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Un grand homme

Cette semaine, j’ai rencontré un grand homme. Un homme dont la renommée assomme, un homme qui marque son temps, mais qui pourtant -à n’en plus douter- témoigne d’une intégrité qui ferait de l’ombre à sa poigne, d’une humilité à la hauteur de ses valeurs.

Cet homme a réussi sa vie! De façon incontestable, il a soutenu l’insoutenable, réalisé l’impensable et vu l’ensemble de ses projets couronnés de succès. Seulement voilà… voilà que mon postulat tremble. Escorté par son allure puissante, l’homme a creusé une ébréchure dans mon axiome. Il m’a rappelé que quand la vigueur est au rencard, le bonheur est bien souvent au placard. L’impossible ne supplante pas le possible, à l’inverse, bien souvent, il le renverse ou le plante, carrément!

Alors avoir réussi sa vie, c’est avoir une famille, des enfants, c’est en profiter à chaque instant, avec ou sans argent, troquer son or contre un vent de paradis, laisser ses soucis à l’enfer et aimer sa mère. Euh… à qui vous vouliez faire gober ça?

Bien sûr, prospérité n’est pas succès; pour sûr, le blé est l’ennemi juré de l’amitié. Evidemment, c’est une nécessité d’en posséder. Pour autant, c’est une notion qui souffre de relativité. Et c’est notre envie de consommer qui nous pousse à toujours repousser notre gaieté et avec elle notre destinée. Change tes priorités, aspire au devenir et non à l’empire. Il ne s’agit ni d’asservir, ni même d’obéir mais de grandir.

Cet homme qui rêvait de devenir roi, par chance d’avoir passé son enfance dans la joie, n’a pas eu peur de suivre sa voie/x. Pour lui, nul besoin de prouesse pour faire florès, il suffit d’une idée et de la propulser. Affection, ambition, création et c’est assez? Non il faut encore la passion, il faut aimer ce que l’on fait, aimer son métier à en perdre la raison! A bien le regarder, c’est peut-être bien là le secret du succès. La recette paraît simplette? C’est une illusion! Il faut essayer puis échouer, réessayer et essayer davantage. Il faut s’armer de patience et de courage et garder confiance, je t’assure, ça déménage!

Voilà, avec tout ça tu devrais arriver au sommet, et après? Eh bien après, c’est la valse des difficultés, des contrariétés, des fausses-amitiés et des inimitiés déclarées, ta postérité n’est plus qu’héritier, plus rien n’est enchanté, tout est compliqué, tu es envié, dévisagé, sollicité, débordé, épié, traqué, un peu trop imposé, parfois même emprisonné et évidemment à cet instant abandonné… Essaie, tu verras, à l’instar du savetier, tu voudras rapidement rendre ses écus au financier pour recommencer à chanter (Fable de La Fontaine).

Reste un attrait: les femmes seront à tes pieds. Ah là oui, ça présente un grand intérêt car passé un certain pallier de commodité pourquoi s’acharner? Eh bien parce que Madame n’a pas fini de dépenser, eh oui! Alors retourne travailler…

Non mais plus sérieusement, tu tiens vraiment à être opulent? C’est irrésistible, tu n’atteindras jamais ta cible, cheminement sans dénouement…

Jamais tu n’as été aussi entouré, des milliers de petites bestioles volent autour de ton portefeuille ; pourtant, à aucun moment tu n’as été aussi seul. Tu es seul, tu es seul dans tes raisonnements, seuls dans tes sentiments, seul dans tes accomplissements, seul dans ton génie, seul jour et nuit et c’est infini; tu es seul parfois savoureusement, mais souvent douloureusement et tu paierais le prix pour retrouver ta vie d’avant. Comme si, tel un diamant, le meilleur sort que l’on te réserve lorsque tu deviens important, c’est de te faire solitaire… Mais tu ne choisis pas d’avoir du talent et tu prends le lot complet, la totale; comme disait Stendhal, voilà le revers de ta médaille: comme l’aigle, plus tu t’élèves, moins tu es visible et tu es comme puni de ta grandeur par la solitude de ton âme. Qui veut encore postuler pour le succès?

