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Cri du coeur

Jamais, mon amour ne quittait la maison sans m’embrasser en me susurrant un « je t’aime » amoureux, pénétrant, soupirant un feu brûlant… Ce matin là ne ferait pas exception.

J’ouvrais les yeux doucement, timidement; il était assis là, de mon côté du lit, à me regarder intensément, épris, avec admiration, vénération peut-être, transi de peur… Et moi, saisie, je relevais le buste pour l’abriter contre mon coeur, qu’un instant il n’y ait plus pour lui ni chagrins, ni douleurs, qu’il n’y ait plus qu’un peu d’apaisement, le temps d’un câlin, d’un simple câlin donné à cet homme robuste, tellement épuisé…

Naturellement, le plus naturellement que j’y parvenais, je lui souhaitais une bonne journée! Au fond de moi, je savais qu’elle ne pourrait l’être, puisque demain… demain, son sort serait scellé et que quoiqu’il en serait, un nouveau bourbier nous attendait, lui, moi, nous, aussi forts même que nous serions!

Mon amour, à plusieurs reprises, avait eu cédé à la brutalité, à la cruauté de ses états, de ceux dans lesquels il était plongé à mesure des coups qu’on lui assénait volontiers, des blessures qui s’accumulaient! Mais moi… Moi, je n’avais pas pu craquer, me laisser aller, car alors il aurait fallu l’abandonner un peu et de cela, il n’en était pas question!

Ce matin-là, alors que mon adoré s’en allait travailler comme si de rien n’était, pour ne pas trop penser, ma contenance rompait sous le poids de tant d’années d’inquiétudes, de sollicitudes, d’incertitudes, de tant d’années d’émois, de tant d’amour…

Pour la première fois, même m’instruire, écrire, besogner ou m’efforcer ne me sauverait pas! Rien ne m’ôterait cette profonde prostration! Un spleen incessant s’annonçait, jusqu’à ce moment où il rentrerait et alors mon assurance effrontée rattraperait ma décadence, pour le tranquilliser seulement.

Ce matin-là, sûrement, explorerais-je enfin des vérités que je subtilisais à ma connaissance, ou au moins à mon intelligence! En agissant sur soi -comme je m’employais constamment à le faire, par souci d’éloigner les enfers- certes on modèle, on pétrit ses progrès, son développement personnel, mais combien de temps s’écoule avant que le moule ne se brise, que l’on se trouve soudain inopérant, avant que l’on se déprime?

Nous autres, êtres-humains ne sommes pas programmés pour être des « agissants sur soi », nous autres, nous ne nous sentons complets, comblés, que lorsque nous nous transformons en agissant sur le monde. Moi, pendant tout ce temps que je consacrais à nous protéger, j’hyper fonctionnais, parce que j’aspirais à changer l’univers! Mais le seul environnement qui vacillait finalement, c’était le mien…

Ce matin-là, je ressentais contre mon gré, comme une inanition de mon être, un spleen inexplicablement soudain, foudroyant!

Ce matin-là, ce mal qui me rongeait les sangs depuis si longtemps venait de se déclarer, de se manifester authentiquement, de livrer les clés de son identification, de son propre discernement : il se faisait si longtemps que mon remède guérissant, mon mécanisme de défense opérant consistait en ce moi « agissant sur moi » pour ne rien laisser transparaitre de ce que j’éprouvais, au prix de mes aspérités, de ma singularité!

Mais demain, qu’en serait-il de mes repères ancrés? Parviendrais-je à me retrouver? Qui deviendrais-je si demain l’on m’ôtait cet à bout de forces de résister? Serais-je encore capable de progresser, d’ambitionner, de désirer?

S’il était sauvé demain, le serions-nous? Qu’adviendrait-il de nous, de nos éphémères mais sincères instants de bonheur? Existerions-nous encore face à un bracelet pour seul adversaire? Je le voulais tant!

Ce matin-là, ma douleur -auparavant comme anesthésiée, opacifiée- perdait de sa blancheur, pour s’avérer tangible. Mes maux, si solitaires, compréhensibles, pourtant imperceptibles dans leur substance, avaient retiré leur cap d’invisibilité! N’étaient-ils alors plus tout à fait invincibles?

Libeller l’adémonie n’a aucun intérêt lorsqu’elle est lovée ici dans le corps, qu’elle s’est emparée de lui, a accablé le coeur! La solitude est un état difficile à accepter; cependant, moi, je l’avais adoptée cette indéfectible sensation d’être incomprise. Elle était mon habitude! Elle nous arrangeait, nous abritait, nous soustrayait des curiosités, moi et ma dignité!

Ce matin-là, je découvrais une autre manière d’appréhender mon isolement dans un nouvel élan et un  nouveau conditionnement, comme la capacité à être en relation avec moi pour m’écouter moi, m’entendre moi, seulement. J’avais là -face à moi- l’occasion d’une nouvelle rencontre avec moi, mais le souhaitais-je vraiment? Et si dans cette entente avec moi, il n’était soudainement plus besoin de l’autre, de mon autre, mais seulement envie des autres? Quelle sensation délectable, non? Quel danger de me soustraire à cette dépendance de mon état à son état, à cet évitement de moi au profit de cette emprise arachnéenne des soucis installés!

Finalement, je m’accrochais fermement à cette vie dont j’alléguais ne plus vouloir, que qui aurait eu pu souhaiter avoir?! Parce que dans cette vie dont je ne désirais plus jamais essuyer les effets, il existait une chose à laquelle je tenais obstinément, absolument, une chose sans laquelle j’imaginais consciemment ou inconsciemment ne savoir exister. Cette chose qui me désarmerait si on la retirait c’était mon instinct de réparation : je réalisais que sûrement, sans en avoir l’intuition, je m’étais évertuée à sauver mon bien-aimé, lorsque, bien plus tôt, faute de moyens, j’avais échoué à porter secours à mon premier amour, mon papa adoré!

J’avais créé ou psychiquement avalisé à mon insu les conditions d’une répétition à visée thérapeutique! Mon absolu dévouement avait cherché à rafistoler ce passé qui m’avait échappé faute de maturité; tout ce temps, voilà ce qu’il avait produit : il avait rhabillé ma vertu!

C’est en ceci que mon amour et moi nous ressemblions tant! Supporter la vérité de nos propres afflictions et des regrets de nos proches parents supposaient tant de déplaisir, de mécontentement qu’il valait mieux un bon arrangement avec nos esprits que trop en soit dit!

Ce sont ces enfants que j’ai tant chéris, moi et lui, ce sont eux qui ont interagi souvent, chacun demandant à l’autre de prendre soin de celui qu’il avait été! Ce matin-là, j’entrevoyais que demain ce seraient ces deux enfants-là que je serais incapable de protéger… Mon accablement s’était nourri de cela, de cette féroce réalité, de ce violent affront qui demain me serait fait!

Mon amour n’avait pas eu le courage de rentrer avant le nuit tombée. Je l’ai accueilli en le serrant contre moi puis nous sommes allés nous coucher. Aucun de nous ne dormirait, mais chacun le feindrait!

Je regarde mon réveil, il est si tard… Dans quelques heures, mon amour sera jugé! 

Coutumièrement, mon âme se maquille! Non, elle ne ment pas, elle camoufle simplement ses tourments sous un frontispice de Miss bien heureuse! Mais à cet instant, elle est si soucieuse qu’elle ne le peut! Mon souffle s’accélère à mesure que mes pensées fourmillent, mon regard s’éparpille par peur de se trouver en toi, par peur que tu te réveilles et de se reconnaitre en ton être, de se plaire encore, une dernière fois en ton coeur.

La malheureuse, un moment, s’apaise, puis peu à peu, se ronge les sangs jusqu’au malaise. Non pas qu’elle réprouve ton amour, elle le ressent, lénifiant, fascinant, mais elle éprouve ce que toi tu es, parce que justement ce qu’elle voit à cet instant c’est toi.

Oui toi, toi le soleil inversé, toi le voyageur qui te démène, le promeneur d’idées qui survole l’universalité, toi qui te fais le porte-parole de tant de vies brisées, toi qui te revendique de la lignée du danger comme d’autres le feraient d’une filiation rabbinique, alors qu’il s’agit davantage d’une infection que de gènes homéotiques.

Face à toi mon coeur et surtout à ces horreurs, à tous ces Amok en pleine décompensation névrotique, trop mesurés pour se faire mourrir mais bien assez chargés de frustrations pour te les faire subir, vais-je tenir? Demain, nous prendrons le risque de la vérité et de sa réplique en retour ou pire d’un soupir libéré, plus assourdissant qu’un rugissement!

Mon amour s’est endormi! Sans bruit, mon âme chuchote à son âme :

Chéri, sois courageux, ce n’est pas douloureux, ce n’est que ton imagination, une fausse information qui abreuve ton cerveau en quête de repos!

Dors bien mon ange, il est tard! Un cauchemar? J’entends que c’est pénible, indescriptible, je te promets, mais tu ne vas pas rester dressé, les yeux grands ouverts, appuyé contre l’oreiller, demain matin tu vas te réveiller tout vert! Attends, j’ai une idée : et si lors du prochain voyage en enfer, tu accrochais une corde à un rêve afin de t’extraire de cet engrenage? Etre prévoyant, ça peut-être salutaire!

Demain, souffre en silence! Ne vis pas leur indifférence comme une offense! A quoi cela te sert que les autres te mentent? Qui saurait porter tes tourments? Il semblerait que tu aies guéri bien vingt ans avant que quelqu’un n’ait sincèrement compati! Vingt années; elles sont passées comme une fusée! Tiens, on est en été!

Tu craignais que le monde ne continue à t’ignorer, combien davantage tu aurais dû t’armer contre le succès, cette longue étendue sur laquelle tu ne rencontres qu’envies et fourberies! Maintenant que tu as compris, qu’il va te faire bon de ne plus avaler que quelconque forme d’admiration qui encense puisse trouver un prolongement affectif et son intérêt conforme en sus! En somme, voici une leçon qui t’a rendu plus vif!

Il faut dire que tu leur en auras proposé des singeries! Combien tu as passé de couches de vernis sur ta figure? Allez, balance une couverture de vitriole sur toutes tes peintures! Si tu osais… Lâche le briquet! Tu n’avais qu’à pas aller à contre-courant de ce qui leur semblait évident! Si seulement ils savaient, si seulement ils le savaient cet homme que tu es, oseraient-ils vraiment venir te chercher?

Tu étais vraiment persuadé que tu serais en mesure de gouverner ta destinée, tant de fatalité? Arrête! Laisse aux autres l’enthousiasme de cette aberration! Nul ne peut s’ériger Maître du hasard! Que les fantasmes sont féconds quand on est con! Les veinards… C’est si doux le néant! Ton coeur si grand -lui- ne peut sursoir à la création de tant de malheurs à partir… à partir de quoi déjà? Ah oui de l’inexistant…

J’étais belle non? J’étais tellement belle en dedans! Pourquoi t’es-tu forcé -longuement- à ne pas me contempler? Que risquais-tu à rencontrer ta propre humanité? Tu tenais tant à me préserver, malgré tes maladresses, ma tendresse!

La prouesse, mon amour, l’hardiesse à présent n’est pas de mourir mais de vivre, toujours! Vivre, exister, espérer, lutter, se ramasser, se relever, se dompter, s’abandonner, progresser, danser, chanter, dépasser sa propre réalité et aimer, aimer sans méfiance, aimer à s’en oublier et à en crever.

Je te fréquente depuis si longtemps, je te ressens, je suis au fait que tu ne peux ignorer le cri de ceux que profondément tu te sais aimer. Que veux-tu, certains sont appelés à soulager ceux qui auraient succombé aux chagrins recelés que tu leur as si généreusement soustraits!

Je sais, je le sais que tu as mal. Lève ton visage, non ce n’est pas banal, pourtant ce n’est pas un mirage! C’est un petit bout de ciel, c’est mon soleil qui descend vers toi, un petit peu d’apaisement, un petit pot de miel pour ce héros insondable et remarquable, cet être singulier que tu as toujours été.

Shut, reste silencieux et tout ira bien! Dans les tréfonds de ton merveilleux profond, tout ira bien! Il n’est si longue épreuve qui ne touche à sa fin.

Le lendemain matin, mon amour s’est réveillé. Je n’avais pas fermé l’oeil de la nuit, mais peu importait! Moi je savais, je le savais cet homme qu’il était!

