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2017

Voilà, on y est…
Pour tout vous dire, j’étais en train d’écrire sur un tout autre sujet -l’objet de mes affections et de mes afflictions, j’ai nommé l’amour- quand soudain je me suis souvenue d’un engagement envers certains de mes lecteurs que je n’ai guère encore tenu : vous faire partager mes appréciations quant aux très proches élections.

Bon, alors j’enferme les errances et souffrances de mon coeur à double tour dans la poche de mon ‘fort intérieur’ émotionnel et je vous confie pour l’heure ce qui se trame dans le secret de mes pensées rationnelles, en mon for intérieur ‘présidentiel’ ,).

« Elections, piège à cons! » scandaient-ils agrippés aux barrières en Mai 1968… Ils ne s’étaient pas tout à fait fourvoyés!

Il est vrai qu’en matière de balivernes, hypocrisies, tromperies et autres calomnies, nos ours mal léchés n’ont pas songé à hiberner!
Non, il semblerait plutôt que nos prétendants au poste le plus éminent de tous les temps se prennent d’opportunité pour des candidats de télé-réalité et se livrent à un concours de popularité, là où le combat devrait se mener au profit de la paix, la prospérité et la sérénité de leurs administrés.

Mais enfin moi ça va!
Mon papa m’a toujours dit que n’importe qui pouvait devenir Président!
Point d’illusion ni d’attente confiante, point de réfutation ni de violente déception!

Mais si, moi aussi, comme nous tous, j’ai mes moments d’assoupissement sous l’effet de la délectable crème chantilly que versent sur nos « ego » ces mythos d’essence perverse!
Alors oui, évidemment, il arrive que je me laisse circonvenir, mais ma conscience me chaperonne de telle façon à ce que l’on ne me prenne pas pour une conne; l’assoupissement est toléré un court instant, l’endormissement ou pire l’alanguissement sont purement et simplement prohibés, non mais!

Point d’illusion donc, mais l’ébahissement, l’effarement et la stupéfaction ne peuvent en être pour autant totalement annihilés.

Platon prescrivait le « noble mensonge » s’il est utile à la cohésion de la Cité.
Machiavel -lui- l’érigea en principe politique :
« Je ne dis jamais ce que je crois et je ne crois jamais ce que je dis! Et s’il m’échappe parfois quelque brin de vérité, je l’enfouis dans tant de mensonges qu’il est difficile de la retrouver ».
Voici ce que rappelle à ma mémoire l’ensemble des débats -ou devrais-je signifier « des déboires » -tenus aux fins d’élection, du ton sciemment employé aux questions consciencieusement priorisées.

Nous vivons plus que jamais dans une savane habitée par des imberbes narcissiques, où les mauvaises herbes poussent aussi vite que leurs névroses, où le mensonge fane plus rapidement que la rose puisqu’un nouveau bateau l’éponge, où la réalité ne voit le jour que pour éclabousser, un monde où même le plus joli des idéaux sert de parure à l’imposture.

Pourquoi nous montrons-nous donc défiants à l’égard des représentants que l’on s’auto-désigne?
Il paraitrait pourtant que l’on a les dirigeants dont on s’avère être dignes…

Ah, Alexis de Tocqueville (« de la Démocratie en Amérique ») doit se retourner dans sa tombe en mirant combien l’immoralité est au service du pouvoir de ceux que l’on dit grands!

Ce bide sidéral, cet insuccès toutefois peu banal, cette faille ou plutôt faillite politique et ces vestes médiatiques -sauf le respect de Monsieur Fillon- ont commencé à se profiler dès la primaire, dont l’organisation se révéla aussi bancal que rudimentaire.

A ce jeune stade déjà, nos potentiels agents s’illustrèrent en matière d’inculture historique et économique en évitant soigneusement d’aborder les préoccupations qui taraudent pourtant l’ensemble de la population : la sécurité intérieure et la survie du pays.

Ode toutefois à Bruno Le Maire qui de bonne foi a tenté de convoquer les forces vives de la France :
– en encourageant l’entreprenariat (révision de l’assistanat)
– en stimulant l’échange de valeurs (réduction de l’impôt sur les plus-values)
– en favorisant l’exploitation des nouvelles technologies (corrigeant le retard de notre pays en la matière et non de ses citoyens qui préfèrent monter leurs start-up à l’étranger)
                              – en évitant la fuite des capitaux (suppression de l’ISF).
Il fit les frais de son absence de renommée et faute d’audience, il passa certes tout à côté.

Mais non, je ne suis pas de droite, cessez de m’embêter!
Oust les opposants systématiques, les bobos récalcitrants, les revêches dogmatiques et convenus de mèche avec les ingénus qui conduisent nos sinuosités, les déphasés, assoiffés de représentativité, impudiques et autres lubriques!
Laissez-moi faire preuve d’honnêteté.

Et puis à gauche, vous n’avez pas été davantage gâtés.

Pour rappel, annonce officielle :
« Les derniers résultats de la primaire de gauche sont faux! » Polémique vile et inutile et pourtant c’est comique…
Mais enfin, comme on dit en créole : une élection sans fraude c’est comme un court bouillon sans piment, c’est pas de bol!

Vincent Peillon -lui- ne s’est pas gêné pour plagier et personne n’a relevé.
Il reprenait allègrement le Gimmick de Diam’s : « Ma France à moi »
Ca méritait un instant de considération ,)

Tant d’incompétence offense à mon sens davantage que les hasardeuses mises en examens et autres médisances malencontreuses…

L’issue de cette première étape n’a pas créé une soupape de sécurité. Mais en dépit de ce constat, je suis bien aise que lesdits « anciens », grands spécialistes de la stagnation économique, de l’anti-stratégie sociétale et de la bourde diplomatique, au rang desquels Monsieur Montebourg ne soient plus de la partie…

Venons-en au fait!
Vous allez dire que je m’entête, mais si je vous ennuie aujourd’hui, à quelques jours de la concrétisation de nos intentions, c’est pour tâcher d’empêcher le retour à l’autoritarisme avant qu’il ne soit trop tard, parce que -oui- je pense que la démocratie est menacée lorsqu’il m’est permis d’observer tant de tolérance et d’attirance à l’égard du populisme et du ségrégationnisme.

Milan Kundera développait brillamment, dans l’Insoutenable Légèreté De L’Être, ce que je résume comme suit : les mythes engendrent généralement davantage d’amour que les sentiments humains. Je le conçois aisément, Marine en est un ciment.
Soyons lucides, à aucun moment son sens de la réthorique n’est en mesure de combler ses impossibilités d’ordre économique, sociologique et technique.
Ses démonstrations d’orateur seront vaines face aux difficultés de la France et des français et il ne restera plus que l’illustration d’un simple prédicateur de la haine.

Alors -faute de chambouler les plus confirmés dans la pratique de ce sport immonde- il nous est offert une occasion supplémentaire de choisir notre monde, de nous regarder, de nous découvrir, re-découvrir, de nous souder, de nous aimer, de se comprendre, de se prendre par les épaules et de continuer à coexister de façon joyeuse, heureuse et triomphante des préjugés.

Pour ce faire, hors de question de songer à l’abstention ni même de voter blanc.
C’est un droit me répondrez-vous? Pas cette fois!

Arrow est décédé en nous laissant son bébé pour nous faire un pied de nez : le bon vieux théorème de l’Impossibilité ou la preuve mathématique du paradoxe de Condorcet.
Les élections collectives ne se veulent être transitives : leurs auteurs peuvent préférer A à B, B à C et pourtant… C à A.

Imaginez donc que le report républicain ne fonctionne pas en ce joli mois de mai, croyez-moi, nous serions bien embêtés!

Alors pour qui opter, me demanderez-vous?
Pas évident…

Fillon, Macron, Hamon, Mélenchon, ils m’ont fait la part belle, leurs noms riment tous avec « con » ,)

Bon, non, d’accord, tout n’est pas à jeter à la poubelle!
Fillon a l’expérience, Mélenchon l’intelligence, Hamon la patience, Macron la persévérance.
Mélenchon est Stalinien, Hamon plutôt Keynésien, Fillon est mis en examen et Macron plutôt mongolien.
Mais! Macron a pour lui les médias, Hamon qu’il ne se verra jamais aposer de fatwa, Fillon ne peut pas avoir davantage de tracas et Mélenchon s’assurera de mettre à la page les agnostiques et les sceptiques…ou pas!

Pauvre François Fillon… Avouez, soyez fair-play!
 On les lui aura toutes faites!
Henry de Lesquen, président du Parti national-libéral et coutumier des propos racistes, a annoncé qu’il retirait sa candidature pour soutenir François! Patatra!
Puis, c’est au tour de Jean-Marie de s’inviter à la fête!
Comme quoi, gentil n’a vraiment qu’un œil ,)

« Un Président n’a pas d’amis » affirmait Françoise Giroud…

Pour le coup, je crois que Monsieur Fillon avait alors déjà à moitié démarré le deuil de ses ambitions.
Et pourtant…
Quel sordide et répugnant moment de télévision Madame Angot nous a-t-elle forcés à vivre!
Se consacrant sorte d’accusateur public -la colère comme reflet de ses frustrations personnelles et d’un équilibre psychique douteux- loin de mettre en difficulté Monsieur Fillon, voici qu’elle lui a offert de quoi incarner sa propre défense.
L’idée -pourtant valable à mon sens- selon laquelle François Fillon aurait dû céder sa place afin que la crédiblité médiatique des Républicains n’en soit pas entachée, cette idée-là ne tient plus quand une intellectuelle déclarée (à défaut d’être avérée) balaye d’un revers de bracelet la présomption d’innocence et déverse sa fureur, le courroux de ses propres manquements moraux…
Je suis atterrée et nostalgique du temps où nos référents instruits reflétaient noblement notre gracieuse France!

Mais en vain… présomption d’innocence ou non, nous autres êtres humains sommes des moutons, peu importe les propositions et autres plans d’action, ce qui compte c’est l’identification…

Ah nos médias,
Cette institution si probe, vertueuse, morale, convenable et loyale…!
« Les soleils couchants ont toujours moins de charme que les soleils levants »

Emmanuel Macron…
Dieu que le concernant, l’on fut rond!

Son génie parfois défendu me semble être une idée avancée toutefois irrésolue…
Non pas que je n’aime pas IAM loin s’en faut, mais comme chanteraient Akhenaton, Shuriken, Kheops, Imhotep, Kephren et Freeman, entre son dysfonctionnement du langage à la limite de l’aphasie et ses emportements inopinés, notre ami novice »pisse violent dans un violon »!
Et dire que je vais devoir voter pour lui… 
’Enfin, vous voyez ce qu’on dégoise aux clients un peu benêts’.

Je n’ai pas le choix!
Cette fois, je m’attache à voter stratégique et mon sens des responsabilités me pousse à tout orchestrer -à mon humble niveau- pour que le pire soit évité.