Présupposé: toute personne dans une situation d’autorité incontestée et libre de patron et de toute contestation, court un danger: celui d’en abuser. Eh bien figurez-vous que le bougre est humain avant tout. Il sait écouter, il sait remercier, il sait partager et faire preuve de générosité. A croire que l’intelligence ne met pas forcément la clémence à l’index… Il semblerait même que la munificence soit le conducteur de la magnificence, à bon entendeur!

Bon tu as le droit de ne pas avoir envie de lui ressembler et l’imposition est là pour te conforter, en même temps que le voile qui cache parfois ses étoiles. Mais attends, il est beau, il paye ses impôts, il s’agenouille même devant sa progéniture pour leur lacer les chaussures. C’est irritant! Le pire c’est que si tu voulais l’imiter, tu es mal barré, il ne souffre pas de contrefaçon, c’est un être d’exception.

Alors, il ne me reste plus qu’à vous aviser: sachez que le plus grand des hommes ne sera jamais aussi grand que la femme qui sait l’accompagner et plus encore que sa grandeur ne sera qu’à la hauteur de l’amour qu’il offrira à l’élue de son cœur.

L’étoile dont tu as hérité…

A l’heure où la notion de patrimoine individuel et personnel est largement mise en difficulté et où les droits attachés à ce dernier sont, de fait, assez précaires, je me vante d’avoir été quelque peu visionnaire, en choisissant de devenir notaire.

Pour ce qui subsiste de leur chair, Aubry et Rau, maîtres de la théorie de l’unicité du patrimoine, doivent se retourner dans leur tombeau et Jean Bodin, de colère et de chagrin, doit être pivoine.   « Il n’est de richesse que d’hommes… » Disait-il?… La pensée civile n’est plus tout à fait un axiome.

Si possession rime avec taxation, si propriété privée est mal menée, voire mal aimée, si elle déprime et opprime au lieu d’être fierté et protection, bref si elle est dégoûtation au lieu d’être dégustation et si elle est synonyme d’évasion, que d’opportunité l’on serait fort tenté(s) de défendre et de rendre légitime en prime, alors que reste-t-il encore de la notion de transmission? D’ailleurs, dans tout ce remue-ménage,  n’a-t-on pas fini par oublier que l’essence d’un héritage, l’ambition d’une succession n’est autre que la tradition, en substance, le transfert de valeurs d’âme et de cœur, d’une philosophie religieuse et/ou vertueuse?

Cinq mille ans d’histoire et autant de mémoire(s), voilà comment le judaïsme et dans son prisme l’élitisme, qui n’y est pas tout à fait étranger, ont déterminé le choix de mon métier. Si aujourd’hui je suis en émoi, c’est bien parce que j’y crois. Oui, selon moi, l’héritage n’est pas seulement chapardage et le mot patrimoine ne traduit pas uniquement un passage à la douane, un vulgaire péage; non! Il est et doit être aussi un témoignage d’affection sans prétention du parent à l’enfant et davantage encore un hommage de l’enfant au parent.

L’étymologie du vocable est aisément identifiable et en dit long sur son esprit: le « patrimonium » n’est pas constitué d’autres éléments que de l’ensemble des acquêts en provenance du père disposé. (Entendez tout parent qui jouit d’une certaine autorité et D.ieu, c’est évident!) Il appartient à l’ascendant éclairé, à papa et à maman, d’enseigner à l’enfant que l’apprentissage d’un métier te rend bien plus puissant que d’attendre et espérer que papa ne se soit pas trop endetté. Attention, je ne préconise pas l’exhérédation, je valorise l’éducation, je réactualise le principe de l’aspiration, je t’immunise contre la dilapidation; en somme, il vaut mieux que tu ne t’émancipes avant que papa ne vienne à casser sa pipe.