Alors, je lui souriais, comme si de rien n’était…

Lettre ouverte à Slimane Nebchi

Je ne suis habituellement pas une fan zélée de célébrités, ni même une admiratrice enthousiaste d’artistes français! 

Une dame n’est pas fana, que cela induirait-il en terme d’accessibilité lorsqu’assurément il s’agit d’un état qui dévaste un arcane, le fruit précisément de tant de sacrifices…

Et pourtant, je n’eus d’autre choix que de contrevenir à cette posture théorique, devenue imposture empirique, lorsqu’il m’eut été donnée de découvrir l’âme d’un certain Slimane Nebchi.

La première fois que je t’écoutai Slimane, tu n’étais pas encore connu!

Peut-être avais-tu participé à un ou deux télé-crochets dont je ne suis pas spectatrice mais la saison de The Voice qui t’élirait plus tard plus belle voix de l’année, sous le regard de millions d’individus subjugués, n’avait pas encore étrenné ta sensibilité valeureuse, illimitée et intemporelle, ton intégrité rare, contagieuse, et tellement heureuse!

La première fois que je t’entendais, je suivais des cours de théâtre au sein d’une école dont les façons n’avaient malheureusement guère d’effets sur mes émotions, quoiqu’elles aient fait illustration sur nombre de jeunes gens, sans hyperbole. 

Opiniâtre, je prenais les exercices destinés à la relaxation -prémisses inévitables à l’entrée dans le vif du sujet- pour un heurt intenable à ma pudeur, a fortiori quand il était question de se toucher le corps lorsqu’intraitable, j’étais venue trouver un projectif pour mon coeur!

Puis, un jour, le Cador des lieux se fit remplacer par sa fille et elle prit le parti de nous libérer de la corvée rituelle au profit d’une nouvelle pratique, le relâchement en musique… Bonheur…

C’est ainsi qu’au milieu d’une playlist Soul-Funk de qualité, se met à psalmodier intensément un chanteur français et instantanément, des larmes se mettent à perler sur ma joue!

Est-ce parce qu’il clame l’injustice d’une stigmatisation, d’un blâme constant et inique que je réprouve tant ou simplement parce que j’éprouve déjà la sincérité unique d’un jeune garçon comme il en est tant? 

Toujours est-il que me voici marquée par ce moment d’or, celui-la-même que je cherchais avec audace en m’inscrivant dans cette classe et qui me ramasse, m’empoigne et me soigne sur un coup du sort!

Quelques mois après, je te reconnaitrai sans tergiverser après que ma meilleure amie m’ait invitée à t’écouter en replay! Tu participais alors à cette émission -de variété certes- mais que nombreux prétentieux n’ont en fait la témérité d’affronter!

Puis je te suivrai des mois, des années finalement…

Il y a dix jours, enfin, j’assistai avec enchantement à ton concert au Zénith de Paris. 

Quelque chose de frappant se produisit : tu es entré sur la scène en claironnant « pardon et merci »…

Cela parait anodin? Mais qui… qui, aujourd’hui détient l’humilité, la simplicité, le respect, la conscience et la déférence de se présenter en s’excusant auprès des siens? 

A nouveau, j’ai pleuré… Oh, pas de chagrin, de reconnaissance, d’espérance…

Mais qui es-tu petit ovni? Qui es-tu au sein de ce monde nauséabond, trop souvent intolérant et violent!

J’ai eu la sensation… une sensation qu’il est moralement interdit de partager… mais puisque je l’ai pensé et qu’il m’est rarement arrivé de taire ce qui m’a traversée… la sensation que tu ressuscitais les déportés exécutés ou décédés d’épuisement dans les camps. 

Est-il d’ordinaire admissible qu’une jeune juive ashkénaze, un peu trop sensible et n’ayant que peu affronté, ose transcrire ces mots? 

Si en sus, l’on savait que je lis régulièrement le Coran, on me prêterait une conversion ou pis une possession pour accompagner ma névrose!

Malheureusement, nous évoluons dans une société cloisonnante et sclérosante mais au risque de m’enfoncer je m’explique quant aux bases de mon analogie impulsive du pire.

Les frères de mon grand père sont décédés à Auschwitz parce qu’à tort, ils croyaient en l’humanité : l’un d’entre eux était violoniste concertiste, il était artiste, il était utile avant d’être juif, s’imaginait-il! A la bonne heure… C’était sans compter sur les ennemis du coeur qui en eurent condamné autrement….

L’homme est naïf, oui, mais seulement puisqu’il est homme!

Il en fut aussi ainsi des soeurs de mon arrière grand-mère qui refusèrent de fuir ne souhaitant rien ouïr de cette horreur qui se profilait!

La femme est crédulité, c’est vrai, mais c’est parce qu’elle est bonté!

Alors mes grands-parents -sans jamais ne rien dire de ce qu’ils subirent- prirent le contre-pied de ce qu’ils se virent infligés et nous apprirent à aimer sans juger, sans différencier, à l’intelligence du coeur, aux sincères valeurs, au reflet des yeux et à l’honneur, non à l’appartenance communautaire et c’est ici que se loge l’essence de mon judaïsme, un judaïsme de mélioration, non d’exclusion. 

C’est ce que tu es à mon sens, lorsqu’avec élégance tu refuses d’objecter face aux obscénités, peu importe ce que l’on croit!

C’est ce que tu es, lorsque sans rancoeur, tu portes en toi l’humanité, dans toute sa simplicité, dans son absolue pureté!

Il n’y a pas de mots enfantins ni de mots compliqués – réponds-tu à tes détracteurs- il n’y a que des manières de les raconter.

Si tu sais les projeter et les amener à demeurer au plus profond de ceux qui – bien heureux- ont l’étrange idée de les écouter, c’est seulement parce que tu es bon!

Alors Grande dame ou pas que j’aspire à devenir un jour, je suis pleine d’admiration saine pour toi! Il ne s’agit pas ici de faire état de ton talent insensé, de ta voix éraillée ou de ton visage d’ange mais du fond de ton tréfonds et de ton authenticité jusqu’alors non ébranlée… 

Merci,

Avec mon entière considération. 

 

Pourquoi renonce-t-on?

On aime, on est sensibles souvent, à ceux qui nous aiment déjà en amont, comme emportés par un mouvement, celui -puissant- de toute la considération, parfois l’affection, l’admiration ou la passion qui nous sont portées.
Lui, j’avais choisi de l’aimer, au premier instant, sans même que nous ne soyons prédestinés, sans même qu’il ne m’ait encore aperçue, encore moins sue!
Il était trop tard, au premier regard, j’avais deviné sa mélancolie et tant de ses attraits.
Lui, j’avais choisi de l’aimer, lui et nul autre avant!

Peut-être revêtait-il une constante aux hommes ayant soulevé mon intérêt, la seule qualité commune à tous ceux qui m’ont infiltrée, touchée, bouleversée?
Longtemps, j’ai cru qu’il s’agissait d’une forme de puissance, physique, psychique, unique, une maitrise des âmes même les plus anciennes et de la sienne, une maitrise supérieure à la mienne. Finalement, c’est d’avoir été le fer de lance, le faire valoir, l’étendard dressé sur un champ de ruines remplaçant l’absence chez l’être le plus cher de notre entourage…
Elle était là, notre mutuelle reconnaissance!
L’enfant prodige -à défaut d’être prodigue, quoique- est un loup : solitaire, méthodique, prudent et protecteur. Lorsqu’il croise un autre loup, ses repères se déplacent un peu… beaucoup…
Un temps, il se réserve, il observe pour ne pas se sentir assailli; puis il renifle, mais s’il ne s’est pas enfui ni ne s’est infligé de gifle à la façon d’un apôtre, même s’il persifle, ça y est, il vous a adopté, il vous aime pour la vie… pour l’éternité, son éternité et la vôtre.

Je n’allais pas l’épouser…lui…mais sa philosophie oui!
Il m’avait permis de renaitre une seconde fois. Il m’avait appris à renaitre encore une fois, encore une autre fois et encore toutes les fois que je me manipulerais!

Nous savions qu’ensemble nous nous détesterions comme tous ceux qui « ensemble » oublient de respirer…
Rien n’est pire que la fusion! Nous la rangeons sur l’étagère de nos désirs mais alors que nous y goûterons, nous nous apercevrons que voici une énergie mortifère que cette absence d’autonomie affective, un excès de présence effective, une forme d’étouffement par strangulation…
Nulle n’était question de se mélanger, de se dévorer ni d’une quelconque norme, il s’agissait simplement de s’adorer, de s’entraider, de se déchiffrer, de se renfermer l’un l’autre sans s’enfermer, de se percer sans se pénétrer!
Mon coeur tremble d’avouer qu’il savait interpréter le moindre de mes mouvements, les moindres de mes hochements, la moindre de mes humeurs, qu’il savait départir l’enjolivement du vraiment, qu’il me confortait, me réconfortait sans sembler s’y employer.
Il m’avait offert de me trouver un peu, de me libérer, moi la jeune fille complexée, tourmentée et introvertie.
Je lui dois d’être moi, je lui dois ma vie, celle que j’ai choisie!
Il avait renoncé à moi ce soir d’été, pour ne pas briser mes billevesées, mes irréalités, mes chimères, ce qu’il devinait être ma vie rêvée ou mes espoirs aussi illusoires qu’ils puissent avoir été!
Mon histoire, il tenait à me la laisser expérimenter, il s’assurait de ne pas me tirer vers son monde réel, trop réel. Pour lui j’étais trop belle, à tort…
Il m’avait alors gagnée pour l’éternité!

Envie de toi, envie d’émois… T’attirer? Non, y résister sans quoi je nous trahis! Y a-t-il d’autres façons d’aimer?
Aimer c’est cette rencontre d’un autre qui nous attrape et nous échappe en un même mouvement, exactement, précisément…
La dé-rencontre c’est cet ultime rendez-vous en un endroit inattendu, inconnu où ce qui se déploie alors entre l’autre et soi nous intime de nous aimer encore, pourtant…

Toutefois… me départir de toi, c’est pour moi un tour de force, sans doute l’une des adversités les plus ardues dont j’ai eues à souffrir!
Te le dire? Non, vivre l’appréhension des effets de te le dire.
Tout n’a pas été comme je l’aurais voulu! Sans doute ai-je attendu que tu tiennes la pression ou plutôt la passion des instants que nous partagions et qu’après une journée à se promener les yeux bleus d’océan, tu réclames de revenir me chercher encore…
Je le clame, oui et alors?, alors même que je m’interdisais d’obtempérer…un peu comme pour ceux qui s’aiment trop pour risquer de se désespérer.
J’ai préféré renoncer pour continuer à t’aimer sans te contraindre, sans t’éteindre.
Aujourd’hui je sais que je t’ai adoré avec une immense maturité, maturité de construction, maturité d’appréhension, habillée de mes plus saines intentions. Je sais aussi qu’il n’est plus question de t’espérer.
Souvent, longtemps, j’ai prié de te garder près de moi pour toujours. Que mon voeu soit exaucé et que nous continuions à nous inspirer s’il n’est plus permis de nous aspirer!

Après tout, souhaitions-nous vraiment une codification romantique de notre amour, l’intrusion autocratique d’un impératif de développement conformé, d’un exclusif souvent simulé?
Quel amour avions-nous réellement élu, celui d’une édification sur fond de renouvellement travaillé ou celui d’une passion, fruit de notre infini imaginé?
La combinaison en est si inhabituelle, aurions-nous été exceptionnels?

Tu auras été mon heureux hasard… Un accident? Vraiment? Mais bien sûr que non!
Comment nous sommes-nous assurés de tomber amoureux, si fort? En étant nous-mêmes dans tout notre rayonnement, radieux que nous étions alors!
L’ironie c’est que pour qu’il en soit ainsi, il faut initialement un certain détachement émotionnel à l’égard du sujet, de son regard… Ceci, tout en manifestant dans un même élan un intérêt de fond et une compréhension du profond de ce dernier.
En somme il faut être amis!
C’est ici que réside toute la complexité des liaisons de vénération, de délicatesse et de tendresse, pas aussi sommairement dans leur élaboration évidemment mais dans leur naissance, dans leur essence!
J’avais saisi cette ambiguïté, cette subtilité et je m’en servais allègrement.
Sauf qu’une fois l’âme conquise, c’était souvent la mienne qui tressaillait, prise au jeu de cette reconnaissance partagée, de cette confiance sans équivoque, mieux de cette connaissance réciproque, trop rares…
Le désir vient de là, de ce toucher sensuel d’un esprit au coeur de l’autre, de cette saisie brutale de l’instinct amoureux aux tripes de l’autre, de ce sentiment de mélange de nos sangs en un tourbillon recouvrant notre raison…

Renoncer alors?
N’est-ce pas cruel sarcasme de la vie que l’être humain soit conditionné à renoncer à tous ceux pour qui, à tout ce pour quoi, il s’enthousiasme si sincèrement, si profondément…?
On renonce par peur de tomber en désillusion ou pire de causer déception.
On renonce par honneur, parce qu’on ne s’estime pas à la hauteur de son bien-aimé.
On renonce par confort, l’inconnu est frayeur de tous les âges.
On renonce, rompu, parce qu’on l’aime trop fort, tellement fort qu’on ne sait plus s’y exposer.