A son bénéfice, notons qu’il eut très finement choisi son porte-parole.
Benjamin Grivaux…
Mais non, ce n’est pas parce qu’il est beau!
Quel déploiement d’éloquence et d’élégance face à l’aparaxie idéatoire perceptible et l’absence de sens pratique de son interlocuteur Florian Philippot qui n’incarne pas davantage le changement que le paillasson que je piétine allègrement depuis mes 16 ans et mon premier appartement (sans injurieuse évocation, ça va sans dire,)).

Gare à Sarko!
Pronostiquant une élimination de FF au 1er tour, Nico veut prendre immédiatement la tête de la droite pour gagner les législatives.

Eh oui…
Car il reste à répondre à la question projective : quelle majorité va-t-on nous pondre?
A période exceptionnelle, comportements citoyens exceptionnels et il se peut bien que -là où aux présidentielles les électeurs se déterminent selon des considérations primaires et relatives à la personne à coopter- il n’en soit pas de même aux législatives où bien souvent seuls les politisés, a minima de conscience, se rendent aux urnes…
Que se passerait-il donc en l’absence de majorité des 288 députés?
N’oubliez pas de choisir ceux qui s’apprêtent à légiférer!

De la didactique macro-nique, ses représentants à l’Assemblée devraient adhérer au projet « En marche » et générer autant « d’efficacité que de clarté » Quésaco mon coco ?

On est mal embarqués…

Quel que soit le sort que les urnes réservent aux candidats anti-système, la classe politique est à la veille de son plus grand renouvellement depuis le début de la Ve république en 1958.

Vous me connaissez, je suis plus communément libertaire qu’autoritaire, mais pour une fois, me voilà exhaustive et incisive, j’invective car j’ai les foies!

Ne sommes-nous pas devenus des bêtes sauvages prêtes à nous entre-dévorer, tel que le formalisait Hobbes?
Solitaires, indigents, en état de guerre permanent, notre indolence intellectuelle à l’appui, nous portons en nous le gêne de notre propre extinction, nous nous efforçons inlassablement de fomenter des putsch contre nos instincts de bonté, détruisant tout élan d’hospitalité.
Hobbes disait « L’homme est un loup pour l’homme » mais d’ajouter « L’homme est un dieu pour l’homme « .
Soyez des Dieux, soyez généreux et astucieux!
Pas d’absence, pas d’irrévérence, ni d’inélégance, n’acclamez pas les audaces grossières et vulgaires de Poutou, préférez faire face et pensez ‘garde-fou’!

Quant à moi, on me dit souvent « bobo de gauche », c’est FAUCHE.
Je n’avais plus de rimes ,)
Bobo-nne soirée quand même!

Pervers!

La séduction -de tout temps- fut affaire de manipulation.
Pour autant, faut-il être résolument pervers pour réprouver l’immense affection que -sincère- l’on éprouvait pourtant!
A-t-il formulé le voeu de faire cesser l’intense battement de coeur qui -devenant pénible- le bousculait?
Espérait-il se défendre d’une douleur possible?
Cette flamme -qui eut l’allure d’un amour et se voulait prendre l’apparence de la plus pure des ardeurs- s’est éteinte.
Notre étreinte, la chaleur d’une si belle tendresse -telle une caresse à l’âme- pour toujours s’est interrompue.

Classique, me direz-vous?
Détrompez-vous! Ca ne l’est jamais avec un sadique narcissique.

Oui, c’est bien cela dont il est question.
En voici mon analyse, un fait d’inductions!

Non, je ne pallie pas l’absence d’une thérapie; non seulement je la suis, mais en plus ce n’est pas de moi dont il s’agit! …Pas uniquement de moi ,)
Je ne réalise pas non plus mon introspection en m’épanchant sur papier; moi, égocentrée, vous plaisantez? ,)

Je vais donc vous épargner mes sujets de dépression chronique et préférer vous livrer l’objet d’une de mes observations critiques.

L’on aime davantage prêter aux autres les visages qu’il est bon de recéler au lieu de les assumer.
Mais enfin, c’est mieux ainsi comme l’explique Boris Cyrulnik : il est de bon augure de vouloir faire bonne figure aux nôtres! L’homme malsain, lui -et c’est pire- est tout à fait éhonté, puisqu’il n’existe aucune altérité, aucune réciprocité dans son monde enchanté : le voisin n’est qu’un pantin destiné à nourrir son plaisir.

Il va sans dire que pour ce satyre, le désir de l’autre n’est ni à considérer, ni à élaborer : méprisé, ballotté, maîtrisé puis peu à peu, peur à peur, automatisé, de sujet qu’il était, cet autre s’est transformé en objet au gré des désidératas de ce destructeur de personnalité.

Tout au mieux, notre autre dénaturé et domestiqué tel un animal aura le droit d’être le pâle reflet de ce que le mauvais souhaite magnifier.
Ce dernier distingue dans le regard de sa proie un mirage : par l’artifice de tant de fascination, d’admiration, d’égards et de soummission, ce dingue -se sentant adulé- se trouve soudainement une image aimable.

Formidable, invraisemblable, insupportable…!

Mais cet asservissement ne pourrait avoir total effet si le malfaisant ne s’efforçait pas de rendre son client tout à fait dépendant.
Comment s’y prend-il?
Facile!
Voici la recette -commune à tous les prédateurs- de ce miroir aux alouettes : une monstruosité préméditée, habileté et virtuosité au service de ses vices!

Cibler, mobiliser, chaperonner, dénigrer, diminuer voire écraser, se montrer conforme en société, transposer, victimiser sa pomme, apporter soi-même le soluté, ne jamais abandonner.

– Règle numéro une : choisir un ange, une fée ou un totem de bonté comme objet.

Qui mieux qu’une bonne personne, douée d’un sens des responsabilités, dotée d’un idéal éthique et d’aspirations utopiques, portant en elle la plus belle des conceptions du bonheur et de la justice pour de bon coeur consentir à tant de sacrifices, subir son avarice et ses caprices, éponger névroses et les pires psychoses?

Est-ce à dire qu’il conviendrait de renoncer à toute forme de billevesées, d’espérances satinées, ou de confiance partagée pour se contenter d’une fade réalité?
Evidemment que non, aucune progression, aucune réalisation n’existerait sans la pommade des souhaits et illusions.
L’adoration elle-même se construit depuis eux.
Aucune relation, aucun amour ne sont alimentés sans le jeu de l’illusion.
Dieu en est le témoin et le gardien, un truisme garant de l’altruisme.

Ceci posé et en dépit de ce que je viens d’exposer, il est patent que face à la monomanie et à la schizophrénie, aux confusions, obsessions et à ce guets-apens latent, le recours à l’illusion soit proscrit à la faveur de la connaissance et de la conscience de son agresseur.

– Règle numéro deux : se confier, s’épancher, faire pitié, en appeler aux instincts protecteurs de son « mal-aimé » de fait.

La vie l’oppresse, les siens l’oppriment, la perversité des volontés, la noirceur des intérieurs, la fatalité et l’adversité se sont liguées contre lui.
Il est le gibier parfait, le butin d’un lutin sorcier!
Et il n’y a que toi pour le soigner, seul(e) toi peut le sauver, sans toi sa vie est terminée.

C’est dire le privilège qu’il t’offre face au sacrilège qui lui est commis!
Tant de considération mélangée à de l’obligation que de refuser serait hérésie!
Mouais…

– Règle numéro trois : Rabaisser, déprécier, inférioriser, blesser, discréditer, vilipender, épuiser, annuler pour acquérir une meilleure estime de soi, sursoir provisoirement à sa propre détestation, conquérir le pouvoir, avide d’approbation, sans compassion!

Hystérique, paranoïaque, patraque… Autant de qualificatifs pour désigner celle ou celui que soudainement il n’aurait pas choisi ni volontairement embrassé(e), mais qui lui aurait été imposé(e) par la vie.
Pourtant, ne serait-ce pas lui qui serait toxique, dans cette relation à sens unique au sein de laquelle tout est inique, a fortiori ses récurrentes critiques?

A l’appui de son émouvante argumentation, de sa touchante démonstration de l’anti-romance qui lui est infligée -avis d’expert- son éloquence comme corollaire à l’acte pervers.

Notre narcissique cultive le verbe acerbe pour culpabiliser, déstabiliser et servir son ultime vérité!

Sans compter qu’il a sélectionné un partenaire d’une humilité sans pareil, qui -non convaincu de sa valeur, loin s’en faut- sera sans aucun doute persuadé de ce qu’au vu de ses failles, quelques entailles au coeur de la part de son soleil constituent un salut à ses yeux, l’éventualité d’être aimé. Enfin il parait…

– Règle numéro quatre : être suffisamment vicieux pour se prémunir correctement contre le fait que son souffre-douleur pourrait bien utiliser son « savoir parler » et se confier.

Deux étapes s’avèrent plus prudentes qu’une seule!
Première soupape : se montrer séducteur, socialisé, joyeux, généreux, désintéressé, voire même plaisant et amusant, afin de neutraliser les peurs de l’environnement de son bouc-émissaire, ça va de soi!
Il réfléchit, il faut qu’il renvoie une forme de normalité qui nous endorme, son meilleur alibi.

Deuxième chape : éloigner subtilement les plus profonds attachements, la famille, les amis, ceux qui pourraient être alertés par un changement de comportement, ceux pour qui la compréhension ne serait pas abscons : railler, désavouer, puis menacer et se rendre indispensable.
Le succès est inévitable!

– Règle numéro cinq : trouver une façon organisée et efficiente de se défendre de toute douleur pour préférer prétendre subir et ressentir de la rancoeur, expulser ses propres démons et les faire couver ailleurs, tiens, pourquoi pas par l’autre con en face de soi.

Le plus efficace reste pour cela de pousser sa victime à bout jusque dans ses retranchements, de telle façon qu’il ne lui reste plus d’autre choix que de devenir à son tour assaillant et qu’il advienne raisonnable de penser qu’elle fut de tout temps responsable de l’état de ce pauvre petit innocent qui dut se forger une carapace!
Pas fou notre sain rebelle!

De mains de maître, de bourreau le voici bibelot, torturé, si longtemps muselé, inféodé à la menace de tout son être.

– Règle numéro six : c’est pas grave! Il ne vous en veut pas, il a la solution!
Vous allez vous vouer à réparer ce que vous avez maladroitement cassé.

Il vous aime encore voyons, à vous de l’aimer plus fort : vous portez en vous les propriétés de la résolution de tous vos problèmes… à condition de faire des efforts tout de même!

Quelle ironie!
Vous êtes avertis du danger et pourtant vous verrez que vous vous y tiendrez et vous vous enchaînerez encore et encore car rien ne vous paraît plus dur que de le laisser s’en aller.

Et pourtant… rien n’est plus sûr que jamais il ne le ferait!

– Règle numéro sept : vous êtes dompté(e), je ne vois pas pourquoi il vous détacherait?