Liberté, mais aussi créativité! Personne ne t’a interdit de rêver; au contraire, c’est à ton père de tout faire pour que tu aies des racines et des ailes. L’instruction c’est elle qui génèrera tes passions. Ton blé, tes billets, tes tunes, ta fortune tu peux tout jeter à la poubelle; l’aisance, l’abondance c’est une réjouissance, d’accord, le somptueux c’est dispendieux et précieux, passe encore! Mais celle qui vaut de l’or s’appelle expérience.

Au lieu de laisser disparaître ses acquis, sa vie, papa va te la transmettre, tu comprends? Parfois, c’est dur pour lui de te parler de ses émotions, mais tant pis, il y a plus important: ce qu’il va te donner, c’est son nom! C’est ça, voilà, c’est lui qui te rend immortel, c’est lui qui te rapproche de l’éternel! C’est pour lui qu’il y a à peine quelques années, nos parents, nos grands-parents ou arrières grands-parents ont résisté, ont lutté pour qu’il puisse continuer d’exister. Et après tout cela, un testament, à sa simple lecture, panserait tes blessures? Pauvre con! « Un oiseau dans la main vaut mieux que deux sur le buisson. » En Yiddish, on dit que ce n’est pas ce qui est beau qui nous rend riche, c’est ce qui est riche qui nous rend beau.

L’héritage, vois-tu, c’est mieux qu’un voyage. Alors toi, qui donnes, papa, n’oublie pas de te souvenir de la traversée et de la conter; et toi qui reçois, n’oublie pas de ne jamais oublier l’étoile dont tu as hérité.

 

 

Tous aux abris!

L’état-major général de l’armée nord-coréenne a informé officiellement Washington que les Américains seront “écrasés” par des “moyens de frappe nucléaire”. “L’opération impitoyable” a été définitivement examinée et ratifiée, de quoi trembler… à l’instar de la Russie et de Pékin qui tâchent de jouer les médiateurs pour éviter d’avoir à faire les frais d’une éventuelle bombe nucléaire des US en représailles…Quelle pagaille!

La Corée du Nord ne lâche rien de ses prétentions à effacer les Etats-Unis de la carte et sa folie ne cessant de prospérer, Pyongyang conduit avec succès ses tests nucléaires et ferme ses portes aux travailleurs sud-coréens! Selon des sources militaires, le Nord pourrait tirer un missile le 15 avril, anniversaire de la naissance du fondateur du régime communiste, Kim Il-Sung.

Orchestration théâtrale pour asseoir sa toute puissance ou aberration, démence et inconscience abyssales?

Affaire à suivre…

Suite…

Kim Jong-Un, après avoir -ce 29 août 2017- menacé l’intégrité du Japon tout entier, comptabilise le score de non moins de 18 tirs de missiles!

A cela, Trump répond alors pudiquement que “toutes les options sont sur la table”.

Français, tremblez…

Si à l’aube nous ne sommes pas calcinés ou désintégrés, a minima nous serons désembauchés.

Eh oui?, le dollar en berne, l’Euro -lui- vient d’exploser…
Au revoir compétitivité internationale, douce portion pourtant frugale!

Angle mort

Samedi 30 mars, 19h30: annonce truculente ou effrayante, alerte à la bombe qui devrait exploser aux alentours de 21h30, aux pieds de la majestueuse qui pique cul du ciel, on évacue la tour Eiffel… C’est le branle-bas de combat mais à 22h déjà fin du tracas! C’était un faux signal, celui-ci n’est pas banal, de quoi relancer le débat magistral: le terrorisme, intégrisme, banditisme, diabolisme et même anti-idéalisme -quoiqu’on s’en recommande- qu’on agisse seul ou en bande, qu’il soit dans le prisme d’un Etat ou d’Al Qaïda.

Qu’ils soient fanatiques, ou que ce soit de la défense des miséreux qu’ils se revendiquent, nos souffre-douleurs sont de flagrants imposteurs, d’habiles et dangereux flagorneurs.

