aussi hypocrite qu’elle n’est jésuite ?

Je crois qu’est arrivé le moment de définir à nouveau, de circonscrire les pourtours civils et pénaux de la laïcité, inchangée depuis 1905, à l’aune de la modernité et des paradigmes de notre société.

L’imbécile agissant n’aurait-il finalement pas été stérile ?

 

L’enlisement des mentalités à effet de sujétion est le seul complot d’État que je connaisse : de l’endettement des foyers acceptant plus volontiers l’inflation et la taxation qu’ils se sentent redevables, à la presse tantôt affable à dessein, tantôt binaire et abominable.

 

Alors, la question reste entière !

Pourquoi ? Pourquoi prône-t-on ici la laïcité et là la censure-t-on encore ?  Pourquoi tout le monde n’a finalement pas le droit d’être con à même mesure ?

Kery James a ébauché une réponse : « vous avez souhaité l’immigration, grâce à elle vous vous êtes gavées jusqu’à l’indigestion… Qui a profité de qui ?… Mais pensiez-vous qu’avec le temps, les négros muteraient et finiraient par devenir blancs ?… La nature humaine a balayé vos projets, on ne s’intègre pas dans le rejet…»

Qui a profité de qui ?

J’ai peine à reprendre sa semonce -qui ne doit pas rester vaine- à mon compte ! Parce que je lui reproche, célébrité en poche, d’aller à la facilité, de plonger dans les mêmes lots communs, indirectement au moins, que ceux qu’il affronte et d’oublier au rang des non remerciés, les Juifs, en partie patrie ! Les noirs ont les tirailleurs sénégalais, les arabes les harkis, les juifs les soldats de la Première Guerre, trahis sous Vichy.

Je le lui reproche, oui, parce qu’il est brillant, qu’il a la voix et la foi pour participer à sauver l’humanité et qu’il sait, lui, que l’antisémitisme est logé ici, dans cette ignorance qui pousse à la xénophobie.

J’ai un ami, qui a grandi dans les Favelas de France et qui son enfance durant, a -faut-il l’admettre- bien souvent entendu Israël et les juifs, par abus de langage et sans distinction d’appartenance, être qualifiés de cruels. L’âge et la sensibilité aidant, il s’est interrogé. Se retrouvant dans des cours de comédie, confrontés à quelques « Sheitan », il dut bien reconnaître qu’on l’avait peut-être trompé.

Mais il ne s’est pas arrêté là, il y est allé, en Israël et en Palestine, au cœur de la débine et en soutane !

Il est rentré avec sa vérité, qui ne sera jamais que la sienne mais qui a le mérite d’exister et qui ne peut-être que privée de haine puisqu’elle est encore gorgée d’humanité.

On appréhende l’offense différemment lorsque l’on se trouve au cœur du cyclone que lorsqu’on conçoit le sujet à bonne distance.

 

Comprenez-moi, si je vous raconte tout ça c’est qu’une intuition poétique m’y invite, parce que je crois qu’elle est si belle l’allégorie philanthropique de l’effet papillon!

Comme un battement d’aile en Colombie peut causer un typhon en Asie, comme les planètes entreraient en collision à défaut de gravitation, un seul être, là, à l’avant-scène de nos dégâts, qui déciderait d’écrire pour que la littérature ait un sens, qui s’acharnerait à dire haut et fort, mais seulement à la lumière de ce qu’il y a de plus pur en lui, même s’il a tort, emporterait avec lui la bonté de toute l’humanité.

 

Écrire c’est lever toutes les censures !

Comment voudriez-vous alors que j’eusse accepté que me soit commis ce crime de lèse-âme ?

Ô drame s’il m’était interdit d’aimer !

 

Levez le principe de précaution et les tristes superstitions qui ôtent toute sa saveur à votre plaisir, à vos désirs, laissez-vous porter le long des sentiers royaux du rêve et de l’inconscient, aimez, vivez, lisez, écrivez !

 

C’est vrai que ça sent la chaux ces temps-ci aux abords de la culture !

Mais le chaos génère un ordre nouveau qui se structure sous un soleil de lumière, balayant la poussière encore un peu amère.

Saisissez l’opportunité d’être les auteurs du nouveau monde qui se profile !

Le narrateur jamais ne meurt !

 

Par amour…

Charlotte Tykoczinsky

 

 

 

 

 

 

 

 

La censure épargne les corbeaux et s’acharne sur les colombes. Juvénal

 

L’interdit donne de la saveur, la censure du talent (changer)

 

.

 

Écrire c’est lever toutes les censures. Éric Genet

 

Celui qui veut dire la vérité trouve les portes closes. Proverbe Danois

 

 

Celui qui tue un homme, ne tue qu’un homme. Celui qui tue une livre, tue une idée.

 

 

On n’a pas converti un homme parce qu’on l’a réduit au silence !

 

 

Lever le principe de précaution.

 

 

 

Voie royale de l’inconscient : le rêve.

 

 

Attentat contre la pensée, un crime de lèse-âme.

 

Seule assurément une farouche et triste superstition interdit de prendre du plaisir.

 

 

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Censurés! »

  1. David Coutret

    « Décrire, c’est relever toutes les censures. » Je vois que ton nom évolue au fil du temps, que tu ne cherche pas à dissimuler ton identité. J’aime beaucoup te lire et te relire. Ô Charlotte ! Que ton roman doit être un bel enfant !

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