Le travail est terminé, il ne lui reste plus qu’à s’attacher à détruire indéfiniment votre vie et abolir les moindres résidus de vos envies jusqu’à ce qu’il n’en existe plus et ce à l’infini…
Et voilà, pire que de devenir à ton tour dépravé(e) ou simplement dénaturé(e), voici seulement que ton âme s’est habituée et c’est là le drame!

Alors je t’en supplie, je t’en supplie mon ami(e), entends mes silences, offre-toi une renaissance, tu le mérites plus qui que ce soit ici bas!

Lis, ris, chante, réinvente, vis!
Ne troque pas tes idées contre une sécurité en toque, ne t’empêche jamais, laisse-toi déborder d’amour et de gaieté, je suis là pour t ‘épauler!

Et tu sais quoi, n’enterre jamais tes illusions et ne renonce pas davantage!
Trouve ton propre désert, celui qui ne ment pas, qui ne revêt aucun déguisement, ni ne s’habille de faux-fuyants, mais qui te permet tous les mirages et qui sans invective t’ouvre les plus grandes perspectives.

Bon courage!

Ton amie….

Dites-moi si je me Trump!

J’aime attendre que passe un temps équivalent à celui que nous estimons indispensable pour s’assurer d’une digestion efficace avant de m’exprimer sur un sujet de masse. C’est préférable… Puis, quand la fontaine est tarie, même la chienne y chie… Ce n’est pas vilain, c’est un proverbe italien!

Il convient donc d’abord que je redevienne tendre et affable comme je sais si bien l’être.

Trump…
Et gronda le tonnerre, trembla la terre, résonnèrent les cris des derniers rescapés de la Shoah, qui de concert s’étaient efforcés de dénoncer le caractère délétère des propositions d’exclusions de celui qui avait soudain pour projet de les gouverner.

Exit toute forme de civisme, set foot in a world où l’ostracisme est la norme!

Combien ai-je déjà pu lire que le choix d’un connard en costume -ah non, c’est un canard en costume que vous dites? Ce n’est pas bien pire!- bref, que l’élection politique d’une oie pour veiller sur les Etats-Unis d’Amérique et son public revêtait une dimension mystique, remplissait une fonction prophétique : chez mes cousins, il s’agirait du chaos pré-califat islamique, chez mes frangins méchikhistes, le signe annonciateur voire le Gouverneur légalement élu pour délivrer le communiqué divin.

Qu’est-ce que je trouve ça triste! Non franchement, si l’envoyé de Dieu doit porter comme sceau trois ravalements de museau savamment loupés qui n’ont toujours pas achevé sa volonté de cesser de ressembler à un porc et autant de douches d’auto-bronzant par semaine qu’il ne se l’agite sur les mexicaines, eh bien je rends sans regrets mon passeport pour l’éternité.

Certes, si Hillary devait représenter la Démocratie, certains se sont sentis bien inspirés de lui préférer la peste, mais alors si cette désignation est la réalisation d’une prophétie, je la trouve davantage funeste; et si comme nous le savons, son ramage se rapporte à son plumage, vous êtes le Phénix des hôtes du roi des cons!

« Un homme d’affaires à succès, un milliardaire fraichement retiré du domaine immobilier, une aubaine pour l’économie! »
« Mais non, il n’est pas vraiment ami avec Berlusconi!» « Mais si, il est vachement calé! »
«  Ah non, sa compréhension des problématiques internationales n’est pas sommaire, ni ses fréquentations abyssales, précaires et pour le moins déloyales!
Pour preuve, il est au moins copain avec Kim-Jung-Un et Vladimir Poutine, c’est dire s’il est malin! »

Les voici compagnons de vie, au nom de la raison…

Pas de place pour les émotions, dans le grand palace des compromissions!
Depuis quand la vérité s’intéresse-t-elle aux sujets de société? Non, mais…

Ainsi, notre technicien bonimenteur, vouant pour l’heure une considération toute particulière à la dialectique, devient expert en tergiversations.
D’ailleurs Donald était-il soutien de Ronald ou avait-il songé à se rapprocher de papa George? Etait-il républicain ou réformiste? Puis autiste, isolationniste, complotiste ou démocrate? Autocrate ou à nouveau républicain? Conservateur ou novateur? Nieto ou réduite?(si, c’est mignon,))

Par suite, tout au long de la campagne, vêtu de son pagne « Minorities Fucker », Donald Trump s’emploie à méticuleusement hésiter mais sans ânonner, patauger mais sans chanceler avec tant de fermeté…

Un coup, il convient de diminuer significativement la participation en argent des Etats-unis auprès de l’Otan et des Nations-Unies, l’instant d’après il serait temps de renforcer l’effort financier de lutte contre le terrorisme dans le prisme desdites institutions, voyons!

Un coup, il entend démilitariser les régions envahies par Barack et Hillary -dans la même barque asserte-t-il- l’instant d’après se saisir manu militari des puits de pétrôle irakiens et syriens, sans en accueillir les réfugiés, pensez-vous!

Un coup, il est pro-israélien, l’instant d’après pour la neutralité du conflit israélo-palestinien, enfin!

Un coup, il milite pour le démantèlement de l’accord nucléaire conclu entre l’Iran et les puissants, l’instant d’après il assume ce dernier, bien qu’il le juge mauvais, le tour est joué!

Un coup il enjoignait de s’engager en Lybie à l’encontre de Mouammar Kadhafi, l’instant d’après le voici en train de nier l’avoir encouragé.

Un coup, il aspire à normaliser les vaines relations avec Cuba, l’instant d’après, il souscrit à pire projet: celui d’y fermer l’Ambassade américaine.

Un coup, il désire punir les femmes coupables d’avortement tardifs, l’instant d’après -passé au crible par l’opinion publique qui crie « infamie »- il remonte sur l’estrade pour proposer d’accabler le chirurgien-obstétricien responsable de l’abomination.

Un coup, il aspire son rail de cocaïne, l’instant d’après, il aspire à ce que la consommation de stupéfiants ne soit accordée qu’en cas de curiosité maladive.

Et la liste n’est pas exhaustive!

Tout de suite après l’élection, une première allocution, et le voilà déjà tempéré! Ne pourrait-il pas se respecter?

Nous voici arrivés au sujet qui suscite ma passion; vous savez bien que je préfère philosopher que de battre le fer avec les analystes de renom et spécialistes de la question que je n’ai pas la prétention de talonner, ni gloser sur l’absence de précision des sondages qui ne partagent l’avis que de moins d’un dizième de la population car je ne serais pas loin d’être l’antépénultième.

L’objet de mes préoccupations : la fiabilité.

Pour évidence, il est déraisonnable de se fier à une personne dont les dispositions affectives et effectives s’avèrent instables car tes nerfs jamais tu n’illusionnes!

Pour éloquent que votre interlocuteur eut été, parfois il vous est bien inspiré de vous fier à vos seuls sentiments, ils sont or car alors aucun grand parleur ne saurait vous faire oublier les éléments du passé, ceux gravés, là ,tout au bord de votre inconscient.

Ce que vous caressez sur la pointe de votre coeur, cette chaleur palpable, n’est autre que votre propre intégrité, c’est votre éclaireur, votre berger; et votre générosité adjointe -si tant et que l’autre ne la juge pas impropre- elle est aussi un formidable éducateur.

Ainsi votre force morale peu commune ne saurait être trompée par une démonstration verbale opportune, ni par quelconque fortune.

Il vaut mieux alors se fier à un cheval sans bride qu’à un discours sans ordre car augmenter le volume pour semer le désordre ne fait pas triompher les pensées et mieux vaut-il encore se faire plume sur le bitume!

Vous comprenez à présent pourquoi j’ai appris à boxer: se confronter au pire sans mentir, ça n’a pas de prix!

Mais ne peut-on accorder de la crédibilité qu’à notre seul ami, j’ai nommé « soi »?

Espérons que non! Sénéque assurait : « l’erreur est aussi grande de se fier à tous que de se défier de tous ».

Il est aussi essentiel pour l’être humain de croire en sa belle qu’en ses propres instincts.

Pour revenir à nos aventuriers politiciens, s’il est sagesse de se méfier de ceux qui se sont proposés pour nous gouverner, combien pire encore serait-ce hardiesse pour eux de se fier à leurs administrés dont, franchement, la fidélité et le dévouement sont mauvais placement!

Quand le renard se met à prêcher, gare aux poules…

La fiabilité corollaire du besoin de sécurité, oui mais pas que… le respect de la parole donnée comme vertu, gage de qualité, oeuvre de sainteté!
Non, je n’ai pas bu!

Un homme de coeur tient ses valeurs jusqu’au bout de ses idées et convictions sans jamais y sursoir, à la lumière de son éducation et tant pis s’il se sent esseulé, tant pis s’il lui est alloué naïveté, ingénuité ou inexpérimenté. A force de les affirmer et de les réaffirmer, le monde finira bien par se ranger à ses côtés et le mimer!

Chers voisins, maintenant que le voici tête du pays, n’allez pas vous défier de lui!
N’y a-t-il rien de plus propice que l’amnésie sélective? Souvenez-vous que les reproches éraflent, là où l’ingratitude et son injustice corrélative écharpent. Adoptez une attitude objective! N’allez pas lui reprocher de mal offrir si vous vous montrez pire!
Ah Moshé et Mahomet nous avaient prévenus, l’être humain perd prestement la mémoire instantanée, excepté lorsqu’il s’agit d’être inélégant!

Regardez-la derrière son écran en train de prodiguer des leçons! Une chose est proclamation, autre chose est l’action!
Quelle prétention! Se conforme-t-elle à ses propres prédications?

Retenez que s’il fallait se fier à ce que le poète déclame pour deviner ce dont il se réclame, sans doute qu’on se trumperait un peu…

A l’épreuve de la conscience

Ah bon? On a trouvé une épreuve qui t’afflige, qui te fige au moins un peu? Mais non, sois courageux, ce n’est pas douloureux, ce n’est que ton imagination, une fausse information qui abreuve ton cerveau en quête de repos.
Relève-toi, l’oisiveté c’est pêché! Cesse donc d’être ta propre punition! Voilà la preuve que tu n’es pas exempt de bénédictions, profites-en, corrige-toi!

Dors, il est tard! Un cauchemar? Encore? Tu ne t’accordes jamais de trêve toi, ce n’est pas possible! J’entends que c’est pénible, je te promets, mais tu ne vas pas rester dressé, les yeux grands ouverts, appuyé contre le sommier, demain matin tu vas te réveiller tout vert! Attends, j’ai une idée : et si lors du prochain voyage en enfer, tu accrochais une corde à un rêve afin de t’extraire de cet engrenage?
Etre prévoyant, ça peut-être salutaire!

L’indifférence, une offense? Tu plaisantes quelle chance! Souffre en silence! A quoi cela te sert que les autres te mentent? Qui saurait porter tes tourments? Autrui s’apprend! Tu as le temps…
Il semblerait que tu aies guéri bien vingt ans avant que quelqu’un n’ait sincèrement compati! Vingt années; elles sont passées comme une fusée! Tiens, on est en été!