Bien sûr, les actes de terreur ne peuvent jamais ni se justifier, ni se motiver par quelque raison, ni même religion que l’on invoque, par quelque lecture ni même torture que l’on évoque. L’instrumentalisation des cultes n’est qu’un vice, une couverture par-dessus le service d’intérêts occultes: parmi ceux-ci, la subversion de l’ordre établi, la confiscation des ressources d’un pays, le maintien au pouvoir d’un impie.

La terreur a bien souvent l’odeur de la peur, elle est le reflet de ce qu’ils ont dans leur cœur -de la rancœur- . La dispenser, devient alors LE moyen, pour ces fêlés, de combattre leurs angoisses…non…plutôt de s’en débattre… à défaut de pouvoir y mettre fin. Stop, c’est déjà trop! Je ne veux pas prêcher pour leur(s) paroisse(s), symptomatiser serait un peu légitimer. Leur démence n’a absolument aucun sens! Il n’y a pas lieu de donner un nom à ces malveillances, ni d’apporter des nuances à ce qui est pure violence; aucune cause juste ne peut être défendue par de tels actes de défiance, ou au moins ce serait de la contre-performance.

Si encore ces tarés exprimaient leur singularité, si encore ils avaient quelques idées, quelques idées autres que l’anti-conformité et l’animosité raciste et extrémiste, que l’hostilité bornée et emportée, eh bien au risque de choquer, peut-être qu’ils chambarderaient l’humanité. S’ils imaginaient un seul instant réussir à susciter l’émoi, pensez bien qu’ils feraient entendre leur voix, mais leur propagande c’est une légende! Il n’y a pas plus méprisable, plus minable que ces moutons de panurge qui suivent sans passion un ou deux chefs de rang, des tyrans qui s’insurgent. Le djihadiste c’est l’ignorant soi-disant réformiste, qui se réclame de la pureté de l’âme et oublie plus ou moins volontairement qu’au commencement et au point culminent de ce que l’on nous apprend, à nous orientaux, au rang des fondamentaux, il y a la tolérance et la reconnaissance, il y a la paix et le respect.

Alors oui, c’est vrai, la plus grande menace réside peut-être en celui qui se cache sous sa carapace, qui gouverne avec amour et au grand-jour, derrière lui toute une cour de dégonflés intimidés et apeurés. Mais la peur est un cri et la terreur un murmure. Autrement dit, Ahmadinejad est-il plus à craindre que le Jihad? Simplement tout autant! Et le sentiment d’horreur a pris ses quartiers grâce à la diffusion de profondes menaces, au ressentiment d’immondes évènements. Il y a plus de terreur dans l’anticipation que dans l’action, et Alfred Hitchcock me donnerait raison. C’est un orage qui gronde au-dessus de nos maisons, que l’on habite ici ou là et les événements d’hier donnent du crédit à mon argumentation. Oui, il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’un canular et même d’un vrai connard mais… le simple fait d’imaginer que le plus barbare puisse être au rancard, ça ressemble à un cauchemar. Et attention, le fait que l’attentat ait été inventé et ne se soit pas réalisé n’est pas un réconfort sans modération, parce qu’à l’angle -juste là- il y a la mort qui attend patiemment.

Poutine prétend sans ménagement que « le sexe, la violence et le terrorisme devraient être interdits », ok c’est légèrement ironique et antithétique mais c’est marrant! Et puis ce n’est pas à prendre en bloc, pas tout, décrispez-vous! Je sens que vous allez plutôt être des adhérents à la pensée de Benjamin Constant: « l’excès des impôts conduit à la subversion de la justice, à la détérioration de la morale (et du moral tiens!) à la destruction de la liberté individuelle ». Ah voilà qui ne va pas souffrir d’opposition, une nouvelle forme de terrorisme d’Etat! D’accord, d’accord, c’est un peu fort mais au moins ça nous tient en éveil. C’est ça, je veux que l’on évite de laisser le drame en sommeil; c’est ça et je vous invite à ne pas larguer les armes au prochain rond point.