Pourtant, si l’on envisage l’appréhension du renoncement c’est que la plaie est béante, violente, déchirante!
Pourquoi éviter de risquer, de prendre la mesure, au prix d’une telle blessure?

Si choisir c’est renoncer, oh combien il est insupportable, épouvantable de choisir!
Je suis meurtrie, anéantie et pourtant… me voici protégée de l’avilissement, je persiste à renoncer tant que je subsiste.
C’est inquiétant, terrifiant et pourtant… c’est en renonçant que je comprends.
C’est instruisant, élevant et pourtant… je ne peux renoncer à implorer de ne plus jamais avoir à renoncer!

Prétends-je ainsi être maitrise plutôt qu’emprise, être guerrière plutôt que prisonnière, être indomptable au prix de ce qui est admirable?
Fière, je me suis redressée, mais ne me suis-je pas plutôt dressée contre la vérité pour conserver mes illusions, l’idée que je me faisais de toi, de moi, pour confier un sens d’importance et de raison à la liberté, la volatilité de mes émotions?
Me voici à la lisière du drame et de la poésie, le corps fort et saint, l’âme abîmée, sacrifiée par l’effet d’un abandon surhumain.

Le corps, objet par excellence de renoncement! Renoncement à l’innocence, à l’insouciance…
Etroitement lié à l’affecte, nous faisons rejaillir sur lui tant de nos sensations et de nos relations à nos autres ou pire à nous autres.
Il ne s’agit pas simplement de somatiser, il y a une sous-couche encore plus inconsciente abritée par le corps.
Souvent, les personnes qui exposent leur apparence -sans forcément flirter avec le farouche ou la nudité- par le biais d’accoutrements légers ou simplement de photographies et autres selfies sont celles dont la confiance est la plus déficiente, la plus meurtrie.
Je m’explique!
Prenons, pour exemple cela va sans dire, mon cas, pas si unique!
Adolescente déjà, lorsque je sortais danser avec mes amis, je me sentais très rapidement oppressée. Pourtant, j’avais moi-même décidé de me rendre jolie, si j’y parvenais, par un choix vestimentaire et quelques parures. Mais à l’instant même où un intérêt approchait ma chair, entendez tout autant mes yeux que ma plastique, je me sentais immédiatement agressée, au lieu d’y deviner de doux augure, d’en être simplement flattée.
Plus tard donc, je décidai d’analyser le paradoxe inhérent à ma réaction.
Il me fut suggéré que peut-être je ne croyais pas pouvoir plaire.
Cela semblait-il invraisemblable? Une intox?
Pas tant que ça!
« Avez-vous conscience que vous êtes une femme attirante! »
« C’est probable! De ce qu’on m’en dit oui. Je veux dire que je vois bien que les regards se posent sur moi de façon discrétionnaire. »
« Vous en avez donc une conscience primaire, mais vous n’y croyez pas! »
« C’est ça, c’est tout à fait exact, je ou une partie de moi, n’y croyons pas! »
Pourquoi ne m’en convainquais-je donc pas alors que tous les éléments concordaient pour m’en persuader? Quel cauchemar!
Il ne me suffit que de me questionner pour y apporter des éléments élucidant.
Toute mon enfance, je m’étais battue pour être le nec plus ultra du mieux : la mieux récompensée scolairement, la plus responsable familialement, la plus jolie des enfants, si tant est que j’avais alors une prise sur ma substance. Et pourtant, mon frère brillant mais néanmoins moins concentré que sa petite soeur, captait toutes les attentions; la galère tient la primeur au rang des intérêts de l’univers.
Mes succès étaient vulgairement classés par les miens, parents et grands-parents, dans la case normale, banale sans que jamais je ne pus apercevoir leur extase ni ne recevoir de remerciements ou a minima d’applaudissements pour mes efforts, qui en étaient pour évidence…
Pour évidence oui, de toute évidence pas dans l’esprit des miens!
Ma charte qualité jamais tamponnée, comment vouliez-vous qu’ensuite je crois sans peine qu’étrangers et lointaines amitiés apposeraient l’apostille?

Le second aspect de ma gêne a souvent soulevé des interrogations.
D’où tirais-je tant de pudeur à mon âge, de réserves dont le langage de mon corps inévitablement se faisait écho, voire miroir?
Je ressemblais à ces filles issues de familles enfermées dans le carcan de la culpabilisation religieuse et immobiliste qui s’ouvrent soudain au monde et ne savent alors plus où poser leurs regards, leurs âmes et leurs mains. Pourtant, mes parents, traditionalistes et encore pour papa sur le tard, n’avaient imposé que très peu de restrictions à ma vie de femme en préparation. Je le disais en amont, j’évoluais dans un parfait état de liberté, confinant à une forme d’indifférence subie, une négligence conforme et pieuse.
Peut-être que mon collier de fer à moi, mon joug, mon asservissement, mon assujettissement était davantage culturel que spirituel.
Mes grands-parents, tous, avaient été déportés puis rescapés, mais jamais un mot n’avait été prononcé à ce sujet, la thématique était scellée, enfermée dans le coffre-fort du secret dont les termes, le thème lui-même, jamais ne devaient être évoqués. Les corps servaient à camoufler les tourments amers!
Incapable donc de prétendre avoir été la victime au moins indirecte d’autant de souffrances, puisque je n’étais pas louable en en comptant romance, il me fut moralement imposé en prime d’adopter posture identique à celle que l’on m’avait opposée. Le mystère est en soi une version de l’affaire, le récit de l’indicible, des déchirures dont il est impossible de donner la mesure.

A mes dix-sept ans, alors que je venais de quitter le nid et que je devenais visiblement une femme, psychodrame de fait, je rentrais passer un peu de temps auprès de papa, maman.
C’était le plein été, il faisait très chaud mais j’étais grippée, je grelotais, alors je consentis à accompagner mes parents chez leurs amis pour le goûter mais si papa me prêtait un chandail.
Une fois arrivés, pagaille! Les femmes était encore à peu près sobres, mais les hommes méritaient l’opprobre! Avinés et enivrés dans la piscine, voici qu’ils me hèlent impoliment :
« Charlotte, viens te baigner! »
« Merci, mais je n’ai pas de maillot de bain. »
« Justement! » s’esclaffent-ils nigauds et inélégants se pensant inspirés et rebelles!
Mon pauvre père ne sut comment réagir aux débordements pervers, à la dépravation des plus petits instincts, de ceux qui inspirent mépris et répugnance, à cette inconduite en état de cuite de ses amis. Il resta bouche bée, choqué par l’offense que ces derniers venaient de lui faire -entre humiliation et confusion- et s’abstint dignement de se révolter. Il avait abdiqué.
A compter de ce moment, comprenez, quelqu’eut été le coup d’oeil qui me fut alors destiné, le seuil de tolérance était d’ores-et-déjà dépassé puisque l’honneur de mon papa était visé avant que mon coeur ne put lui être convoité! Je le protègerais coûte que coûte même mon loisir ou encore le délaissement du plaisir d’être seulement aimée.

Le corps, terrain de nos conflits intérieurs inavoués, de nos chagrins incontrôlés réels ou fantasmés, des débordements de notre coeur.

Chaque matin, en me préparant, je chante en couvrant plus ou moins habilement les voix de mes interprètes préférés.
C’est alors que Teri Moïse claironne son dévouement à son enfant nouvellement né, lui promettant de lui construire un monde idéal, de le prémunir contre les erreurs, les peurs et toutes les douleurs logées dans le mal.
Soudain, je me souvins que cette dernière se donnait la mort peu de temps après son engagement pourtant si fort…
Une question, une préoccupation m’accabla, qu’est-ce qui dans le psychisme d’une personne peut amener à un tel acte? Un acte à la charnière entre la force ultime, celle de défier la mort et la faiblesse aux abîmes, celle de renoncer à la vie.
Comment cette femme d’une sensibilité à fleur de peau, armée de tant de lucidité, en était-elle arrivée là, au bord du précipice, le pied au bord de la fenêtre, plongeant vers l’inconnu, loin de celui qu’elle aimait pourtant si sincèrement?
Le suicide n’est-il qu’une pulsion de mort? Un abandon de la vie?
Sont-ce les personnes les plus instables qui finissent ainsi?
Pourquoi constate-ton que les réalistes y sont sujets?
Comment se fait-il que jamais un religieux n’y va? Simple obéissance à injonction divine? Ou déplacement constant de ses idéaux vers un tout nouvel objet à la suite de chaque désillusion?

Pour l’appréhender, il faut réfléchir à ce qui nous anime, nous autres êtres vivants et indépendants.
Nous sommes tous bi-pôles -à défaut d’être bipolaires, quoique- entendons que nous sommes tous animés de pulsions antagonistes mais harmonieuses, connectées, connexes même : des pulsions de vie, des pulsions de mort ou en un langage plus technique, des pulsions érotiques et des pulsions thanatiques, des pulsions de plaisir et des pulsions de destruction, le désir et la répulsion, le laisser-aller et l’empire.
De la pulsion sexuelle à la plus élémentaire, celle de se remplir, nous nous délectons par satiété du goût et nous achevons avec dégoût.
Parfois en un même instant, la pomme est croquée, ainsi appréciée et pourtant dévorée, décapitée, éliminée à jamais.
Comprenez que tant que nos pulsions sont unifiées, nous fonctionnons, nous communiquons, nous échangeons, nous interagissons avec nous-mêmes et surtout avec les autres!
Imaginez à présent celui dont tous les espoirs ont été balayés, qui ne peut plus trouver satisfaction, se nourrir, prendre plaisir du monde extérieur devenu supplice! Le repli sur soi est impérieux et à défaut de mieux il va bien lui falloir trouver une source de ravissement, de jouissance dans l’anéantissement, son corollaire ou a minima élément concordant par nature, justement à défaut qu’il ne soit sujet à la psychopathie au sens strict de son état, en dépit de l’usure.
C’est ainsi que dans son monde intérieur, il n’est d’autres options que d’élaborer du meilleur et puisque personne ne nous attend plus ailleurs, la planification d’une auto-élimination devient jouissive, une organisation suspensive de tant de tourments, de blessures, suites d’incompréhensions, d’iniquités provenant de l’extérieur… Le passage à l’acte n’est alors qu’un aboutissement…
Vous avez deviné que le religieux ne s’y verra jamais confronté faute de réalité, d’altérité. Sa vie est un déplacement du symbolisme divin aussi loin que son imagination puisse l’y inviter et quand cette dernière se met à pécher, les vaticinations que son référent lui conteront y pourvoiront.
Il est désagréable pour moi de conclure que plus on est foncièrement humain, compatissant et incertain, un mal irrémédiable, plus on est sujet à l’irréparable…
A ces messagers de la vie, qui l’ont abandonnée.

Toi qui aime, autorise-toi, ne renonce jamais, à rien ni personne, pour rien ni personne!

Sans étiquette!

Je me suis toujours demandée d’où provenait cette nécessité de l’atour, cette infinie pauvreté d’étiqueter l’ensemble des relations, des situations, des émotions, des accessions que nous tissions, vivions, souffrions ou dont nous nous flattons?
Ne sommes-nous admis à aimer que lorsque nous nous conformons à un mode, à un code social ou filial déterminé?
Quelle importance encore de savoir que celui-ci est votre meilleur ami ou votre compère pour quelques heures, tant qu’il est sincère… de prévoir que celle-ci finira dans votre lit ou a réussi à envahir votre esprit, tant que vous raffolez de sa présence, tant que vous l’adorez alors…?