Définitivement, shut! Il faut te taire, reste ton seul propriétaire!
Euh, tu peux respirer quand même, il ne s’agit pas d’être mutique! Ils vont encore penser que c’est une tactique volontairement érotique.
Inspire, expire, sois sémillant, tonique! Parfait!
C’est dingue ce qu’endurer te confère un air intelligent!

Tu craignais que le monde ne continue à t’ignorer, combien davantage tu aurais dû t’armer contre le succès, cette longue étendue sur laquelle tu ne rencontres qu’envies et fourberies!
Maintenant que tu as compris, qu’il va te faire bon de ne plus avaler que quelconque forme d’admiration qui encense puisse trouver un prolongement affectif et son intérêt conforme en sus!
En somme, voici une leçon qui t’a rendu plus vif, qu’en penses-tu?

Quel seuil tu évoques? On s’en moque! Là c’est ton orgueil qui te provoque! Nourrirais-tu une gloriole aigüe? Ils ne t’ont pas attendu pour se servir! il faut dire que tu leur en proposes des singeries! Combien tu as passé de couches de vernis sur ta figure? Allez, balance une couverture de vitriole sur toutes tes peintures, si tu oses? Lâche le briquet, veux-tu!
Tu n’avais qu’à pas aller à contre-courant de ce qui leur semble évident, non mais!

Tu es vraiment persuadé que tu es en mesure de gouverner tes passions, tes pulsions? Arrête! Laisse aux autres l’enthousiasme de cette aberration! Nul ne peut s’ériger Maître du hasard!
Que les fantasmes sont féconds quand on est con!
Les veinards… C’est si doux le néant!
Ton coeur mon grand -lui- ne peut sursoir à la création de tant de malheurs à partir… à partir de quoi déjà? Ah oui de l’inexistant…

Elle est belle non? Elle est merveilleusement belle? Elle est tellement belle en dedans!
Pourquoi tu te forces à ne pas la regarder? Ah, tu risquerais de rencontrer ta propre humanité? Fais gaffe, tu vas trébucher et te casser les dents!
Cours en arrière, ne te retourne guère! Préserve-la, elle n’est qu’une petite feuille qui n’a encore subi en son corps les affres du vent! Ne la laisse pas trouver la combinaison de ton coffre-fort! Fuis, ne saisis pas l’occasion, continue de te venger de ton passé, laisse périr ton désir et mourir ton âme dans une sécheresse infinie!

Oserais-je te rappeler que la prouesse, l’hardiesse n’est pas de mourir mais de vivre?… vivre, exister, espérer, lutter, se ramasser, se relever, se dompter, s’abandonner, progresser, danser, chanter, tu adores chanter, dépasser sa propre réalité et aimer, aimer sans méfiance, aimer à s’en oublier et à en crever.

Je te fréquente depuis un certain temps, je te ressens, je suis au fait que tu ne peux ignorer le cri de ceux que profondément tu te sais aimer. Que veux-tu, certains sont appelés à soulager ceux qui auraient succombé aux chagrins recelés que tu leur as si généreusement soustraits!

Je sais, je le sais que tu as mal.
Lève ton visage, non ce n’est pas banal, pourtant ce n’est pas un mirage!
C’est un petit bout de ciel qui descend vers toi, un petit peu d’apaisement, un petit pot de miel pour ce héros insondable et remarquable, cet être singulier que tu as toujours été.

Shut, reste silencieux et tout ira bien! Dans les tréfonds de ton merveilleux profond, tout ira bien!
Il n’est si longue épreuve qui ne touche à sa fin.

Ta conscience

A travers mes yeux d’enfant

Il était une fois un petit garçon juif religieux israélien à qui la foi était déjà imposée -comme s’il était possible d’être sciemment croyant à quatre ans- et un enfant musulman pratiquant palestinien dont les positions étaient déjà dictées- comme s’il était loisible en conscience de se forger une opinion à huit ans.
Pourtant, ces deux petits poussins susceptibles de me dédaigner ou mieux de me boycotter par inclinaison pilotée, allaient tous deux s’accrocher à moi, pour ne plus vouloir se priver de mon amour.

Mercredi dernier… Oui c’est ça mercredi dernier… Je me rends à l’hôpital Mayanei Hayeshoua à Bnei Brak, la Ville de Dieu comme ils la nomment… Pff, tu parles d’une arnaque, la ville des braques oui, de ceux qui n’ont rien entendu d’une religion de vie et de sa philosophie, de ceux qui n’en ont retenu que le brumeux, le superstitieux à la pelle, en omettant l’essentiel, le pourquoi de son existence, son unique sens et sa mission : l’homme, les hommes et leur bien vivre entre eux.

J’arrive donc à l’hôpital, ambassadrice pour ces précieuses secondes des Rois du Monde, fabuleuse association génératrice d’un travail monumental et tellement substantiel : ces fées – chacune maman d’un ou plusieurs enfants- offrent de leur temps aux enfants de toute confession, hospitalisés ou résidant en foyer, amenant avec elles jouets, animations et tout autre instrument d’évasion.
Elles forcent l’admiration non?

Tel un facteur d’instants de bonheur, j’arrive donc à l’hôpital, je me rends dans le service concerné, me recense auprès du personnel compétent et peut enfin aller jouer avec les enfants dans l’espace dédié… enfin il ne s’agira pas non plus de folâtrer! Les pauvres « mini logés » seront appelés un par un, comme à l’armée. Comprenez ce que vous voudrez!

La surveillante en chef me rabrouera plusieurs fois pour outrepasser « bézef » les consignes édictées : « Tu ne peux pas toucher les enfants !» un peu comme au musée vous voyez? Il était évident que je n’allais pas me priver de les câliner!

Heureusement, une maman qui veillait son enfant, pas la moins pieuse pourtant, a décidé d’intercéder en ma faveur et m’a fait l’honneur de laisser son petit ange me prendre par la main pour me raconter ses chagrins.
Mû par beaucoup de profondeur et de vigueur, par tant de finesse et d’hardiesse, le trésor luttait fort contre les insuffisances de son coeur, en attendant qu’on le lui change.

Pouvait-on deviner qu’il souffrait à l’observer ainsi s’amuser? Jamais!
Me pensait-il laïciste, laxiste ou seulement antagoniste à ses us? Pas plus!

Il a partagé avec moi ses maux, ses cadeaux, ses rires les plus beaux et quand je dus partir, il m’a serrée fort contre son corps endolori et il m’a simplement souri.
Peut-être ai-je été son premier amour? Mais est-ce vraiment gênant?
Lui, assurément, sera un des miens, pour toujours!

Je me dirige vers Jaffa et avant de regagner mon appartement et pour me remettre de mes émotions, j’opte pour un bain sur la côte orientale de la Mer Méditerranée.
Quelques enfants jouent ici et là, relâchent la pression, se poussent, s’éclaboussent et s’escarmouchent.

L’un d’entre eux semble faire ses premières brasses. Ses copains -intransigeance de l’âge oblige- le grimacent puis s’en débarrassent.
De loin, j’en suis le témoin.
Le petit coeur se met à crier d’effroi. Pourtant il sait nager, mais seul au beau milieu de cet inconnu étendu à l’infini, comment ne pas agréer ses peurs?
J’étais davantage compatissante alors, que téméraire comme je suis, je m’étais enquise trois fois et encore, auprès du sauveteur en mer, du point de savoir si les méduses n’en avaient pas déjà fait à leur guise et étaient venues nous envahir.

« Ata Mefahed? » Je tente en hébreu.

« Anta M’haouef? » Je rattrape avec mon arabe approximatif.

« Oui » , me répond-il en arabe, en me sautant dans les bras.
Je tentai de le rassurer de par toute ma tendresse et mes caresses.
Il s’était agrippé à moi comme si j’étais le rempart à tous les dangers et il ne voulait plus me lâcher. Et moi, me demanderez-vous? Je ne l’avais même pas envisagé.

Il a passé un long moment, son regard apaisé par nos deux mains entrelacées, à me raconter qu’il venait de là-bas, de l’autre côté et qu’il avait traversé le mur, comme souvent « bien sûr » m’asserta-t-il, pour rendre visite à sa famille, qui vit ici, à Jaffa, cette ville séculaire, majestueuse et harmonieuse où cohabitent juifs et musulmans, en paix et sans tourments…la plupart du temps!

Etait-il malheureux ou différent des autres enfants qui composent l’univers? Il affirmait le contraire.
S’était-il soucié de ma judéité lorsqu’il s’était réfugié contre mon sein? Non, cela va de soi! Comment c’aurait pu être un frein? Un enfant c’est sain, un enfant ne voit que l’humain.

A cet instant et pour l’éternité, je me suis fait une promesse, non mieux une délicatesse, celle que jamais je ne cesserai d’éprouver au travers de mon âme d’enfant, que jamais mes yeux ne distingueraient autrement.
On me traitera d’ingénue, ce n’est pas grave, car je préfère encore y avoir cru que de me livrer de bon gré aux idées reçues.

A ces deux enfants…

Lettre à un inconnu, que j’ai si bien connu (Ode à la passion)