M’bala M’bala ou le venin du serpent

Que les choses soient claires, il ne s’agit pas ici de faire une quelconque publicité au comique-martyr, qui cherche à faire pleurer dans les chaumières, Dieudonné M’bala M’bala. Mais je ne pouvais laisser passer son retour sur scène, qui me fait bouillir, sans écrire combien il est obscène.

Celui qui a partagé le succès d’Elie Semoun ferait bien de se cacher sous une guitoune. Ce salop aux propos heureusement hétérodoxes, déguisé en juif orthodoxe, lui a attribué le salut hitlérien -espèce de chien!- et fait remettre le trophée de la Shoa à Robert Faurisson, le roi des cons, militant négationniste et raciste, proche des Lepénistes et des mouvances néo-nazies de France.

Non sans causer la révolte de plusieurs milliers de français de toute obédience, l’affront n’a pas suscité autant de protestations de la part de certains journalistes. Sans doute sympathisants ou pire partisans de telles convictions qui me dégoûtent, ces derniers ont travesti la vérité et oublié de rapporter certains faits, le présentant comme souffre–douleur, alors qu’il n’est qu’une horreur! Et sa lettre d’excuse? Elle-même l’accuse! « Certaines de mes expressions malencontreuses, sorties de leur contexte, ont pu blesser certaines personnes de confession juive. » Mais bien sûr! Tel un homme politique de mauvaise foi, il se fait passer pour une proie et, en bon radoteur, reproche à ses détracteurs de sortir sa forfaiture de son contexte. Quelle injure! Ton antisémitisme latent, pire tes insultes aux justes et aux résistants n’étaient-ils pas dans le contexte ? Tu as bien suivi une logique, préparé la réaction chimique, prémédité ton contexte et malgré tout tu cries au lynchage médiatique. S’il t’eût resté un peu de dignité, Dieudonné, c’eût été d’assumer ou au moins de te résigner…mais non, tu as continué! Tu continues à manquer de respect à l’ensemble d’une communauté et à tant de sacrifiés… Et voilà que tu ajoutes à ceux-là la communauté musulmane et ses saints religieux que tu condamnes et enfin les catholiques qu’évidemment tu critiques.

Oui, à de nombreuses reprises, c’est bien d’incitation à la haine raciale dont le comique qui ne fait plus rire s’est rendu coupable, non sans oublier les musulmans de France que les premiers Dieudonné a insultés en 2006 avant de prendre conscience qu’il ferait mieux de les draguer afin de tirer bénéfice de ceux qui ignorent encore qu’il est un porc; et même s’il a été plus d’une fois condamné, ce n’est pas assez… Celui qui, en juillet 2008, a fait baptiser sa fille avec pour parrain attitré Jean-Marie Le Pen a soufflé sur la dernière flamme de son intelligence pour laisser le champ libre à son intolérance et à la haine.

Pour porter autant de malveillance, autant de violence, pour inspirer autant de répugnance, pour être la cruauté incarnée, combien tu dois te détester? Oh je ne te pardonne pas malgré ton état: face à tant d’animosité et d’hostilité, tu n’as que mon inimitié. « Face à l’intolérance et à la haine, il n’y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible ». Voilà pourquoi on ne veut pas entendre ta voix, la voie de la barbarie, pas un bruit de ta xénophobie, pas un son venant de toi. Quand je sais qu’on te laisse encore « jouer »…j’en ai le cœur soulevé!

Alors, au risque de paraître obsessionnelle ainsi que de faire une publicité nouvelle à ceux qui ne le méritent guère, il faut continuer à piquer de saintes colères! Il ne faut pas autoriser une telle tournée sans broncher, il ne faut pas accepter qu’un tel discours soit de retour même sans être pour! Car de même pour lesdits historiens… révisionnistes, si nous ne réagissons pas, si nous n’affirmons pas qu’il ne s’agit en aucun cas de vérité historique, mais bien de falsifications, demain nos propres enfants ne sauront plus faire le départ, demain nos propres enfants ne sauront plus quand on leur ment.