Peut-être ne suis je pas tout à fait sensée, mais je ne suis que rarement parvenue à dire pourquoi et comment j’aimais les présents!
Suis-je malsaine ou simplement humaine?
Bien sûr, je reconnaissais la caresse affective, parfois aussi la tendresse excessive qui naissaient en moi!
Souvent, j’en prenais la mesure! Et pourtant, -homme ou femme- je me risquais à les aimer pour l’éternité, quelle qu’eut été la nature de la flamme, quelle qu’eut été la somme des liens que nous avions noués.
Oui, comportement freudien s’il en est, où la réalité psychique et authentique prend le relais de l’objectivité pratique!

En moi, se disputent le principe d’exclusivité et celui d’universalité, discutent le joug de l’esprit et la vigueur du coeur, en moi se joue une lutte entre loup et brebis…

Suis-je Bouddhiste? Apparemment non!
Suis-je dangereuse? Certainement à mon endroit!
Suis-je malheureuse? Probablement, mais au moins ai-je donné le ton de ces instants, heureuse!

Récemment, j’ai senti la peine d’être avisée du décès du papa d’un ami, un Monsieur d’une infinie générosité et d’une si jolie bonté.
Ce Monsieur savait sourire, rire, bénir! Il savait flatter sincèrement, chaleureusement et offrait un peu de lui à chacun croisant son chemin.
Ce bon homme semblait savoir aimer son prochain, sans rien en escompter, sans vaines louanges, simplement avec le coeur, de l’intérieur!
Qu’avait ce Monsieur de si particulier dont notre société manquerait?
Vous l’avez deviné, de l’authenticité!
Cet homme croyait sûrement en Dieu de la bonne façon… ou alors c’était un ange, qui sait?,)

Balance ton porc! Mais quelle idée!
Tu veux vraiment le balancer? Alors cours porter plainte si franchement il y a juste sujet!
Dans le cas contraire et à défaut d’un fondement juridique recevable, comment penser que ces innombrables accusations aux contours d’infamie publique ne seraient pas iniques?
Nous assistons sous nos yeux, impuissant, à la transformation d’un mouvement de sincères dénonciations en d’abondants procès d’intentions vengeurs, ignominieux et déshonorants!
Un homme de ma connaissance, l’antithèse de l’homme sexiste, s’est trouvé piégé dans la spirale de la calomnie, une parenthèse malheureusement virale.
Une journaliste échaudée dans ses espérances professionnelles quelques années plus tôt -et de toute évidence à l’affût- l’a soudain pris à partie sur les réseaux sociaux pour avoir -dit-elle- eu le culot de lui faire des avances avec inélégance!
Je l’ai soutenu -mon ami- dès que j’ai su! Je n’ai pu qu’attester de son profond respect à mon égard : je lui plaisais et pourtant jamais un regard n’avait été appuyé ni une parole déplacée prononcée!
Je n’imaginais alors pas encore ce que cette étiquette subitement collée sur son front allait entrainer comme fâcheux retentissements!
Plus tard, je le rencontrerai autour d’un café et je réaliserai combien il en souffrait : une femme et des copains déserteurs, des contrats retirés, des honneurs rappelés, des enfants acculés…
Mais cet homme méritait-il pour un mot de trop le traitement médiatique de ses emportements?
Comment qualifier donc ce qui relève du comportement de l’importun ou de celui du taquin?
Qui en a qualité si ce n’est la justice?
Qui peut se targuer de détenir ou de tenir entre ses mains le juste curseur de l’état d’atteinte à l’intimité, à l’intégrité? Qui peut se prêter de la dignité lorsqu’il incrimine à l’aune de son seul sentiment de culpabilité inversée?
Cette campagne génère indûment tant d’excès, d’abus, un moyen en somme de combler certaines frustrations ou d’amalgamer l’immondice publique avec la gêne, la rancoeur ou toute autre question d’honneur d’ordre privé.
Tu ne mérites pas ça et je témoigne de ma personne ton immense respect envers tes amies femmes et celles qui n’ont même cette qualité.

Ainsi donc illustré, le danger d’étiqueter!
Et ce n’est pas parce que je m’élève contre ce simulacre de guerre sainte, contre ces oracles bien-pensants de la complainte, que je ne me soulève plus face à ces cochons machistes ni que me voici devenue anti-féministe; et que trépasse par l’effet de mon propre glaive si ma raison faiblit!

Bien sûr, je sais pertinemment quelle importance les dames attachent à l’étiquette, le prix y est inscrit! Ne me blâmez pas, ce n’est que de l’auto dérision…

Voici donc ce que profondément j’adjure au risque de faire tâche: et si au lieu de classifications, l’on décidait de préférer ausculter les âmes!

Franchement, est-il bien sérieux, passés nos vingt ans, de continuer à penser qu’il existe les « comme-ci » et les « comme ça », de presser ainsi les gens dans des catégories lorsque nous habitons un monde à la réalité vagabonde?

L’étiquette est génératrice, au moins incitatrice d’endogamie sociale, politique et sociologique, vecteur ou au moins facteur d’inceste rarement physique, trop souvent psychique!

Pour mieux vivre un jour, il faut être soucieux d’éthique!
Pour aimer toujours, il faut être libre, il faut donner volontiers de son coeur chez qui vibrent de jolies valeurs…

Voilà ce que je m’applique ici à vous démontrer!

Tous, nous grandissons habités de la plus belle des croyances originelles : celle d’aimer!
Oui, nous aimons nos parents dans un premier temps, dans le prisme de notre dépendance à leur égard, Dieu dans un second temps, ou en cas d’athéisme le regard disciplinant de notre conscience!

Mais pourquoi à l’âge adulte continuons-nous à nous observer à la loupe de nos confessions et adhésions au risque de l’exclusion ou pire de l’extermination?

L’humain a constamment besoin d’une mythologie pour l’accompagner, c’est sordide et pourtant limpide!
Remplaçons -pour voir- un culte par une autre entourloupe: imaginez une collectivité de quartier offrant accès à volonté à tous les gamins âgés de 13 à 20 ans avec Coca cola pour boire et trois gars pour trente nanas, pensez-vous qu’élire la vie comme théogonie leur semblerait alors inadapté?
« Niquer, stade ultime de spiritualité » estime-t-on soudain!

Pour extrapoler, l’étiquette n’est-elle pas l’instrument par excellence de persuasion, de fascisation du fanatisme?
Le totalitarisme par le spectre du langage réthorique et frénétique gratte la corde sensible, comme un plectre contre une guitare électrique en élisant l’infaillible, en démettant le nuisible, en prévoyant une disqualification de naissance!

Josef Mengele, son eugénisme odieux empreint des pires cruautés, de la gémellité forcée à la coupe des unités considérées comme affectées, en est le monstrueux témoin!

Hitler le premier, chétif et résolument brun, parvient à cacher cette dense évidence en asseyant l’ensemble de son système sur l’objectif suprême : l’Übermensch, sorte de super héros blond comme les blés, yeux bleus, costaud, puissant, résistant, indestructible…
Hitler manipule le sens paradoxal de l’être humain, il vient à bout de la plus triviale des flagrances par le biais d’allocutions ficelées et structurées!

« La parole s’adresse à nous, visant notre être, elle nous appelle, nous fait entrer dans l’être et nous y tient. » Heidegger.

Pour toucher par le verbe, il suffit d’épeler un être par ce qu’il recèle de spécifique : de ses caractéristiques individuelles jusqu’à ces banalités extérieures! Voici ce qu’Hitler exploite, il exacerbe le basique, afin que tous convoitent leur superbe!

Pour posséder, il faut nommer, il faut étiqueter!

Pour utiliser un paradigme relevant de l’intimité, prête à ta dulcinée tous les sobriquets qui te siéront mais si lors d’un instant d’une ultime tendresse, tu sais la nommer en prononçant -perceptiblement, sensible que tu paraitras et suavement si possible- son prénom, tu l’affrètes directement au paradis, tant elle se sentira concernée et incarnée!

Hitler a su donc nommer et apostiller du tampon qualité!

Etait-il un érudit en psychologie ou un instinctif de génie?
Sans doute un érudit en instinct, celui de Thanatos, celui qui exauce les souhaits du trépas!
Il est si difficile de déceler les subtilités de l’instinct : la psychanalyse s’y efforce avec tâtonnements tant sur lui rien n’a d’emprise!
Hitler n’a pas tenu à théoriser son instinct seulement à l’habiller.

Décortiquer le fanatisme -à l’instar du complotisme- c’est tenter de le vêtir des habits de la rationalité.
Or la sémantique ne suffit jamais à déconstruire l’instinct. Car étiqueter ne peut être le remède à étiqueter, sous peine de se trouver désemparé!

Se penser totalité rend dément, se penser achevé ou académie de la juste idée rend limité, borné et insensé!
N’est-ce pas aussi un acte de mini barbarie?
Bien sûr qu’il s’agit ici d’une forme de xénophobie, un pacte entre nous et nous pour n’avoir jamais à se confronter!

Risquer l’avenir, l’altérité, c’est risquer de perdre tout ce qu’on avait soigneusement amassé pour se conforter dans ses certitudes : ses habitudes, ses interdictions et ses permissions, ses petits arrangements avec soi, avec sa foi, ses perversions et ses transgressions. C’est risquer de voir le masque tomber, sans assurance d’être un tout petit peu protégé.

Pis encore, dans notre système de croyances, l’expérience n’est plus que phénoménologie, une sorte de « je ne crois que ce que je vois », limites de nos consciences.
Bienvenue dans notre civilisation autocentrée aux mirages sincères et donc invétérés, aussi dommageables qu’incurables, une société où l’on récuse la valeur de l’autre en ce qu’il diffère de notre propre étiquette, de nos propres usages.

Nous avons peur de nous-mêmes, nous sommes pétrifiés par notre propre liberté, nos propres libertés, et pourtant nous nous efforçons paradoxalement et constamment de retrouver ce qui a fait de nous des êtres vivants!

« Raconte-moi le monde » -requiert l’enfant- « tu n’as pas le droit de menacer mon esprit en m’imposant tes convictions, sans quoi, un jour, faute d’amour, c’est par la guerre que j’explorerai! »
Comprenez, il n’est nul effet que d’employer toutes ses dispositions au profit d’une collectivité ou d’une communauté sans l’accomplissement d’un devoir d’attention constant envers le singulier!

Trop souvent sommes-nous obsédés par notre identité, nos emprises deviennent nos hantises les plus coriaces, les plus opiniâtres!
Se souvenir, c’est s’oublier!
Se référer souvent -au présent- à sa confession, ses convictions, son éducation, ses liens et les siens, les espérer indubitables, indiscutables, c’est renoncer à s’explorer, à s’exposer, à l’inespéré…
Le théâtre de nos désirs devient un espace si restreint qu’il n’est plus même d’envies ni de vie!
Plus de fulgurance, d’effervescence, d’urgence, d’espérances, plus de vertige, de litiges vivifiants, plus de caresses ni de tendresse, plus d’émois, de joie sincère et légère, plus de passion, de dépression comme corollaire , plus de chagrin inutile, d’attentes infertiles, plus d’étrangeté, de fragilité, plus de mélancolie, plus de cris, plus de vie…
Depuis tout ce temps, il n’a été d’autres échos que son ego, un ego qui s’auto-acclame et s’auto-proclame, un ego tronqué, falsifié, à l’histoire trafiquée par sa mémoire, la souvenance de fausses réminiscences, la reconnaissance de sentiments, de boniments, l’adulation de référents, leurs photographies écrasant indignement famille et amis!

Zev Sternell prétend que « La Révolution est héritière des Lumières! »
Pourquoi ? Car en dépit de l’universalisme humaniste et idéaliste, ou peut-être par son fait, était réfutée toute forme de communautarisme au profit du particularisme.
Je n’adhère pas au mouvement tout entier mais à ce qu’il a offert de penser sa propre personnalité…

Je ne m’en cacherai pas, moi aussi j’ai mes étiquettes, mes loyautés chimériques, mes « parfaits » utopiques, mes réverbérations en boucles, mes visions escarboucles!

Pourtant je sais, je sais bien qu’il va falloir lui dire au revoir à mon monde illusoire, mon monde magique d’intimations destinées à l’évitement de mes déceptions!
Est-ce sans violence? Certainement que non, mais y a-t-il plus violent que l’absence de liberté car que reste-t-il alors d’humanité?

Ode à l’altérité…

Consensus ou pas!