Je sais,
Je sais bien qu’il ne se fait pas d’envoyer des courriers.
Ce n’est plus d’actualité… il paraît.
Cela pourrait presque sembler intrusif à une époque où tout un pan de réseau connait ton intimité, que tu le veuilles ou non, que tu te prêtes au jeu ou que tu tentes d’y échapper.
Moi-même si j’en recevais une fournée… de lettres habitées, hantées par un bout d’âme de celui qui me les enverrait, je crois qu’il ne m’en faudrait pas davantage pour porter plainte contre l’envahisseur, l’assaillant de ma tranquillité ou plutôt non de mon antre déjà suffisamment tourmentée.
Mais puisque j’ai changé d’espace, c’est un peu alors comme si j’avais traversé les temps et que j’étais soudain autorisée à déborder, comme si une sorte de contre temps ou un autre temps permettait que j’outrepasse cette interdiction morale de l’intrusion, de la déballe.
Je sais ce que tu te dis, mais non, je t’assure que non, ce n’est pas une tentative supplémentaire de rassurer mon ego troublé, d’apaiser mon aura un peu malmenée. C’est surprenant mais nan! J’y ai bien songé mais je suis courtisée -tu le sais- assez pour accepter qu’une fois tout n’ait pas été comme je l’avais imaginé.
En ce moment, là, à cet instant au cours duquel je t’écris, j’écoute Yasmin Levy; elle m’émeut tant! Je ne dois pas être la seule à la sentir c’est sûr, mais je veux penser que quand je respire, c’est à mon souffle qu’elle raconte une histoire, que ce sont mes blessures qu’elle emmitoufle dans un grand drap noir… de soie, ça va de soi!
C’est peut-être un peu mélancolique, assez nostalgique pourquoi pas, mais ce n’est pas déchirant encore moins désolant. C’est simplement transcendant.
Comme ce sentiment : il est des gens parfois – rarement mais parfois- que l’on rencontre pour la première fois et c’est comme s’ils avaient vécu en nous depuis toujours. J’en ai connu deux avant toi, un homme et une femme, une partie de moi pour l’éternité. Il ne s’agit pas d’amour, non pas du tout!
Mais évidemment toi c’est différent. L’antagonisme de genre qui nous divise ne peut supporter une telle proximité, ne peut souffrir mon axiome, mon postulat de l’énoncé « à jamais ». Non pas que je ne t’aime pas. Je t’ai aimé… non, pas comme on aime quelqu’un avec qui l’on a tant partagé mais tel un être de qualité, la belle personne que j’ai eu envie de deviner et tu n’as rien à y apporter ni à en retirer; c’était mon choix pour une fois de soupçonner, de discerner, d’éprouver, de prophétiser même tout ce que jamais tu ne m’aurais dévoilé.
J’ai changé de métier. Tu avais raison, comme toi qui étais indocile et fragile, trop fort, trop retors pour te laisser sélectionner, préférer ou rejeter, j’ai décidé également de réaliser mon destin, d’être un de ces bâtisseurs que toi et moi admirons tant.
Je crayonne sur mon papier depuis Israël, alors tu dois te dire que mes errances sont contextuelles, émotionnelles, passionnelles, pas tout à fait intentionnelles ni suffisamment préméditées ou mesurées. Mais si, si plus que jamais!
Parce qu’avant de franchir les grandes étapes de la vie, on ressent souvent la nécessité de dire des vérités à certaines personnes triées sur le volet.
Alors avant d’accepter de concevoir qu’il est bien l’heure de concevoir, c’est à toi que je veux avouer combien le temps m’effraie. Je vois bien que la caravane passe et je refuse cependant de m’y accrocher. Peut-être me pensais-je en possession du pouvoir de le suspendre, ce farceur?
C’est mon devoir. Je suis femme et pleine de savoir, il me faut transmettre, je ne peux pas me démettre. Et puis après tout, il n’y a que la pureté des enfants qui m’apporte un peu de gaieté, qui me rassérène et qui atténue mes peines. Sans doute seront-ils -les miens ou ceux que j’adopterai- mon salut, celui que jamais par ailleurs, que jamais meilleur, je n’aurais obtenu!
En attendant, cette lettre est à toi, toi qui te reconnaîtras et qui la liras à la lumière de ta fenêtre. Toi le parfait inconnu que pourtant j’ai si bien connu.
A toi, à jamais.

Français, réveille-toi!

Nous sommes vendredi après-midi et j’ai enfin un instant de répit -faisons comme si ma vie était remplie à l’excès- un instant de répit, disais-je, consacré à un florilège de choses intéressantes au rang desquelles le raccrochage à une émission tout à fait éloquente (i mean « éclairante ») sur France Culture.

Il y est question de la Loi El Khomri et de toutes les tergiversations et autres oppositions qui entourent tant son texte que son adoption, le prétexte pour engager un débat de fond sur le rapport des français à leurs corvées.
Force est de constater -à mon immense désolation- combien pour notre jeunesse, gagner son pain semble devoir rimer avec confort et plutôt qu’ils ne fassent de leur profession le terrain de jolies prouesses, les voici qui crient à la menace! Quelle tristesse!

A l’exception d’un intervenant tout à fait cohérent et visiblement brillant, un jeune avocat qui lui ne semble pas avoir perdu de bras, on se demande quel âge ont les différents participants pour miauler ainsi?

D’aucuns considèrent qu’il n’est pas nécessaire de mériter sa survie et que travailler est un dû et non un plaisir ou plutôt une sorte de punition qui ne devrait être obligation même aux fins de se nourrir, de se vêtir, de se loger, tant et si bien que la société en tant qu’entité devrait y suppléer, en être le complet relais.

D’autres encore planent autant en affirmant que nous les français, ne sommes -je cite- « pas suffisamment pris en charge ». Nul n’est besoin d’ironiser, vous savez déjà combien nous sommes les pro’ de la targe contre l’effort!

Le dernier enfin, un peu plus malin que les premiers, se fait pourtant le porte-voix pas vraiment incisif d’un machin qui se proclame collectif, collectif de la « génération précaire » .
Mais on rêve là, pincez-moi! Génération précaire? Mon dieu, mes grands-parents doivent se retourner dans leur tombe! Les leurs aussi d’ailleurs!
Mais mes aïeux, nous formons la seule génération qui n’a pas la guerre en mémoire, la seule génération qui n’a rien à reconstruire, tout à bâtir, la seule génération dont le présent est un sourire à défaut qu’elle ne sache préparer son avenir, la seule génération potache, ou plutôt tâche, pour laquelle tout a été prémâché, ruminé, chiqué, jusqu’à ce que les dents de papi mamie ne s’en trouve déchaussées, la seule génération dont tous les souhaits peuvent être exaucés et malgré tout cela, celle qui préfère y sursoir!
« Et les trente glorieuses? » allez-vous rétorquer!
Certes, la base de notre Code du Travail tel qu’édicté en 1973 (révisé suite à une ordonnance de 2007 et des dispositions réglementaires en 2008) a été édifiée à une époque où l’on ne souffrait guère du chômage, mais oserais-je vous rappeler que la France dans laquelle on vivait alors n’était pas la France radieuse que nous connaissons? On sortait de la guerre, tout était à refaire! Nos parents -eux- ont été forcés de faire ce que vous détestez : travailler!
Ce n’est pas de la provoc’, c’est la stricte réalité!
Démolition, ponçage, brossage, fabrication, fondation, élévation de combien d’ouvrages! Le quartier la Défense notamment, générant des milliers d’emplois pour nos générations, on le leur doit, figurez-vous!

J’ai honte! J’ai honte que notre jeunesse représentative n’invective que pour se montrer passive et régressive, j’ai honte qu’elle demande de l’assistance au lieu de considérer sa chance.
Sa chance? Celle de vivre dans un monde au sein duquel -même en démarrant à poils- toutes les perspectives sont projectives et prérogatives; où tout le monde -même le plus con des plus cons- peut prétendre entreprendre au lieu de faire dans son froc et en sus y parvenir, ou mieux réussir!
Nous vivons à une période magnifique au cours de laquelle grimper dans une fusée qui mène jusqu’aux étoiles n’est plus seulement une hyperbole! Quelle veine nous avons!
Moi j’ai de l’appétit en votre lieu et place à tous! Je ne crois pas au génie; je ne crois qu’à l’audace, à la détermination, à la volonté, la ténacité et l’obstination qui seront fruits de mille satisfactions!
A l’instar de Virgile, je spécule « qu’un travail opiniâtre vient à bout de tout »
Mais apparemment le travail fatigue même les abrutis! Eh bien qu’on les bouscule, non mais!

J’en entends un se lamenter, exprimer sa souffrance et son mécontentement, face à l’ubérisation inique du marché et -par suite ou pour suite (ou les deux)- l’informatisation de l’ensemble des domaines d’activités!
T’a-t-on anesthésié la boîte crânienne pour qu’elle en ait perdu ses facultés et son peu d’intelligence?
Ne s’agirait-il pas là plutôt d’une aubaine au sein d’une société de services qui se crée besoins et envies à mesure qu’elle respire? N’y a-t-il pas alors un empire de possibilités qui s’offre à toi tout entier?
Une simple connexion internet et hop tu as un métier, tu peux l’apprendre -si ce n’est le comprendre- tu peux vendre, acheter, échanger, tout envisager.
Je laisse de côté le cas marginal, le scandal du sans-domicile (permettez-moi de relever que l’ajout du suffixe « fixe » est d’ailleurs bien inutile) qui lui -en revanche- mériterait davantage de respect, d’intérêt, de ménagement, d’amour, de secours ou de soutien qu’un petit billet dans sa manche ou qu’une caresse sur la tête de son chien!
Quant à la robotisation… Evidemment que le gain de temps se voit opposer la contrepartie diabolique qu’est l’humain… enfin je veux dire… la diminution du nombre de mains nécessaires pour faire fonctionner l’univers.
Mais plutôt que d’avaler de travers, pense-toi unique, car alors aucune machine ne saura remplacer ta divine apparition dans le décor ni ne contestera ta valorisation d’or!
Martin Luther King disait : « Tous les progrès sont précaires et la solution d’un problème nous confronte à un autre problème. »
Alors que ceux qui l’ont molle et qui déplacent leurs déficiences sur Monsieur « pas de bol! » aillent donc s’adresser aux immigrés de la première génération, aux français des années quarante, aux enfants d’antan qui auraient bien aimé se trouver à leur place et qui ont tant donné pour que nous évoluions avec une telle facilité! Oh oui, ça me tente qu’ils leur filent une belle correction!

J’ajouterai encore que ce qu’il y a de plus joli sur cette terre est précaire : l’amour et la poésie au premier rang si liés qu’ils sont à l’intime et au fragile -ou même les heures qui passent, le temps est vorace- tant et si bien qu’ils ne peuvent nous offrir bonheur qu’au pire de leur émanation émotive.
Pourtant force est de constater qu’ils vivent, ils vivent et survivent à l’extinction d’une génération, à la postérité, au travers d’une descendance ou encore d’une romance consacrée dans l’immortalité de Rimbaud, La fontaine, Verlaine, Voltaire, Baudelaire ou Proust.
Alors Oust les opposants systématiques, les bobos récalcitrants, les revêches dogmatiques et convenus de mèche avec les ingénus qui conduisent nos sinuosités!
Moi j’en veux encore du branlant, de l’innovant, du risqué, de la nouveauté.

Oui, le bonheur réside dans le changement!

Mais oui, j’ai bien saisi ce qui vous soucie : nos jeunes sans emploi, en galère d’affectation, pas ou trop de qualification pour cette place, les plus vieux ont déjà occupé l’espace et ont les dents acérés quand il s’agit de leurs fonctions et position.

Alors expliquez-moi pourquoi il convient de s’opposer à la Loi El Khomri?

Le point fort de ladite loi c’est la possibilité de se détâcher d’un salarié encombrant facilement : d’abord en privilégiant intérim, contrats à durée déterminée (CDD) et autres formes temporaires d’embauches par rapport au trop souvent plébiscité contrat à durée indéterminé (CDI) qui décourage l’employeur et le condamne à une certaine torpeur; ensuite en prévoyant un plafonnement des indemnités de licenciement en cas de licenciement abusif (sauf pour harcèlement bien sûr), rendant prévisible le montant alloué devant les juges des prud’hommes; enfin en élargissant les cas pris en compte avec validité dans le cadre d’un licenciement économique. Fantastique! Ce sont plutôt les anciens devenus moins compétitifs qui ont à se faire du chagrin!

Alors qu’est-ce qui vous chiffonne? Tout est élaboré pour que jamais cela ne bouchonne à l’entrée!