Et je ne fais que commencer à m’exprimer! Je continuerai à combattre Dieudonné pour m’assurer que jamais l’intolérance ne prospère dans l’ignorance car son venin est nécrosant comme celui d’un serpent.

Annonce officieuse: crise monétaire européenne!

Chypre souffrant d’un déficit budgétaire d’un peu plus de dix-sept milliards d’euros -en ce moment, c’est élémentaire!- avait réclamé, en juin dernier, une aide financière à l’Union européenne et au Fonds monétaire. Ambition déclarée, intention certifiée: renflouer ses deux principales banques, plombées par leur exposition à la Grèce, la première en manque.

Lors du dernier Eurogroupe, début mars, les ministres des Finances s’étaient montrés décidés à mettre sur pied, d’ici fin mars, un plan d’aide au nom de la bien nommée entraide… Enfin, pas tout à fait… En effet, Chypre, l’une des principales places offshore, consent en échange à leur indiquer où se trouve le ou les trésor(s)… Elle accepte de se soumettre à un audit sur le blanchiment mené par un cabinet indépendant.

Alors voilà que dans la nuit de vendredi à samedi, un accord a enfin pu être trouvé entre la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le FMI. Nicosie estimait avoir besoin de quelques dix-sept point cinq milliards d’euros, l’équivalent de son PIB, ce que le FMI prohibe: « l’aide doit être inférieure à dix-sept milliards d’euros pour avoir une dette soutenable ». Incroyable, la dette ne serait-elle pas soutenable pour Chypre au-delà de ce chiffre ou est-ce l’Eurogroupe qui est un presse-étoupe et ne se mouille pas? Jusqu’à mercredi, l’option de faire subir des pertes aux déposants privés « n’était pas sur la table ». Alors voilà le plan de sauvetage qui va faire des ravages: un maximum de dix milliards, en échange d’une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires qui rapportera près de six milliards. Cette taxe exceptionnelle, ce n’est rien de moins que 6,75% sur les avoirs que l’on pensait planquer dans un coin en-deçà de cent mille euros et de 9,9% au-delà de ce seuil, ainsi qu’une retenue à la source sur les intérêts de ces portefeuilles. Il s’y ajoutera quelques privatisations et une hausse de l’impôt sur les sociétés qui risquent d’être très peu appréciés et de provoquer quelques consternations. Et tous les épargnants sont concernés, qu’ils soient chypriotes ou étrangers! Bien sûr, les autorités ont déjà pris toutes les mesures: les comptes bancaires sont bloqués, les sommes dont ils sont les dépositaires gelées en attendant plus de décisions pour réussir ladite opération, retenir les capitaux et empêcher leur massive migration.

Ces prélèvements devraient rapporter au total cinq point huit milliards d’euros, a indiqué samedi le chef de file de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Voilà, plus de problème! Ah oui mais attendez, allez lire la presse internationale… L’Europe est la risée de toutes les contrées. Selon Forbes, la confiance se résorbe pour finir peut-être par disparaître et pourquoi les propriétaires de comptes bancaires cités à comparaître et dans une position bien plus précaire en Espagne par exemple ou en France bientôt, conserveraient leurs coordonnées? Eh oui, pourquoi rester si tu sais qu’on va te faire une coupe au carré? Cette décision aurait le potentiel d’engranger une fuite générale de toute la zone euro et une telle situation mettrait en question de manière abyssale l’Euro lui-même.

Et avec ça, la directrice du FMI, Christine Lagarde, considère que la résolution adoptée est presque tout autant extraordinaire que nécessaire. Eh ben, on est mal barrés!

Une femme est belle quand elle se sent belle!?