Moykhel Toyves! Non merci! לא תודה
Consternation…
Je sais qu’il est midi, mais je ne peux rien avaler, j’ai comme qui dirait la nausée!
J’ai tenté de m’amadouer, je me suis répétée :
« Charlotte, shut, tais-toi, tu n’as pas assez d’ennemis comme ça? »
Mais bon, finalement, le consensus, l’aliénation, les « .on »s, non rien n’y fait, que voulez-vous, je n’y parviens pas!
Que c’est vilain d’être ainsi entêtée, me répétait maman… Je ne l’ai jamais écoutée!

Donc… Je lis ici et là l’adhésion collective à un dérouté aux opinions inconsidérées…
Je me répands en invectives!
Salomon n’était-il pas concerné par la paix?…
Salomon -lui- était un diplomate, pas un bureaucrate!
Celui que vous louez aujourd’hui use d’Israël non pas au service de convictions personnelles, loin s’en faut, ne soyons pas niais, voyons!… Non, Trump plonge Israël dans un chaos, lui infligeant de nouvelles sévices!
Il use d’Israël pour tenter d’appuyer, ou plutôt de récupérer (le mot est scient) une domination égarée sur ledit « Monde Arabe » dont les réalités et autres dissensions sont bien plus compliquées que l’appellation!
Il use d’Israël, conscient qu’il est de sa position stratégique géographique unique…
Il use d’Israël et de tout un tas de sacrifiés potentiels et nous l’applaudissons?
Une nouvelle Intifada vient d’être semoncée, Israël déploie des enfants de vingt ans, nos enfants, pendant que Trump se gargarise d’un effet d’annonce?
Pauvres de nos soldats…
Dieu y pourvoira? Mais sous quelle emprise êtes-vous? David n’a jamais eu compté sur Dieu… David, lui, était Chef des armées…

Voici ce que j’écrivais deux vendredis auparavant, le jour du coup d’épée asséné dans l’eau par le Président des Etats-Unis, dont la portée symbolique d’une décision non encore exécutée me semble bien de moindre ampleur, déplacée qu’elle est en réalité pour revêtir alors une toute autre valeur, celle du rapport de force pour ne pas proposer l’allégorie du mesurage d’épée.

Non, je ne suis pas rebutée par l’écorce, dirigée par mes préjugés à l’égard d’un ringard frénétique et borné, intolérant et virulent systématique, davantage sectaire que téméraire!

Sur le fond de la question, puisque vous me poussez à manifester mon opinion… Mais si… la voici donc :

Le peuple juif ès-qualités, à l’instar de tout autre peuple et notamment du peuple arabe qui en aura conquis plus de deux cent, est fondé à s’établir en son Etat et à choisir le rabe de l’Empire qui berça son souvenir.
Cependant, qui contredira que cette attribution par l’entremise occidentale et autres prises martiales s’est réalisée au prix d’une frustration incurable des présents?
Selon moi, par conséquent, aucune paix -jamais- ne sera plus structurable, rien ne permettra d’y parvenir! Que nous ferait donc penser qu’une intensification des affrontements offrirait d’y aboutir?
Je suis d’éducation juive, figurez-vous et à ce titre, j’ai la vie humaine à coeur, c’est bien ma veine!
Notre conscience juive nous enjoint-elle d’avoir Israël ou d’être Israël? J’opte pour la seconde solution.
Il ne s’agit pas là de résilience, bien sûr que nous nous attacherons à garder notre pays, bien sûr que nous nous défendrons, mais nous n’avons pas à mon sens besoin du vacarme de l’Occident qu’une immense partie de la société israélienne déplore.
Nous avons besoin de résister, fort de notre honneur, à la lumière de nos valeurs, même lorsque les prises d’armes deviennent nécessaires.
Tsahal -l’armée- a été formée sur un principe défensif et non offensif, pas banal! C’est ici que se loge notre plus grande dignité, c’est ici que se forge notre plus belle fierté!
Les fondateurs de l’Etat d’Israël n’étaient pas iniques et aussi laïcs qu’ils eurent été, quoiqu’ils fassent, quelles qu’eurent été leurs décisions, ils avaient la magnanimité de Yossef, Moshé, Shaul, David et Schlomo en mémoire.
Continuons -je vous en conjure- de faire grâce à l’histoire!

Revenons à nos moutons.
Non, parce que Donald, le conflit Proche-Oriental, ces sujets-ci ne sont que la halde qui sert à soulever, stimuler, exalter les passions; tout ceci n’est qu’une vulgaire stature, une couverture, un détour pour emmener l’affirmation de sa différenciation, de son identité sociale, un attrait vital au prix du reniement de sa réflexion.
Forcer le trait du non consensus, un us accoudé à la modernité!

Deux matins auparavant pourtant, mon papa semblait particulièrement bouleversé.
Peut-être même -sans que je ne l’en eus soupçonné- avait-il versé une larme, bonté qu’il ne réserve d’ordinaire pudiquement et avec charme qu’aux logorrhées et autres équipées de ses deux enfants…
Outre l’amitié et le respect qu’il lui vouait, assortis qu’ils étaient d’une admiration sincère et appropriée, je crois que c’est un peu d’espoir pour l’humanité que mon papa vit s’envoler, en même temps que Monsieur Jean d’Or (plutôt que d’O) nous privait soudain -nous les français- de ses acuités et nous laissait, sans ses lumières, affronter le noir, notre seule perception pour y sursoir!
Les français -je disais donc- soudainement s’entendait à qualifier celui que Pivot participa à révéler aux moins initiés d’Académie de perfection, ses écrits, sa vie de trésor pour notre civilisation!

Puis le lendemain, Johnny le rejoignit, semblant embarquer avec lui la symbolique des plus hautes aspirations de l’humanité, la seule, l’unique : celle d’être en mesure de donner tant « d’Amur » et de générer autant d’inspirations.
L’indescriptible feu que logeaient ses yeux en avait été l’imprescriptible caution.
Et ce matin-là me vint alors une interrogation, point pour le moins brûlant : qui donc les français allaient-ils pouvoir désormais ériger en utopie, en référent qui ne saurait être contredit?
Même Rochefort, son heureuse intégrité, sa délicieuse dérision ne pouvaient plus se proposer….
Un mythe s’en était allé, la France -contrite- allait devoir trouver un nouveau sujet d’unité…

Heureusement que Wauquiez venait de remporter la présidence des républicains, à une quasi-unanimité… Humour Noir!
Un déboire pour la démocratie : un accord aux antipodes du prochain transport d’un accord….

Simone Veil alléguait que les grands débats sont l’astuce -si ce n’est le fracas- indispensable à l’éveil d’un consensus encastrable dans les codes de tolérance, d’hardiesse et de sagesse de notre France!
Pour rappel, Simone Veil c’est cette femme, rescapée des camps d’extermination d’Auschwitz-Birkenau et de Bergen-Belsen, qui défendit au péril de son avenir et de son devenir, la loi emportant légalisation de l’avortement.
C’est cette femme parmi les femmes, ce supplément d’âme à qui l’on planifiait de retirer l’humanité et qui allait s’assurer de la corriger, de l’embellir, de l’affranchir, de l’inspirer à jamais!
Simon Veil, c’est cette femme d’audace et de convictions qui fit utilement et dignement opposition aux consensus et aux menaces pour donner vie à un consensus inédit : le droit de choisir sa vie.

Alors le consensus? Empire des frêles ou des forts?

Nous prospérons dans une forme d’hallucination consensuelle par le vecteur digitiforme des médias, informations et autres réseaux sociaux, par le prisme senseur de la norme, du mariage aux usages, de l’ouvrage aux hommages, à l’aune de l’absolutisme, du dogmatisme et de la tyrannique opinion publique!
D’esclaves de corps, d’esprits libres que nous étions prétendait Sophocle, voici que nous sommes libres de corps, esclaves d’esprit! Aujourd’hui, le principe de précaution est devenu précepte, un standard au regard d’individus adeptes de revendications sociales, craignant terrorisme et accidents à tous les instants, un curseur que l’on déplace au gré de nos peurs, des avis de la collectivité, des fluctuations de l’économie…

Jamais les servitudes n’auront été si volontaires, jamais les attitudes n’auront été si indolentes, nonchalantes, par conséquent délétères.
A vouloir à toute puissance notre asservissement, à approuver avec indulgence hiérarchies, obédiences et exigences nouées autour de nos vies, c’est au purgatoire, au mieux en détention que nous résidons.

Pourtant, de Sarah à Rivkah, de Moïse à Yaakov aux prises avec Dieu (figure allégorique de l’ange) au point de s’en voir attribuer le nom d’Israël (celui qui s’est battu avec l’Eternel) tous les grands -pour que le monde change- se sont insurgés, révoltés ou au moins exprimés!
La sagesse ce n’est pas de se soumettre, la sagesse c’est d’influencer jusqu’à Dieu lui-même, quitte à le compromettre!

On obéit sans sourciller à cet autre à l’intérieur de soi, à qui il nous est impraticable de mentir, qu’il nous est insupportable de trahir, qui n’abdique pas, même sous la torture, même supplicié….
C’est la notion d’introspection, c’est l’acception de Dieu non au sens de Providence mais de Toute Puissance!

Comprenez! Le consensus aliène, il déresponsabilise, pire il dépersonnalise, il morcelle l’essence, l’existence entre raison et pulsion sans ne jamais les contenter encore moins les combiner : un agent anxiogène, pathogène et mortifère!
Nous sommes de chaire pas pour que nous l’ayons molle, mais pour que nous soyons de parole!
Nous sommes de chaire pour que nous soyons espoir et vouloir!
Nous sommes de chaire pour que l’on transgresse pour nos promesses.
S’accommoder, se résigner n’est pas autorisé lorsqu’il est offert de préférer, d’argumenter et d’aimer!

« Risquer sa vie » l’une des plus belles expressions de notre langue!
Anne Dufourmantelle théorisait ce risque à partir de la vie et non de la mort, du désir « dont nous n’aurions ni connaissance, ni maitrise, d’un amour encore inconnu, d’un évènement. » C’est fort de café!
Personne ne saurait aimer s’il est encore attaché à un système de pensées.

Kant dans sa « loi morale » imaginait un point d’appui en nous -une universalité- sur lequel nous pourrions nous fonder, à partir duquel nous serions libres de penser, libres d’exister au seul risque d’une intelligence aussi secrète qu’ouverte.

Il s’agit simplement de ne se fier à aucune conception préfabriquée, à aucune représentation prédigérée, à aucune idée figée en positions, en postures, en convictions sans appréhensions, sans objections, sans contestations, pas même un murmure, avec le cran de prendre en soi la responsabilité d’une ardue liberté qui ne se risque qu’à mesure où elle se trouve menacée.

Le nazisme n’a-t-il pas généré ce consensus indu?…
La normalité est jaugé à l’aune de ce qui est communément entendu en son temps et peu nombreux sont ceux qui iraient contre le vent au prix de leur propre liberté, peu nombreux sont ceux qui ne s’engouffreraient dans leurs états d’âme, qui s’improviseraient résistants pour le seul salut de leur âme, pour leur seule sérénité.

Cela sert-il le monde franchement?

Il y a un mois de cela, je me suis retrouvée au coeur d’une altercation entre des soldats Vigipirate et le conducteur d’une automobile. Témoin de la scène, forte de mes valeurs, j’ai cru de bon ton de m’interposer en faveur du civil -pourtant innocent- et ait à mon tour été le mobile d’une agression circonstanciée, armes au corps, menacée de me voir tuer si je révélais leur identité, pour avoir noté leur plaque minéralogique… à tort… hurlait déchainé et hystérique l’un des prétendument garants de l’ordre public…
Partie porter plainte au commissariat de mon quartier, forcée de constater que leur volonté n’était autre que celle… d’étouffer le dossier…
J’ai envoyé un courrier recommandé au Procureur de la République, mais n’en ai point plus engagé, consciente que je suis que la pomme pourrie n’a pas contaminée l’arbre en son entier, soucieuse et respectueuse…

Scandalisée par la réaction des policiers qui couvraient éhontément, effrontément même le danger que représentaient les logés au poste de police, je m’en suis épanchée auprès de mon complice qui pour la première fois depuis tant d’années d’amitié a relevé que j’avais sans doute pêché par manque de sagacité, par un utopisme, un idéalisme sincère mais candide et ingénue.
« Ils s’estiment habiter au sein d’une république bananière » m’a-t-il jeté lucide « tu aurais dû préméditer leur réaction! »

Aurais-je dû me complaire dans une négation de l’action pour éviter déception et vilaines émotions?
Du monde magique que l’on s’est créé pour l’adorer à la réalité à laquelle nous sommes confrontés malgré notre propre volonté, on y laisse toujours un peu de sa souveraineté?
Rien n’est alors gâché! « L’essence du révolutionnaire n’est pas d’opérer le retournement en tant que tel mais de porter à la lumière ce que le retournement comporte de spécifique et de décisif! » soutenait Nietzsche.