Ah c’est ce bon vieux sentiment d’insécurité?

Pourtant, plus de 84% des recrutements se font aujourd’hui en CDD et non en CDI, bien que le second soit plus taxé que le premier. Le travail est un cadeau mes petits agneaux!
Quand je pense que le mot « travail » tire son origine étymologique du latin « tripalium »! Vous savez l’instrument de torture à trois pieux utilisé par les romains pour punir les esclaves rebelles. Je pense qu’il va me falloir un valium!

A moins que ce qui vous rend chafouins c’est d’être contraints de faire vos preuves? Mais le challenge abreuve, sans lui vous mourriez d’ennui et il se pourrait bien que vos vices ne s’enrichissent.

Ou alors est-ce l’abandon des trente cinq heures qui vous fait peur?
Ne vous en faites pas, travail bien réparti jamais n’assassine!
La vie fleurit avec quelques épines mais ne soyez pas amère et arrêtez de faire des manières, saisissez-la par les pétales, voilà tout!

Alors oui c’est vrai, El Khomri a commis quelques maladresses, certes quelques priorités ont, elles, été inversées, le carcan juridique mal maîtrisé, mais le dessein était enfin oh combien noble au sein d’une France qui exigeait une réforme du droit du travail dans un pays plombé par une flemmardise organisée, normée et revendiquée et qui grogne dès qu’on la chatouille sous les acquis.

Certes, une disposition anticoncurrentielle sur les modifications des contrats des salariés s’y est glissée. Certes encore, la fiscalité défiante et le statut des sociétés de type startup, entreprises innovantes et autres pôles d’attractivité ont été complètement sucrés dudit projet absolument imparfait!

Mais a minima, je salue qu’elle a eu des «..ouilles »!

Alors si l’oisiveté vous sied, continuez à défiler et à vous égosiller!
Il me parait pourtant que moins d’énergie vous ne consumeriez à tâcher d’être digne de vos aînés.

A méditer!

http://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/marche-du-travail-le-plus-dur-c-est-d-y-entrer

Je prends le risque d’aimer

Coutumièrement, mon âme se maquille.
Non, elle ne ment pas!
Elle camoufle simplement ses tourments sous un frontispice de Miss bien heureuse.

Il est tard… Mon âme est soucieuse, mon souffle s’accélère à mesure que mes pensées fourmillent, mon regard s’éparpille par peur de se trouver en toi, par peur de se reconnaitre en ton être, de se plaire en ton coeur.

Et si, soudainement, audacieuse, elle décidait de prendre le risque de ne voir que toi?

La malheureuse, un moment, s’apaise, puis peu à peu, se ronge les sangs jusqu’au malaise. Non pas qu’elle réprouve ton amour, elle le ressent, lénifiant, fascinant, mais elle éprouve ce que toi tu es, parce que justement ce qu’elle voit à cet instant c’est toi.
Oui toi, toi le soleil inversé, toi le voyageur qui te démène, le promeneur d’idées qui survole la réalité, toi qui te fais le porte-parole de tant de vies brisées, toi qui te revendique de la lignée du danger comme d’autres le feraient d’une filiation rabbinique, alors qu’il s’agit davantage d’une passion que de gènes homéotiques.

Face à toi mon coeur et surtout à ces horreurs, à tous ces Amok en pleine décompensation névrotique, trop mesurés pour se faire mourrir mais bien assez chargés de frustrations pour te les faire subir, faut-il prendre le risque de sa propre vérité et de sa réplique en retour ou pire d’un soupir libéré, plus assourdissant qu’un rugissement?
Doit-on prendre le risque d’être ce que l’on est, s’y hasarder et s’en élever si tant est que l’on sache s’en relever?

Je pourrais vous proposer de vous renseigner auprès de Christian Grey, mais vous me prêteriez alors des lectures obscures, discutables et peu recommandables, que je n’ai pourtant jamais eues. Mais si, je vous jure!

« Qui ne risque rien n’a rien » adorent seriner les français et force est de saluer leur épatant discernement. Toutefois, plus prudent, nos amis québécois s’efforcent eux de définir un seuil : « qui risque un oeil les perd les deux »!
Chance et opulence pour les ambitieux…à condition d’être précautionneux.

Livrer sa vie à l’aléa, à ce qu’on ne choisit pas, c’est piquant, excitant, euphorisant même, mais qu’on le veuille ou non, l’absence de maitrise nourrit l’espérance, attise les malveillances et bien plus vite qu’on le croit, on se retrouve à courir après le train et on finit par mourir de faim.
Ah, faire confiance aux honnêtes gens déclarés, ça c’est risqué! La plus vive des insécurités se situe là, dans les promesses de ceux qui -faute d’avoir ton hardiesse- se joueront de ta profonde détermination, de ta féconde obstination, la faisant passer pour une effrontée alors qu’elle n’est que sage ténacité, la mobilisant au service de leurs propres volontés alors que la véritable bonté porte en respect le courage.

Croyez-moi, quand il ne s’agit plus de conquérir, mais d’induire à partir d’une intuition ou d’un faisceau d’éléments concordants et discordants, lorsqu’il arrive qu’il faille en réduire le champ des actions et des possibles, chaque mot et chacun de tes maux, chaque mouvement, chacun de tes haussements et de tes hochements, chaque silence seront d’une importance irréductible!

Mais après tout, ce n’est pas parce que l’on crie au loup qu’on ne finira pas par se faire dévorer.

Alors évidemment, en tant qu’artiste revendiquée, dans ma sphère douce-amère où tout est imperceptible, debout sur les planches où tout peut être capturé, incarné, habité, prononcé, agrippée à la manche de « l’oser » jusqu’aux genoux de la mort, il me serait difficile d’être crédible à me lancer dans un plaidoyer anti-péril!

Parfois c’est douloureux, mais tant mieux!

J’ai été éduquée ainsi, à la lumière de Rabbi Nahman de Bratslav qui enseignait « Ne demande pas ton chemin à celui qui le connait, tu risquerais de ne pas t’égarer » . Après tout, celui qui sait parler risque-t-il vraiment d’errer sans se retrouver?

J’ai grandi ainsi, avec Théodore Herzl pour digne modèle -accusé de propager l’antisémitisme par les uns, d’alimenter de vains utopismes par les autres- qui lutta fort pour Der Judenstaat et qui mérite que l’on se batte pour nos idéaux, nos valeurs et notre honneur, nos seuls trésors.

Alors penses-tu…
Crois-tu que quelques mal intentionnés réunis en troupeaux de moutons facétieux ont eu raison de mes rêves?
Ces humiliations -qui n’ont fait que rendre mon échec spectaculaire- n’ont pas fait moins bien que d’aiguiser ma sensibilité et me rappeler encore une fois qu’il faut éviter l’évidence au profit de ce qui se terre derrière elle, ce qui jamais ne devait être découvert mais que l’on finit par remarquer dans une absolue discrétion, savoureuse et voluptueuse.
Céder à ses « a priori «, quelle connerie! Derrière les choses résistantes, se cachent les découvertes les plus intéressantes! Pauvre science, si à votre instar, elle déployait la méfiance comme étendard!
Pour l’heure, aucun syndrome de l’imposteur, aucun sentiment d’illégitimité n’ont réussi à mettre à feu et à sang mon royaume, ni n’ont fait céder ma générosité et je me préfère cette victoire à toute forme de gloire!
Comme dirait René Char, à me regarder, ils finiront par s’habituer!

C’est vrai -bien sûr- je ne vais pas vous mentir, il m’arrive souvent de me convaincre que j’ai fait semblant de grandir et de me persuader que tout reste à accomplir. Mais je sais, je sais bien que j’ai l’âge d’arrêter d’être déçue, de cesser d’aimer et de croire en la bonté du premier venu, je le sais! Mais puis-je m’y résoudre? Non, qu’on me donne encore à en découdre!
Je ne me berce pas d’illusions, je veux juste continuer à faire l’expérience de l’émotion.
Non pas du tout, je ne me berce pas d’illusions, je suis pragmatique, je sais bien moi que l’amour n’existe pas, qu’il n’est qu’invention, un antalgique, une tactique, une douce musique pour détourner l’attention du guerrier ou panser les plaies de l’esseulé! Une pure hallucination, un mirage dont s’éprennent les créatures à tout âge qu’on les y emmène.

L’être humain tombe-t-il amoureux de ce QUELQU’UN qui le dépasse? Non, car alors nous serions sains, progressistes, utopistes mais entre de bonnes mains.
Non l’être humain s’amourachera plutôt de QUELQUE CHOSE qui le dépasse… L’insaisissable, l’indéchiffrable même à l’aide d’un bon guide en guématria -non pas l’inaccessible passé l’âge ingrat, ni le mystique, ni même le sibyllin énigmatique- non…, seulement l’inintelligible, la part imperceptible d’un diamant.

Une illusion, vous dis-je! Non pas que l’on croit ce que l’on veut voir, mais on voit ce que l’on veut croire!

Pourtant on n’aime pas celui qui n’est pas foncièrement bienveillant avec nous, on se complait dans l’illusion du sentiment d’aimer, en se persuadant qu’on a eu à faire à un Mensch, celui qui se clame aussi bien valeureux qu’il te regarde dans les yeux, celui-là même qui t’a caressé l’âme le long de quelques humeurs, embrassé le coeur pour une heure et qui ne te rappellera pas, par manque de considération sans doute ou par simple évitement peu importe.

Je parle de l’homme bien sûr. La femme, elle, ne peut pas être soupçonnée ni reprochée, puisqu’à aimer, elle y risque son honneur. A la bonne heure! ,)

Encore une fois, ne pensez pas que ce marasme ait freiné mon enthousiasme, oh non jamais! Je crois en l’humanité et je m’entêterai à aimer.
« Même si on risque de pleurer un peu lorsque l’on s’est laissé apprivoiser » disait Antoine de Saint-Exupéry par la voix du Petit Prince.

Cette semaine, c’est le premier anniversaire de ton décès ma mamie chérie, que nous avons l’intelligence de célébrer chez nous et oh combien c’est une fête quand on a eu une vie remplie et honorable comme la tienne!
Ma chère indépendante contrariée, digne épouse d’un médaillé des évadés, femme mystère et peu banale, dont la bravoure n’a d’égal que l’amour que tu portais à tes enfants, petits-enfants et à Pierre, toi qui me répétais souvent qu’il était important de me souvenir de ne jamais me marier -et je devine ce que tu as enduré, je te lisais et sais si bien ce que tu signifiais- malgré tout mamie, eh bien de là où tu es, force est de te contrarier. Je prendrai le risque d’aimer pour l’éternité!
C’est de ta faute mamie, toi qui m’as fait un papa poète pour nourrir mon idéalisme, ou l’inverse je ne sais plus très bien ,).

Je vais aimer pour l’éternité. Parce que je préfère prendre le risque d’être emportée par un trop plein de vie que de périr d’ennui.