Risque sa vie pour le progrès est constituant de l’humanité.

Les idéaux contrariés sont une cruauté raffinée à laquelle l’altérité nous assujettit.
Mais cette douleur est douceur face à l’acceptation que bien penser ne promet pas toujours d’être le vainqueur du duel d’idées…

« Il y a des remarques meurtrières qui sont dites d’une voix douce, il y a des violences qui se font caresses pour mieux atteindre le coeur. »

Alors non je ne tiens pas à être une anti consensus systématique, je cherche simplement à ne pas mourrir de mon vivant.
Je ne feins pas, je n’applaudis pas à grand bruit! J’avance, en évitant les faux-semblants, en m’exposant tout le temps, en transgressant frontalement, je brave l’entendement inique, consciente de mes entraves, de ce qui me retient comme la chèvre de Monsieur Seguin…

Je suis chiante, c’est vrai, mais c’est pour aimer, seulement pour aimer…

Le mal du siècle!

Jeudi dernier, comme une fois par une des douze divisions de l’année pour tenter de progresser, je suis allée m’installer sur le canapé de mon analyste, cet homme de génie, tant instruit et si pertinent, aussi scrupuleusement perfectionniste que résolument anti-dogmatiste :

« Monsieur, suis-je une emphatique compulsive? »
« Oui, irrésistiblement! » s’écria-t-il quasiment optimiste.
Face à ma moue épouvantée, il se fendit d’un ajout :
« Et alors? »
« Alors, me demandez-vous? Je suis donc non seulement répétitive, mais en plus systémique contre mon gré! Où a soudain disparu mon sex-appeal, le charme versatile du décousu, du méconnu, de l’imprévu? »
Il sourit…
« Savez-vous ce qu’est l’empathie Madame? »
« L’identification, l’intellection, l’intuition des sensations et émotions de son prochain, un phénomène souvent rendu par l’expression ‘se mettre dans la peau d’autrui’, un décentrement qui mène à l’action dans l’intérêt du sujet visé par la marque d’empathie, parfois même au détriment de ses propres intérêts. » lui répondis-je.
« Vous pensez réalité psychique, alors qu’il s’agit davantage de réalisme psychique, vous parlez d’intuition alors qu’il est question de représentation ou mieux encore d’application, vous concevez hyper-sens alors que vous êtes hyper-conscience.
L’hypersensibilité est l’antinomie de ce que vous nommez l’empathie : le sentiment brouille la cohérence et embrouille les conséquences.
Etre humain, c’est aimer les hommes ça va de soi, être sage comme vous aspirez à le devenir c’est les découvrir, les subir…
Songez-y! A dans un mois! »

Dans ma voiture, sur le trajet retour vers mon bureau de l’avenue d’Eylau, je réfléchissais à cette super structure : ma propre réalité, le rationnel, la réalité de mon prochain… ma réalité, le monde, ta réalité!
Ce serait donc l’objectivation par la conscience de soi, du réel, de son environnement, de et pour l’humanité?
N’est-ce pas là la forme la plus fertile, la plus charitable, la plus intelligible de l’intelligence!
Quelle consolation m’avait-t-il apportée!,)

Quant à mon T.O.C. de transposition, suis-je la victime d’une résonance sensor-somatique d’ordre neurophysiologique ou suis-je encore capable d’éviter toutes formes de contagion-émotionnelle automatique à l’effort d’un processus motivationnel et attentionnel, d’une volonté d’être affable tout en opérant sciemment une dissociation mentale entre mes relations et moi?
Je m’applique en tout cas à ressentir de l’intérieur les affects de l’extérieur, je m’implique dans l’élaboration d’une analyse logique, je m’évertue à avancer dans la captation, a minima la perception des us, des vertus et collapsus de mon voisin, sans systématiser, en nourrissant seulement mon instinct.

« Narcissique! » allez-vous me lancer!
Et si ce trait de personnalité était un maillon fort de cette sur-compassion, forme d’exaltation par la négative, habitant son corps et son coeur autant que ceux du malheureux dont on est l’observateur clairvoyant, dont on veut le bonheur, que parfois même l’on apostrophe par invectives dans cette juste intention?
Le soi n’est autre que le transport servant à l’entendement; l’identité est valorisée non à l’effet de se flatter en aidant, en consolant ou simplement en rencontrant autrui comme il en est fait état en pure sympathie, mais à l’effet d’autant de mansuétude que d’exactitude, seuls véritables instruments de communion serviable et agréable!

La capacité d’appréhender les émotions d’autrui sans confusion entre soi et autrui, en voici un outil de communication sophistiqué!
Et si par ce biais, il était possible voire loisible à premier souhait d’inhiber tristesse, colère, agressivité ou toute autre forme d’hostilité?…

Alors qu’a-t-il voulu signifier par souffrir l’homme?
A première lecture, ça je vous l’assure, je connais!,)

Au fond, la souffrance n’est autre que le contraire de l’indifférence!
Pour ressentir l’affliction, encore faut-il qu’il y ait eu passion, comment peut-il y avoir tourment autrement qu’en ayant pris le pari de s’ouvrir?

Il y a dans la peine une certaine transcendance, tant en sa réception qu’en son extraction; il y a dans le supplice, une puissance vivificatrice!
Le chagrin a soudain un sens lorsqu’il nous porte plus loin ou encore qu’il nous ramène à l’essentiel et nous permet alors de passer une étape nouvelle, croissance intellectuelle, physique, psychique, affective, spirituelle ou développement personnel, à notre propre profit ou celui d’autrui.

La souffrance, le mal, la désolation, la dépression sont des symptômes banals et pourtant ils n’ont aucune existence. Ce sont des abstractions, des fictions forgées à partir de vues théoriques… un peu comme le sentiment amoureux…!
Ce qui est digne d’intérêt, en revanche, ce sont les personnes qui souffrent, ces âmes qui aiment…

C’est là que se loge le drame! Face à un individu dont la souffrance est difficilement conçue, parce que plurielle, pluri originelle, il est fort accomodant de glisser du non entendu au malentendu, d’un pudique « je ne te comprends pas, je suis désolée » à un « j’abdique, tu es complètement cinglé! ».
Ce qui échappe à notre propre entendement, ce qui ne peut être mesuré à l’aune de notre propre sagacité, serait simulé, voire erroné.
C’est ainsi que se sont développées les diverses qualifications de « maladies psy » arbitrairement appliquées à tous ceux dont les lamentations sont soustraites à la compréhension de la famille et desdits professionnels de santé.
C’est ainsi aussi qu’une souffrance peut en engendrer une autre : celle de ne pas être reconnu ni cru.
Serait-ce pur hasard si mes amis bipolaires sont d’ordinaire de jeunes génies?
Bande de flemmards, au lieu de développer vos acuités, de cheminer vers davantage de substance et de tolérance, il vous aura été plus aisé de les enfermer… Quelle drôle d’idée? Par qui vont-t-ils pouvoir être devinés, appréciés, lus ou parcourus désormais?

Se mettre à la place d’un autre…
Voici donc un savoir substantiel, un facteur de survie essentiel dans un monde où l’homme est sans cesse en rivalité avec l’homme.
L’évolution darwinienne -son procédé- n’a pu que renforcer l’empathie et au fil du temps s’est dégagée l’espèce humaine qui fournit une personnalité à peu près tout ce qu’il habite ou habilite : « voici l’origine de l’animisme (transcendance), plus tard du panthéisme (immanence) des premières religions ».
Pourtant, selon nombre d’études psychiatriques et psychanalytiques, des déficits dans l’intelligence sociale peuvent survenir indépendamment des déficits dans les autres secteurs de la cognition. La théorie de l’esprit voit la capacité de partager et ressentir les états mentaux et moraux de son prochain amoindrie par la systématisation imposée par le groupe culturel ou cultuel, on appelle cela « le serpent qui se mord la queue »…

Dans les milieux religieux, les hommes aiment D’ieu! Pourtant…sont-ils capables de s’aimer entre eux?
Francis Bacon affirmait « les troubles et l’adversité ramènent à la religion ». J’oserais le corriger en prétendant que les troubles DE l’adversité précipitent vers la forme la plus pesante de la religion, vers son cousin maléfique, la superstition, forme d’oisiveté pensante ‘spéciale désoeuvrés’, fatigante solution de paresse.
Bien pis encore -car il n’y a pas trop à reprocher aux simples béni-oui-oui- pire encore je disais, est cette détestation de l’autre justifiée par l’adoration, la dévotion à un D’ieu que l’on n’aurait encore jamais rencontré!
Vous en conviendrez : « une religion qui offrirait des récompenses certaines dans ‘l’autre vie’ verrait disparaître ses dévots à milliers! »

Ainsi c’est cela qu’évoquait mon ami du dernier jeudi : l’hypersensibilité comme offrant matière à une déréalisation, une dépersonnalisation (de soi et des autres) du fétichisme au fanatisme, des déviances sectaires aux violences arbitraires, de l’orthodoxie à la décapitation…

Non, je ne suis pas anti religion!
Il y a au rang du sacré, d’innombrables richesses, des prouesses philosophiques uniques et un code moral indispensable.
J’ai moi-même un professeur de Torah… à la bonne heure! Mais sa lecture est pétrie de conscience et de tolérance, bien que jamais il ne se parjure!
Lisez les dix commandements, D’ieu est au premier rang et pourtant…
Avner lui, qui réalisa l’importance de l’affaire, proposa de remonter plutôt que de se laisser attirer vers le bas… Ainsi, en se hissant de 10 à 1, l’homme passa instantanément au premier rang de l’équation, de nos attentions! Futé non?

« Honore ton père et honore ta mère! » même s’ils t’abominent…
François Rachline propose d’en changer la vitrine à la lumière d’une lecture étymologique:
« Mesure le poids de tes parents, sois conscient de ce qu’ils sont, de ce qu’ils font, de leurs plus grands accomplissements à leurs manquements les plus iniques, non plus pour les copier ni même pour les rejeter, simplement pour les connaitre et devenir ton maître unique! »
« Lourd ton père et lourde ta mère! »
Il ne s’agit plus d’une validation ni même d’une invalidation, mais d’une dissociation, depuis l’ébat dont tu es le résultat à leurs états!
Si là il ne s’agit pas d’empathie!

Ah si seulement les Merah avaient théorisé tout cela…

De mon côté, est-ce que l’absence d’hypersensibilité compulsive au profit d’une empathie constructive doit me forcer dans l’affaire susnommée à adopter un positionnement non émotionnel au profit d’un parfait raisonnement juridique stratégique et politique?
Malheureusement, je crains qu’il ne me faille -sans polémiquer- rétorquer que… oui!
Il n’en va pas autrement pour Tariq Ramadan, prédicateur d’horreurs, prêcheur d’alibis à la terreur, accusé pour l’heure d’avoir sexuellement abusé de ses admiratrices, ce qui est sûrement vrai…Finalement un homme n’aura jamais vénéré personne d’autre que lui!
Pour autant, pour le prouver, la partie civile devra annihiler la matrice ci-dessus énoncée -chose mal aisée- et s’extirper de toute dérive punitive, tout en cherchant à entrer dans le fonctionnement de Ramadan et faire en sorte que sa vraie personnalité soit inexorablement et impulsivement révélée.
En somme, c’est encore d’empathie dont il s’agit…

L’emphatique n’est donc pas le mou compatissant ou le benêt bienveillant, mais simplement l’intelligent systématique, le libre comprenant!
Tout ceci est biaisé par notre sensibilité… Doit-on se le reprocher? Empêcher ou s’empêcher d’aimer? Le voudrions-nous que nous ne le pourrions pas…
Si douce est-elle cette effraction en son coeur de quelqu’un que l’on n’aurait pas invité!

Martin Luther King disait « ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, c’est l’indifférence -télécommandée- des vivants! »

Et si c’était cela, le mal des prochaines années…

Dans la peau d’une femme

Je crois que je n’ai jamais été aussi femme!
Ainsi, je n’ai jamais été aussi inébranlable, invincible ou a minima résolument convaincue; je n’ai jamais été aussi vulnérable, sensible, si facilement vaincue…

Fragilité ton nom est femme, Shakespeare n’alléguait-il pas?
Pourtant Dieu tout puissant lui-même chancelle face à elle.

C’est habité par cette ambiguïté que mon coeur a voyagé ces dernières années, c’est assiégé par cette ambivalence que mon honneur s’est débarrassé de sa suffisance pour rencontrer Romance.

La liberté n’est pas l’antagonisme de la pudeur, de la dignité, encore moins de la vertu.
Ce n’est pas parce que je suis réservée que je me dois d’être contenue ou pire retenue.
L’épicurisme conscient n’est pas l’anarchisme ni même un hédonisme dément. Non!
Ma liberté? Ce n’est que le féminin de mon destin…
Il m’aura donc fallu non moins de trente années pour parvenir à le théoriser!

Seulement voilà…
De la pensée pérenne à la sagesse -de la sirène à la déesse- il y a là une traversée rude, abrupte et sans concession à réaliser. L’auto confession n’en est que le prélude!
Combien de larmes doivent avoir coulé, combien de tourments, d’instants de solitudes et de chagrins faut-il avoir éprouvés pour décider enfin de prendre les armes contre ses servitudes?
Et encore…faut-il le vouloir!

Car à cela deux résistances qui somme toute relèvent toutes deux de l’apparence, une représentation fantasmagorique, quasi iconique de la muse -dont il faut bien avouer que d’opportunité je m’amuse-:
– la pondération, la modération et la raison nécessaires pour contre-balancer la tentation, le danger, le pêché que nous représentons pour le sain sexe opposé,
– la confusion d’être nées femelles et son corollaire de rigueur, le mystère!
Il est déjà bien assez que l’homme nous sache demoiselles, sans qu’en plus nous ne le forcions à croquer la pomme et ne le précipitions aux portes de l’enfer.

Je suis ironique, un brin caustique, mais loin d’être féministe, une femme, une authentique, n’est pas admise à l’être, ce serait simpliste, n’est-ce pas?

Etre mesurée c’est être beauté -donc- prétendait Voltaire.
D’aucuns contesteront que plus on est instruit, plus on désobéit! Plus gente dame est avertie moins elle ne réfléchit avant de sacrifier son âme …pour aimer.

Je suis de ces femmes, une de celles…
Je suis une femme qui apparait convenable et responsable, mais qui ne sait qu’aimer à en réformer l’humanité, aimer à en crever, lentement, doucement, discrètement mais sûrement.
Je suis une femme qui ne se vend, ni ne se donne, mais qui s’abandonne d’aventure.
Je suis une femme qui jamais ne se parjure, mais qui retient ses secrets, car oh combien elle sait ce que c’est que de faire les frais de ce qui est révélé!
Je suis une femme qui sait se glisser dans la peau de son bien-aimé, pour compenser que jamais l’on ne s’y soit employé à son sujet.
Je suis une femme qui se parfume pour ne pas qu’on la résume.
Je suis une femme qui marche sans béquilles, mais qui tantôt vacille.
Je suis une femme… l’ange déçu mais jamais l’ange déchu.

Je suis une forteresse, je suis impassible et inflexible telle une suissesse! Ma tendresse? Nul ne la consomme! Je sais que l’homme fera toujours dithyrambe de ce qui est entre mes jambes.
Je reconnais que je ne lui plairai qu’autant que je serai l’épouse d’un barbouze. Coeur présidé, leurre désiré! « Hope is a lie », Fitz Grant et Olivia Pope l’ont expérimenté.
SI je n’attends plus la sérénité, si elle n’existe plus au rang de mes batailles, c’est parce que désormais -je l’ai intégré- jamais je ne cesserai plus d’espérer, encore moins d’aspirer.

Je m’éprends, j’apprends…
Je peux vous livrer mon sentiment? Etre femme c’est bien là le plus violent des châtiments!
Chaque rencontre -qu’elle recèle un objet personnel ou professionnel- est un combat. Et celui-là se joue au premier round! Donne le La en moins de trois minutes! Démontre que tu n’es ni vide, ni candide, ni davantage cupide, pour que jamais tes aménités ne t’amputent de tes facultés, que jamais tes capacités n’imputent tes facilités.

C’est si périlleux, parfois si douloureux d’être une femme!
Comprenez que je réprouve de façon invariable que l’on soit louve pour sa semblable!
Moi, les femmes -les véritables- je les chérie!

Petite fille de deux grandes résistantes -Michèle Tykoczinsky et Trude Bierig-Borg- (et d’une maman qui ne l’est pas moins en son temps) il va de soi que jamais alors il ne m’eut été possible de m’identifier aux fades Wonder Woman, Cendrillon et autres Belles dormantes!
C’est pour cela que je m’étais choisie comme repère un autre personnage imaginaire, petit garçon, petite souris -ce qui n’étonnera pas nombre de mes amis- l’anthropomorphe, audacieux et généreux Fievel Souriskewitz, qui décidait de fuir les pogroms et la famine pour rejoindre le Nouveau Monde et le rendre apte (lui non plus ne doutait de rien) à accueillir sa famille et leur violon, son plus cher héritage, celui qui s’accrochait à son coeur!
Être une femme libre c’est aussi cela, avoir le choix d’être qui l’on souhaite être, au-delà de tous les contretemps, de tous les empêchements, de toutes les pierres d’achoppement sournoisement lancées sur notre chemin, au-delà de tous les freins et du genre humain!
Ce tempérament-là c’est à mes mamies que je le dois!
« Rien ni personne ne nous empêchera de faire ce que nous croyons juste ».
L’essence est ici dans la justesse de dignes convictions et de nobles valeurs que ces femmes firent triompher au péril de leur existence.
Alors à leur courage et à mon amour qui traverseront les âges… et à Fievel, cette petite chose bravoure. Pour la vie!

Simone de Beauvoir, Simone Veil, Simone Signoret, Simone Segouin, femmes tactiques et de lettres, femmes politiques sans se soumettre, femmes allures et de culture, femmes combattantes et résistantes, toutes ont été les conductrices de ma voiture émotionnelle, mes inspiratrices.
Ce sont elles qui m’ont appris à observer, à raisonner, à critiquer, à faire avancer, à laisser rêver et à donner.

La chenille et Alice se regardèrent pendant quelques temps en silence.
A la fin, la chenille ôta son narguilé de la bouche :
« Qui êtes-vous » demanda-t-elle

Alice répondit assez timidement : 
 »Je ne sais pas très bien Madame, du moins à présent. Je sais qui j’étais en me levant ce matin, mais j’ai changé tant de fois depuis. »
Voilà qui je suis au petit matin de mes trente ans : une petite fille à bout de sentiments, qui flotte et qui ne trouve le soleil qu’au fond de sa grotte, au pays des merveilles…

Au milieu de tout cela, joli coeur, je ne sais pas moi, ce qui t’a donné envie de moi? Pourquoi donc t’ai-je mis en émoi?

Une femme choisit de qui s’enamourer, qui désirer et personne ni aucun élément de fait n’y peut jamais rien changer. Tout cela n’a d’ailleurs rien à voir avec le point de savoir si elle put ou non deviner qu’elle fut espérée ni même adorée!
Mais toi? Pourquoi tu m’aimes toi? Tu te satisfais d’un mal agréable lorsque tu pourrais abriter un bonheur irrécusable…

Il parait qu’il est des amours qui résistent au temps et aux éléments et qui -pour toujours- persistent…

C’est dur d’être une femme sincère, bien davantage que d’être infâme, mais puisque je t’ai aimé, alors il n’est pas de regrets et je veux bien même être réinventée.

Ode aux femmes singulières…

Le premier jour du reste de sa vie…

Ce jour-là, je ne me doutais pas que mon appétit pour la vie changerait à l’effet d’autant de brutalité.
L’heure n’est donc pas à la réthorique, ni à la figure stylistique, vous me pardonnerez.

Il était à peu près quatorze heures quand mon collaborateur posa ses bagages dans ma modeste demeure, empruntée pour mes congés.
Nous ne manquions pas de travail, mais avec le soleil pour gouvernail, nous fumes guidés -contre notre volonté, c’est évident- au restaurant de la plage pour y déjeuner, avec la résolution d’ensuite échanger nos idées à propos des dossiers engagés.

Repus, il fallait encore digérer…
Les deux garçons qui nous accompagnaient, mon homme et son jeune camarade de gaité, consentirent à m’encadrer pour une promenade au bord de la Méditerranée.
Le vent soufflait avec autant de violence que celle que les vagues puisaient pour s’abattre sur nos pieds.
Pierre, téméraire, voulait absolument nous emmener braver le danger, « pour s’amuser » argumentait-il…
Deux sauveteurs des mers désamorcèrent notre vaillance.
Le drapeau rouge venait d’être hissé.
L’un était mat, l’autre était plus clair, mais leur stature était identique : rien qui bouge, envergure solide et athlétique, pectoraux moulés, posture assurée.

Je me rappelle avoir songé avec insolence que leur allure un peu potiche leur donnait l’air de deux braconniers en quête d’une biche.
Combien allais-je regretter, quelques courts instants plus tard, cette affiche que je venais de leur coller arbitrairement au coin du nez!

Notre fougueux camarade de jeu s’entêta.
Il nous proposa de nous éloigner un peu de ceux-ci et de défier l’interdit.
Face à notre résistance, il irait seul finalement!
Mais après quelques mouvements de bras face à la force d’inertie du courant, l’impertinent- éprouvé- se découragea.

C’est à ce moment-là que tout bascula…
Nos regards en direction des remous, nous distinguions des enfants en train de sauter les vagues!
« Ils sont fous! »

Les voici aliénés, pris au piège de cet élément étranger qui les assiège.
En une fraction de seconde, leur visage prit un virage : plus de sourires, une panique profonde et pragmatique qui paraissait les endolorir…

Je hèle le secouriste le plus proche!
Il est déjà harnaché,il entre en piste, prêt à en découdre, laissant sa vie en garantie, sans jamais se résoudre à abandonner.

Non moins de dix guerriers de la police nationale et municipale se joignent à la laborieuse et dangereuse mission!
Mieux qu’une vocation, une véritable abnégation…

Un premier petit garçon est ramené après cinq minutes de lutte acharnée.
Lui n’avait pas encore été tout à fait emporté…
J’identifie qu’il reste cinq autres échoués.

D’où vient ce bruit?
Les sanglots inoubliables d’une jeune fille sur le sable…

La jeune fille, telle une brindille, gracieuse et merveilleuse, doit être âgée de quinze années.
Elle est trempée, elle a froid, mais elle ne le sait pas. Non, à cet instant, elle ne le sent pas!
Son petit-frère ou sa petite-soeur doivent être parmi les enfants en difficulté…

Un deuxième garçon est repêché, non sans peine!
Il accoste aux bras d’un puissant policier! Et pourtant…
Tous deux s’effondrent sur le sol…de concert!
Il n’y a rien à répondre à la mer, elle est souveraine et elle est devenue complètement folle…

Le ballet des secouristes se poursuit, nos héros persistent! Ils sont désormais plus de vingt à se relayer dans l’eau.
Les hommes à quai se mettent à aider, ils tirent sur le fil déroulé…

Moi, je n’ai d’yeux que pour elle…
Sa douleur me transperce le coeur…
Il me suggère de ne pas la laisser, d’aller la réconforter.
Elle n’est pas seule, ses cousines sont avec elles.
J’hésite…
Il insiste…
Alors je cours vers elle et en un élan, je la serre fort, je la berce de tout mon corps, mes bras font deux fois le tour.

A cet instant, son âme affligée, déchirée, retentit en un cri : « Maman »…

J’enlace son épaule gauche de mon épaule gauche :
« C’est ta maman qui est là-bas? »
« Je ne voulais pas la perdre, j’ai déjà perdu un proche.. »
« Calme-toi, tu ne la perds pas! »
Alors, sans grimaces, avec tant de dignité, elle m’assura… :
« C’est ma maman, elle est morte. »
Elle le savait, elle le sentait, elle la sentait et je n’ai pas accepté de la croire.
Sans doute ai-je voulu y sursoir.
Je lui promettais encore ce que jamais je ne pus tenir…
« Elle ne va pas mourrir tu m’entends, elle va s’en sortir, ils vont la sauver je te le promets. »

J’ai vu qu’un instant elle me crut…
Combien je m’en suis voulue…
J’ignorais que je mentais…
Elle, elle le savait…
Elle, elle le savait…

Les héros de la mer, à terre, changent de stratégie.
Ils se décalent, tirent bientôt à quarante sur le fil et le relâchent quand la vague fait opposition.
Ils ne vont plus contre le courant, ils jouent avec lui.
Quelle sordide ironie!