Avec tout mon amour.

Espace Vital

La semaine qui précéda les attentats dits de Paris -ce qui suggère aisément que nous ne sommes ni les premiers ni les seuls à vivre en prenant en compte cette amère réalité d’une facilité violente et d’une normalisation écoeurante de leur commission (à se demander qui est bégueule! A bon entendeur!)-
… Bref, la semaine donc qui précéda les attentats, je me suis rendue au théâtre comme assez souvent ou tout du moins le plus souvent que mon emploi du temps veuille bien m’en offrir le loisir, c’était au Lucernaire et j’y ai vu une pièce -non un quasi conte- absolument extraordinaire.
Une chimère, un dessein évidemment irréaliste mais sans vice, une heureuse abstraction fruit de la vive imagination du brillant Israël Horovitz, une brève illusion, une trêve, certes une utopie mais d’une si jolie fantaisie, si jolie fantaisie au service d’une merveilleuse allégorie, la proposition d’un monde meilleur mais en vain, contraint d’adopter un certain pragmatisme, sans cynisme.
Il est trois heures du matin, le Chancelier Stroiber se réveille en sursaut, trempé de sueur. Il vient de concevoir un projet inouï. Il convoque les médias du monde entier et lance une invitation à six millions de juifs à venir poursuivre leur destinée en Allemagne…pour y vivre… Le message -entre outrage et hommage- sera massivement diffusé et sèmera autant d’agitation que de confusion, autant d’insurrection que d’émotion.
Avec une agilité inspirante, les trois comédiens de la Compagnie Hercub’, Sylvie Rolland, Bruno Rochette et Michel Burstin (il reçoit, le bien heureux, ma mention coup de coeur) -qui ont également adapté et mis en scène ce monstre-génie- nous emmènent en habitant non moins de cinquante personnages disposés à réagir à ce mirage: de la mère de famille des Etats-unis au révolté du Bounty, du docker au parti des Travailleurs, du rescapé de la Shoah à l’ado-tracas en pleine poussée d’acné.

Pourquoi je vous raconte tout cela me demanderez-vous?
Non, je ne suis pas devenue critique ni même prophétique.
Non ce n’est pas seulement pour faire un pied de nez à ceux qui -il y a peu- m’assénaient que la politique ne peut être porteuse de sentiments profonds quand à l’âge adulte, notre conscience est bien la première science que nous percevons mais qui nous insulte, le premier vecteur arbitraire de nos sensations de bonheur ou de mauvaise humeur.
Non ce n’est pas non plus pour opérer quelques analogies adroites mais qui vous fileraient les mains moites avec le dossier des migrants.
Ce n’est pas pour vous répéter « Plus jamais, Plus jamais! ».
Ce n’est pas pour vous rappeler que ceux qui ont fait ruiner, déporter, fusiller, enterrer nos parents, grands-parents, arrières grands-parents et autres anciens étaient des gens ORDINAIRES, des « gens ordinaires », des gens ordinaires…
Mais déjà je vous mens! Bien évidemment que c’est pour toutes ces raisons, sous couvert d’Espace Vital, que j’entreprends avec vigueur ou simplement dorlote l’aspiration que pour cet anecdote s’emballe votre coeur.

L’espace vital, le champ d’une infinité d’options et de directions, insondables, innombrables… Formidable!
En chaque point qu’il occupe, l’être humain inspire, expire, attire, admire, désire, finit par haïr, sait construire, se faire élire, mentir et détruire… Glup!
Il est donc partout le même! Partout il respire le même air, se meut dans ce corps imaginaire que l’on nomme l’Univers, partout il n’est qu’une partie du tout.
C’est forts de cette philosophie, que nous autres -les hommes- nous avons accepté la mondialisation et participé globalement (ce n’est pas un jeu de mots) gaiement à son fonctionnement.
Oh ben alors?… Pourquoi nos morts nous semblent-ils soudainement plus importants que ceux de nos jumeaux d’âme? Le Cameroun, le Mali, le Nigéria, Israël, le Yemen, la Syrie, la Mauritanie, le Liban, le Pakistan, l’Afghanistan, le Sri Lanka, la Lybie, la Turquie, la Tunisie, l’Algérie, la Russie, l’Iran, l’Irak ou l’Ouganda… Cette liste est non exhaustive… soixante-dix ans d’un destin malchanceux pour nombreux d’entre eux.
Pourquoi avons-nous attendu que nos enfants tombent, qu’explose ici la première bombe pour nous révolter…non pardon, nous émouvoir avec passivité?
Comment oserions-nous nous opposer à ce que notre tortueux Gouvernement décide d’intervenir en Syrie pour sauver nos cadets ou garantir notre sécurité au risque de provoquer le courroux de ces fous? Vous pensez qu’il est incapable d’une action ciblée? Mais bordel, c’est bien vous qui l’avait élu pour nous représenter… nous REPRESENTER! On croit rêver.
Comment pourrions-nous être si mal aimables et rejeter les nouvelles arrivées dans notre charmante contrée pour un simple aveu d’impéritie à faire le tri entre personnalités bienveillantes et malveillantes? Nos dirigeants n’avaient-ils pas été alertés et avisés de l’identité des vilains infiltrés par certains services secrets étrangers? On invoque les théories du complot, on convoque au banc des accusés ses habitués? N’est-il pas temps de coopérer et de nous renforcer plutôt que de fabuler?
Enfin, comment appelle-t-on encore les musulmans à -je cite- « se positionner » par rapport à DAECH, à « s’exprimer sur le sujet »? Vous êtes cons ou quoi! A l’émergence de cette mouvance meurtrière qui disait manger avec la cuillère d’Allah’, j’entends la requête, mais enfin à l’heure où nous savons -preuves à l’appui- que leur idéologie est abjecte et bien loin des fondements même de l’Islam, c’est infâme de faire encore l’amalgame!
Pour rappel : – Source Coran Sourate V, Verset 32 « Celui qui a tué un homme qui n’a commis aucune violence sur terre ni tué, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Celui qui Sauve un innocent, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité toute entière. » Sourate VI, Verset 151 « Ne tuez pas la personne humaine car Allah l’a déclarée sacrée »
– DAECH : Ressources estimées 2 milliards 300.000 Euros; ressources potentielles à venir reposant sur la spoliation d’oeuvres d’art, leurs exploitations en nature (pétrole, blé, coton) ou en créatures (kidnapping, esclavage sexuel) 220 milliards!
Ca ne vous met pas sur la piste? Affirmez encore que ce qui intéresse lesdits expansionnistes c’est la religion de Mohammad, Ali et compagnie et qu’ils sont des islamistes dérangés, détraqués, cinglés ou je ne sais! C’est délirant! Ce ne sont jamais que des hommes, oui des hommes, je dis bien des hommes, hors de question de leur faire la part belle, de les demi-excuser en les qualifiant autrement, des hommes je disais, avides de sang et d’argent!
Sont-ils braques? Veulent-ils une nouvelle baraque, l’Etat Islamique? Mon « hique »! Ils veulent du sexe et de l’argent, comme vous tous, vous voyez!
Ah je lis, par ci et par là qu’on les drogue avant qu’ils ne se jettent dans l’arène! Déresponsabilisons-les, bien joué! Parce qu’ils se sont retrouvés par hasard au camp d’entrainement en Syrie ou pire chez Jawad à Saint-Denis, à servir le Djihad? Ca suffit ces conneries! Le sexe et l’argent je vous dis!
Ah les Houris, ces jolies vierges du Paradis, aux yeux de perles et aux solides mamelles, quelle douce allégorie! Je vous mets donc au défi de trouver une femme de djihadistes qui soit belle comme une rose…du Paradis. Eh oui, j’ose! Aveu d’impuissance, car le Paradis, telle une romance, vole jusqu’à nos oreilles comme un symbole : il s’agit d’être soi-même parfait, sculpter notre espace à volonté, le changer en un monde meilleur, conduit par notre pureté intérieure.
La vie est beauté Abou Bakr Al-Baghdadi, admire-la, elle est bonne savoure-la, délecte-toi. Et puis mets-toi un peu de musique, je sais ça pique mais danse, entre en transe tu vas voir c’est hypnotique!
Mmmm… J’ai l’intuition que je vais recevoir une fatwa, mais qu’est-ce qu’une intuition si ce n’est que la fugacité des expériences passées?

Pour finir de les énerver, je vais vous raconter une histoire…de la Torah!
Nous connaissons tous l’injonction « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». La torah ajoute « Je suis D’ieu ». Est-ce une joute gratuite qui nous invite sévèrement à nous soumettre? Rabbi Schlomo Ben Itzhak Hatzarfati dit Rachi, brillant exégète et interprète de ces textes commentait cette sommation en narrant :
– Il était une fois deux amis qui s’aimaient sincèrement, puis la vie les sépara, l’un partit s’installer en Israël, l’autre en Turquie; jusqu’à ce qu’un jour, pris d’un sentiment de nostalgie, l’israëlien -qui avait construit son nid et avait une famille- se souvint de son ami si essentiel à sa joie. Il entreprit alors un voyage vers l’Empire Ottoman. Il se fit malheureusement arrêter à la frontière, soupçonné d’espionnage et emprisonner aussitôt. La nouvelle parut dans les journaux locaux, fit même la une et l’ami qu’il était venu retrouver, y reconnut celui avec qui il avait tant partagé. Fort d’une fortune importante et d’un certain pouvoir, il se rendit à la prison pour négocier avec le geôlier qui ne voulut sursoir au châtiment. L’ami turc proposa un arrangement, il prendrait la place du premier le temps qu’il puisse rentrer dire au revoir aux siens et ce dernier reviendrait pour supporter sa peine. Au fond, cet homme si bon offrait à son compagnon une chance de s’échapper et de ne jamais se présenter. C’était se tromper sur sa décence et son intégrité car une fois que ce dernier eût embrassé ses enfants et sa moitié, il rebroussa chemin et revint prendre sa place au cachot. Les deux amis finirent par se battre au nez du geôlier pour rester et libérer son alter ego. Le geôlier fut pris d’affection pour ces deux inconscients au coeur si grand et à l’amitié unique, si authentique. Il les relâcha tous les deux pour leur plus grand bonheur. Rachi alors nous apprend que si vous portez un respect aussi important à ceux que vous dites aimer, Dieu aura également envie de devenir votre ami.
Vous comprenez? Retirez D’ieu de l’équation si vous préférez, regardez cet enseignement comme une illustration, une figuration. Nul n’est besoin d’impliquer D’ieu ni d’avoir la foi pour comprendre qu’un sourire offre le droit à un sourire, pour entendre qu’une bonne action est la plus jolie des satisfactions.
L’espace de ta vie sera le même que tu la parcours en aimant ou en haïssant. Si tu aimes, tu récoltes ce que tu sèmes. Mais si tu invoques D’ieu, non tu convoques D’ieu, par pur égocentrisme, pour accéder à une forme d’éternité dans le temps et dans l’espace par le prisme de celui qui tu ne cesses de déranger, alors sous couvert d’immortalité, tu te bornes à vivre ta morne individualité, pris au piège dans un uniforme étriqué, tel un oiseau en cage banni de l’horizon. Pourtant, comme les plus beaux voyages sont intérieurs, les plus beaux visages sont honneur et valeur, grâce et audace, affranchis de cette contrainte du temps et de l’espace.