Les silhouettes se dessinent enfin, il y avait bien une jeune femme pour accompagner les trois enfants restants, mais elle a perdu connaissance.
Le dernier héros l’a allongée sur une planche pour mieux la ramener.

Je considère sa fille qui tourne le dos à la débâcle.
Ne me demandez pas pourquoi, je lui tapote le bras comme on encouragerait un cheval sur le point de sauter un obstacle.
Ma gaucherie, mon impéritie, mon impotence n’ont d’égale que mon impuissance…
Je suis absolument désemparée…
Mais que dire alors de cette petite poupée!

Je dois refaire face, pour elle…

Les vagues les ensevelissent puis les libèrent par à-coups de cinq longues secondes; voici alors ce qu’ils subissent depuis trente minutes…
Un dernier effort et enfin les enfants s’écroulent à terre.

Anne Dufourmantelle, sur la planche, attendra d’être sauvée… à jamais!
Pendant plus d’une heure, sauveteurs, policiers et pompiers se relaieront tour à tour pour lui administrer les premiers secours, mais en vain…

Je me suis éloignée de sa fille, de son bébé, sans ne plus jamais oser retourner à ses côtés.
J’étais tellement désolée!
Je suis tellement désolée!

Si tu savais, petite poupée, combien j’aurais aimé avoir raison!
Comment tu vas vivre avec ça maintenant?
Si Dieu existe, alors il est o’dieux!
Aucun plan de Dieu ne mérite que l’on ôte la vie de ta maman qui a tant apporté à la société.

Je ne pense qu’à toi depuis ce 21 juillet dernier.
Je t’ai observée : tu es digne, intelligente, grande et courageuse!
Tu vas vivre, tu dois vivre!
Tu vas vivre dans la ligne de ce que ta maman était, une héroïne, une vraie…
Celle qui te recommanda de rentrer te sécher pendant qu’elle partait sauver de la noyade ces enfants qui n’étaient pas les siens.

Je ne serai pas là tout à l’heure, j’ai beaucoup tergiversé, mais je ne suis qu’une inconnue, aujourd’hui tu as besoin de ta famille et de tes amis.

Mais si un jour, petite poupée, aujourd’hui, demain ou dans quelques années, tu me lis et que tu as besoin de mes bras, je serai toujours là pour toi et cette promesse-ci, je la tiendrai au péril de ma vie.

L’inconnue du plus triste instant de ta vie.

« Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait… »

« La critique, art aisé, se doit d’être constructive » enseignait Boris Vian

Voici une proposition pleine de bon sens, façonnée d’évidences, à vertu salutairement abrogatoire, qui saute à ma mémoire avant de vous livrer ces quelques pensées…

Notre nouveau Président de la République -à qui l’on prête d’opportunité de vives ressemblances physiques avec l’auteur de l’Arrache-coeur- est-il, à l’image de ce dernier, un insurgé solitaire et libertaire?

Telle est -selon mon entendement- la réelle polémique du moment!

Emmanuel Macron est-il le nouveau Danton, s’apprête-t-il à conduire la plus ferme révolution de la Cinquième République?
Assistons-nous à un profond changement de paradigme politique?
Après avoir jeté les vieux croutons dans la soupe, Emmanuel Macron nomme à Matignon Edouard Philippe, Enarque, Maire du Havre, homme inconnu du Grand Public.
Une affectation qui navre…
Bernard Accoyer, le premier, regrette l’infidélité filiale opérée par le nouveau Premier Ministre.

Il est vrai qu’après avoir été soutien de Michel Rocard, puis membre du Cabinet d’Alain Juppé, puis député affilié aux nouveaux Républicains, il sentit le vent tourner et -dépité- quitta la piste avant qu’il ne soit trop tard.

A barque désespérée Dieu fait trouver le port…

Quant à Emmanuel Macron, avouons qu’il a fait fort!
Avec Monsieur Taciturne et les juppéistes à sa suite, il s’assure une majorité à l’Assemblée quoiqu’il sorte des urnes!
Malicieux oui… mais judicieux!

Cette désignation ne correspond donc ni à une déférence, ni à une complaisance mais répond d’un dessein coextensif, un dispositif d’ouverture, une nomenclature neuve et fleuve…
Tout le monde y est appelé puis agréé, sans distinction de préalable adhésion.

Est-ce affable?
Pas seulement!

L’absence d’exclusion par principe anticipe toute forme de protestation, de sédition, d’insurrection et d’agitation.
Le plus aimable des systèmes n’est-ce pas celui qui n’en présente aucun? ,)

Avec modération et circonspection, voici la fiction mise en place par notre nouveau Chef de file, passionné de philosophie à toutes fins utiles…

Il retint fort bien ce que lui soumettaient les républicains alors qu’il proposait à l’Assemblée sa Loi sur la Croissance et l’Egalité des Chances.
« Nous voudrions te donner raison, mais nous devons nous ménager! L’intelligence n’est autre que la révolte contre les conséquences»

L’expérience, au service de sa prévoyance et de l’espérée omniscience, il en tira les leçons, désintégra pour intégrer.

Alors, toujours trop jeune pour gouverner?

Le temps ne fait rien à l’affaire, mais si l’âge n’est pas une barrière, ses ennemis l’attendront en lisière.
Lui et son subordonné, au premier impair, seront sûrement lynchés.

Pour l’heure et puisque la société ne vit pas d’idées négatives mais d’idées positives, nourrissons ses ambitions à notre propre faveur.

Georges Sand disait : vieillesse de l’esprit que tu es difficile à concilier avec jeunesse du coeur.

Que sa verdeur et sa vigueur emportent sa générosité,

Liberté, Egalité, Fraternité!

Dictateurs!

Pourtant ce matin avait bien commencé, le soleil brillait, un matin de printemps tout ce qu’il y a de plus charmant, vous voyez?
C’était évidemment sans compter sur le quotidien tenant rituellement compagnie à mon thé…

A la Une :

– Après l’éviction -de son volition- de plus de 4000 magistrats soupçonnés d’appartenir à l’opposition, après aussi la destitution forcée -de son fait- de non moins de 9000 policiers suspectés de sustenter quelques objections, voici qu’Erdogan s’applique -entre deux ordres d’incarcération- à tordre la Constitution jusqu’alors en vigueur, aux fins de concentrer l’ensemble des pouvoirs entre ses seuls mains.
Oh, il ne souffrira pas la critique, puisque cette mesure a été ratifiée lors d’un référendum du 16 avril dernier… Je vous l’assure…
A croire que l’homme court à l’abattoir sans y être contraint! A moins encore qu’il n’y ait été astreint…

– Syrie, il est à nouveau subodoré que Bachar Al Assad puisse être l’instigateur -pour ne pas affirmer qu’il en est le promoteur- d’une attaque chimique menée par avion, au Nord des positions rebelles, à Khan Cheikhoun.
Une nouvelle abomination qui aurait coûté la vie à 100 personnes et en aurait laissé 400 autres pour blessés.
Le Protocole de Genève de Juin 1925 et les Conventions sur l’interdiction des armes biologiques de 1972 et sur l’interdiction des armes chimiques de 1993 semblent ne pas avoir été portés à la connaissance du vilain dirigeant asphyxiant aussi chroniquement qu’impulsivement ses administrés.
Oserais-je pour autant préciser que non seulement Bachar fut démocratiquement appelé à gouverner, mais qu’a fortiori il fut reconduit dans ses fonctions de petit père par référendum populaire le plébiscitant à plus de 97% des habitants.
A croire que l’homme court à l’abattoir sans y être contraint! A moins qu’il n’y ait été astreint…

– D.A.E.S.H., dont les allégeances, les revendications d’obéissance ne cessent de prospérer, Daesh vient encore d’assassiner dix soldats irakiens et trente deux réfugiés de la Province de Deir Ez-Zoor…
Deir Ez Zoor, ce no man’s land syrien -emplacement stratégique pour ses ressources en pétrole et sa proximité avec l’aéroport- terrain en proie aux secousses, au chaos plutôt, où sont mis à mort ces gamins utopiques fraichement débarqués servant de boucliers pour LA cause pseudo-sacrée face aux rebelles, à l’armée officielle, à Jahbat Al Nusra, ou autres groupes indépendants, vulgairement, les rejetés.
A croire que l’homme court à l’abattoir sans y être contraint! A moins qu’il n’y ait été astreint…

– Pendant ce temps, l’Arabie Saoudite, elle, vient d’être fraichement nommée par les Nations Unies -pour ne pas dire lâchement- membre de la Commission pour le droit des femmes pour un mandat de quatre années!
Elle n’est pas belle celle-ci?
Pour rappel, L’Arabie Saoudite c’est ce pays où les femmes n’ont pas le droit de contracter, de s’exprimer, de travailler, de circuler ou simplement d’aimer sans l’aval d’un tuteur arbitrairement désigné et attitré ad vitam aeternam.
Pas banale comme cooptation!
Le vote fut tenu secret, toutefois les murs ont des oreilles et il se murmure dans les couloirs de l’auguste et si juste Institution que 47 Etats sur 54 participants y ont convenu!
Horrifiant « nan »?
Nos jolies valeurs -pourtant consignées- gagnées au prix de tant de vies sacrifiées, ne font pas pencher la tare face aux pétrodollars.
A croire que l’homme court à l’abattoir sans y être contraint! A moins qu’il ne S’Y SOIT astreint…

Nous voici donc rendus aux pires instants de l’histoire, aux plus coercitifs et assassins désespoirs.

L’être humain est-il devenu un fieffé fêlé, un cinglé, un désaxé, un aliéné, un féru de la forfaiture, de la dictature?

Plus de deux cents tyrans ont décliné, cédé, décampé ou même trépassé :
Augusto Pinochet, Zine el-Abidine Ben Ali, Francisco Franco, Antonio de Oliveira Salazar, Idi Amin Dada, Nicolae Ceausescu Sadam Hussein, Mouammar Kadhafi, Adolph Hitler ou Joseph Staline….

Comment se fait-il alors qu’au XXIème siècle -le siècle de l’humanisme prétendait Maurice Bonnet- se pérennisent encore des poches dictatoriales, comment se peut-il que ces despotes persévèrent sous le regard si peu sévère de la communauté internationale?
Pourquoi la nation, le peuple, ne se soulève-t-il pas?

Résignation ou appréhension?
Ignorance ou dépendance?
Sophisme ou fatalisme?

Il va sans dire que la discipline, la famine, les combines, le manque de ressources, de culture ou d’ouverture sont source et nourriture de l’autoritarisme.

L’autocratie use des traumatismes, abuse des tendances schizophréniques et de l’ingénuité organique de l’être humain pour systématiser le lien subordonné.

Mais -heureusement- il n’est aucun tyran qui résiste au temps!
Tôt ou tard, il se heurtera à la patience des âmes, au grand dam de Madame intolérance!
Tôt ou tard, il n’offensera plus seulement les idéalistes mais aussi les révolutionnaires!

…Jusqu’à ce que la vérité les ait tous éradiqués…
…Jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus un seul de ces tyrans sur la surface de la terre…

Continuons à parler et à hurler!

Robert Mugabe (Zimbabwe)
Teodoro Obiang Nguema (Guinée)
Omar El-Béchir (Soudan)
Islom Karimov (Ouzbékistan)
Idris Débi (Tchad)
Noursoultan Nazbaiev (Kazakhstan)
José Eduardo Dos Santos (Angola)
Essayas Afewerki (Ethyrée)
Alexandre Loukachenko (Biélorussie)
Bachar al-Assad (Syrie))
Ramena Kadyrov (Tchétchénie)
Thein Sein (Birmanie)
Kim Jong-Un (Corée du Nord)
Michel Djotodla (Centre-Afrique)
Salmane ben Abdelaziz Al Saoud (Arabie Saoudite)
Ali Bongo (Gabon)
Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti)
Ali Khamenei (Iran)
Vladimir Poutine (Russie)
Recep Tayyip Erdogan (Turquie)

Bientôt, nous vous dirons… au revoir!
L’histoire a bonne mémoire, vous n’aurez pas notre peau!