C’est notamment pour cette raison que j’ai accordé au théâtre une place au sein de mes passions, puisqu’il s’y trouve que mes pensées y font briller mes yeux, y habillent mon regard d’or et qu’encore elles animent mon corps lui offrant tout un boulevard pour espace de jeu. Oh combien est-il irrésistible et plein de saveur de pénétrer l’espace intérieur d’un être, son écorce, cette force invisible qu’est son esprit!
Ce n’est donc pas un hasard si cette année, les films qui m’ont le plus touchée, emportée voir ébranlée sont : Le fils de Saul et Nous trois ou rien. Il y est question d’espace: le premier en s’autorisant la création de cet espace intérieur que nous référencions, par la projection de ses derniers élans d’amour sur un enfant décédé, qu’il eut été réellement de son sang ou non; le second en élargissant son espace extérieur lorsqu’il en fut l’heure, un bout de l’histoire au service d’une reconstruction, des joies, des indignations, les larmes d’une juste révolte, le courage d’une digne colère, une main à présent tendue vers ceux qui -de près ou de loin- leur ont tant ressemblé, l’audace d’une nouvelle vie gagnée à la force du cœur dont le fil se déroulera désormais avec eux, eux qu’il est si bon d’aimer.

Alors c’est vrai nous sommes menacés et ballotés entre méfiance et alliance, entre prévoyance et défiance.
Oui c’est vrai l’état d’urgence a été décrété mais il a bien été retardé, n’aurait-il pas dû l’être à l’époque de l’affaire de cette tarlouze que l’on cite encore trop, en mars 2012, qui avait lâchement assassiné un papa, trois enfants et trois soldats? Rien n’a été fait! Pourtant, par delà l’effroi que représentent ces meurtres de sang froid, il y avait bien là un affront catégorique à la République, puisqu’il s’agissait de militaires.
Oui c’est vrai, il faut penser à « déradicaliser » comme on l’entend communément, et il faut donc éduquer, mais n’est-ce pas un peu tard? On a beau être bavards à ce sujet, ne reste-t-il plus qu’à ramasser les « peaux » cassés et encaisser? J’ai longtemps pensé détenir la solution en suggérant d’envoyer des émissaires tous les mercredi après-midi dans les lycées en difficulté et autres foyers afin de permettre aux jeunes en mal de devenir de rêver à une autre réalité, leur offrir de se construire un avenir, mais est-ce suffisant? De Gaulle, qui ne porte pas que des trophées sur son épaule, avait judicieusement proposé la création d’un « Ministère de la Politique et de la Jeunesse » afin que plus jamais ne se produise ce qui venait juste d’arriver; les communistes, pourtant parmi les cibles du démon vichyste et autres nazis, ont rendu cet intitulé inéligible pour lui préférer l’appellation de « Ministère de la Jeunesse et des Sports », les pieds dans la tête ou le cerveau dans les mollets, on était mal barrés!
Oui c’est vrai qu’on étiquette au risque de causer le tracas de ceux qui vont perdre leurs emplois: qu’il s’agisse du marquage sur les fruits qui feront perdre leurs profits à tous les palestiniens et arabes israéliens qui travaillent pour lesdites entreprises, ou l’étiquetage de la tronche de nos concitoyens, qui sont désormais traités comme des chiens et placés en marge de la société pour porter la charge d’un teint un peu trop hâlé.

Alors oui c’est vrai qu’on a peur, qu’on est de mauvaise humeur, mais si nous savons que nous n’échappons pas à la règle, si nous devinons qu’ils recommenceront, alors opérons comme tous nos jeunes voisins du monde, qui recèlent le mérite de l’intelligence et de la juste insouciance, qui se rebellent en dominant l’espace, un espace de liberté et de bonté.

C’est mon voeu, soyons comme eux, faisons de tout un régal car ce tout c’est notre espace vital!

J’en profite pour féliciter Abou Lbarae Kahtani, cinquante et un ans il y a peu, qui vient de prendre la main (euh non il ne lui a pas coupé pour l’instant) je veux dire d’épouser la belle Hind Nawaf, six ans. Pour Rappel, l’Arabie Saoudite siège à la Présidence de la digne Commission des droits de l’homme de l’ONU. Ben oui, pourquoi pas?
« Si j’avais su, j’aurais pas venu ».
Bonne soirée.

Le monde change, les choses changent, les gens changent…

Faut-il réellement attendre d’être blessé pour changer?

Lors d’une récente conférence à laquelle j’eus la chance d’assister, l’un des participants, invité à se positionner quant à l’accueil des migrants, déclara ce qui suit avec une simplicité épatante et un réalisme sans écueil.
En substance, il disait que l’arrivée des réfugiés -qu’ils bénéficient d’un statut protecteur ou qu’ils forcent la porte d’entrée- est une fatalité, un événement acté et jamais qu’une amorce à un mouvement inévitable et destiné à s’amplifier. Les tracas, le climat, les guérillas et puis mince le sens même de la globalisation des compétences en nourrissent l’appétence!
Face à cela, deux réactions sont envisageables : préférer le rejet, le repli et la peur, espérer qu’on les évince ou au contraire souhaiter que tout cela réussisse, faire preuve de solidarité, leur offrir un peu de bonheur, leur servir à manger et leur ouvrir notre cœur. Il s’agit de faire honneur à l’humanisme, courant dont nous nous revendiquons les instigateurs, de Voltaire aux Lumières, de la Renaissance à la tolérance avec un soupçon de confiance.
Vous ne serez pas étonné de lire que le dit intervenant était médecin sans frontières, mais doit-on vraiment être un individu remarquable pour sourire aux nouveaux venus?
Je n’en jetterai pas plus, vous m’avez entendue.

Ou alors, peut-être craignez-vous de vous faire manger tout cru?

Les chauffeurs de taxi crient au scandale lorsqu’Uber crée du progrès, les commerçants hurlent au vandale lorsque la toile les met à poil, même les éditeurs se font défroquer par ce sale con de 2.0.
Le livre audio, le podcast, la bouteille d’eau sur l’accoudoir, le prestataire enthousiaste, Amazone, même l’effet abrogatoire, tout y est pour que l’on te détrône en moins de temps qu’il ne t’en faudra pour être jugé, pour rembourser ta licence, rembourser ton brevet ou ton prêt, tout y est pour que tu deviennes si vite obsolète qu’il ne te reste plus qu’à faire l’aumône, des claquettes ou la queue aux Assedic!
Eh, ne soupire pas hein, c’est ça la modernité, il faut souffrir pour y avoir accès! Ca aurait pu être pire, alors sois sage tu veux? Arrête de râler et mets-toi à la page si tu ne tiens pas à faire partie du prochain abattage médiatique!
C’est vrai, elle est compliquée cette époque, davantage encore pour les anciens. N’allez pas croire que je me moque, pour moi aussi parfois c’est dur, je vous l’assure! Moi aussi d’aventure je me sens cagneuse et poussiéreuse!
C’est une révolution que nous vivons et -telle est sa fonction- les choses se modifient toujours à vive allure et les privilèges s’enfuient ou changent de mains du jour au lendemain.

Pourtant, vois-tu, à moi -jeune femme en devenir- ce constat ne m’inspire ni affolement ni tourment! Non… Il faut simplement savoir changer de nature quand change la conjoncture, bouleverser ses habitudes et même ses certitudes, explorer et en somme s’adapter, courir au-delà des continents et s’y construire un empire, sans pour autant qu’il ne s’agisse de prouesses mais bien de la jeunesse.
Tsipras le sait : un coup de poker et -l’audace à son service- il a bien titillé notre Chère Mère, l’Union Européenne (qui elle non plus n’est plus celle de ses Pères) et à défaut d’être prospère, il a « a minima » battu le fer.
Non… Moi, ce qui m’effraie ce n’est ni déménager, ni réformer, ni même altérer l’ordre existant!
Moi ce qui me met en émoi, c’est de contempler l’humanité, d’être le témoin de sa destinée et de ne distinguer plus au loin qu’une noyée.

Partout autour de moi, l’amour a laissé la place au fanatisme et l’altruisme au mutisme. Je parcours les réseaux sociaux à la recherche d’un peu de bonté et je n’y pêche que des supputations nauséabondes, d’immondes inductions en provenance de confortables et malaimables réactionnaires. Mais pour ce qui est de l’action, je repasserai…

On ne se lasse pas de remuer nos institutions, mais à quoi bon? Honoré de Balzac disait déjà de la France, qu’elle est un pays qui se plait à changer de gouvernement à condition de lui substituer son équivalent. C’est peut-être pour cela qu’elle sent le rance…
La clef est pourtant à nos pieds, il nous suffirait de nous pencher et de la ramasser, l’amour est là, derrière la porte de secours! Le contre-pied heureux aux instincts voraces et belliqueux qui secouent les ânes et contaminent les âmes, ce contre-pied se trouve dans la masse. La solution c’est l’éducation!
Changeons de maître! C’est nécessaire si nous ne voulons pas risquer de nous retrouver dans la DAECH (si elle est bien)!
A moins que cela soit ce que nous désirions pour nous-même : une vie de chien, à la botte de ceux qui répandent de fausses prêches et agitent une mascotte, pour que s’exhaussent leurs propres volontés, cupidité et souveraineté.
Changeons de maître! Apprenons à apprendre, à lire et à s’ouvrir! Soyons tolérants, humbles et indulgents. Critiquons le monde pour le faire avancer et non parce que nous le jalousons.
Changeons de maître! Changeons en nous ce que nous voulons changer autour de nous, même s’il nous faudra alors plus de courage que d’attendre que passe l’orage.

Je ne prétends pas que c’est facile! C’est difficile! Tempérer son caractère, ce n’est pas une mince affaire, c’est vrai, mais cela pourrait être si salutaire! Une sorte de conscience vive, d’expérience collective.
Oh ne va pas te cacher derrière tes déguisements ou un faux-semblant, ne masque pas tes traits ni ne grossis tes attraits à l’aide d’un bistouri, ne soustrais pas ton venin de l’oreille de ton prochain en enveloppant tes mots dans les ailes d’un oiseau, car quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer!
Si tu te décides à être bon, alors change de perception et emporte avec toi les gens de bonne foi! Et à défaut de pouvoir changer le passé, pardonnons à ceux qui nous ont offensé, vieillissons dans la dignité et apprenons à aimer, avant que quelqu’un d’autre ne soit blessé.

Avec l’espoir de changer le monde…
Un crieur des mots du coeur