Il y a de cela un peu plus de deux mois, j’ai fait la connaissance d’une somptueuse jeune femme qui affirmait avec assurance pouvoir nous redonner confiance. Vous imaginez sans difficulté que moi-même j’ai douté d’une telle aisance et lui ai adjoint le qualificatif d’insolence. Mais en manquant cruellement, j’ai tout de même décidé qu’il valait le coup de me prêter à l’expérience.

Nous avons tous besoin de reconnaissance et c’est une véritable quête que nous menons dès l’enfance. Cet appétit est plus ou moins nourri par notre propre vie et cette volonté devient une nécessité qui sera plus ou moins comblée selon que notre amant ou nos soupirants sont brûlants et aimants ou pas, selon que notre patron est quelqu’un de bon et nous dédie quelques compliments et encouragements ou pas. Alors comment faire pour que notre bonheur ne soit pas tributaire de ces personnes extérieures et dans la dépendance de ces marques de reconnaissance que l’on croit pouvoir deviner au gré de notre imaginaire, de nos chimères? Il semblerait que la clé soit la confiance en soi! Le secret serait de s’aimer! Vous me répondrez que ce n’est pas une qualité innée. Et c’est tout à fait vrai. Mais soyez rassurés…ça prend du temps mais ça s’apprend!

La confrontation, l’affirmation, l’acceptation, être positif, se fixer des objectifs…sont autant de méthodes approuvées. Il en est une autre dont la somptueuse jeune femme se réclame et qu’elle se propose de nous enseigner: la beauté! Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas de physique au sens critique, on parle ici d’une idéologie, d’un état d’esprit.

La demoiselle professionnelle de la question a tout d’abord profité de l’occasion et pris le temps de quelques démonstrations pour rectifier certaines de mes convictions et m’apporter d’autres confirmations. En grande réservée, je soutenais que le trop de confiance attire le danger, ce à quoi elle a brillamment rajouté que son absence est une potence, au mieux suscite la transparence au pire l’inexistence… « Aie confiance en toi, il faut que tu te délivres et tu sauras vivre! »

Elle a raison, la confiance est vivificatrice, en manquer est un supplice… Parce qu’on ne peut être une séductrice si l’on n’est pas convaincu de son aura. La foi en soi répare, parfois restaure en tout cas alimente l’amour que l’on nous porte mais également l’amour que l’on porte. Comment veux-tu aimer si tu ne t’aimes pas? Comment veux-tu qu’on t’admire si tu ne t’adores pas?

Et mieux encore, ton enthousiasme propre est la clé qui t’ouvre les portes et t’escorte. Qualités et compétences variées vous seront plus volontiers attribuées que vous souriez. On offrira l’emploi à celui ou celle qui semble avoir confiance en soi. Ne pense pas que de te faire des louanges dérange, on accordera plus couramment un prêt bancaire à celui qui affiche un sourire sincère! Henry de Montherlant clamait déjà sans ménagement: « on ne doit pas accorder sa confiance à quelqu’un qui ne sourit jamais ».

Alors voilà, comme le dit, ma récente et rassurante amie, Asnath Edery, si l’un des instigateurs du bien-être c’est la confiance, l’un des moteurs de la confiance, l’une des solutions c’est la préparation. Oui, le visage est le miroir de l’âme: plus vous serez calme, relaxée, rassurée, plus vous serez rayonnante, resplendissante; en revanche, plus vous serez stressée irritable, plus les rides, le teint livide s’installeront de manière durable. Il faut de l’optimisme, mieux encore du déterminisme pour conjurer le sort de la tête-de-mort. Visagisme, relooking, coaching, voilà de quoi retrouver un peu de charisme.

Je suis allée prendre les conseils d’Asnath, qui a réussi à m’apporter un peu de soleil. Elle a également accepté de répondre à quelques unes de mes interrogations, sans briser la confidentialité. Elle m’a reçue dans son ravissant petit intérieur et naturellement je lui ai parlé pendant un bon quart d’heure. Forte de ses études en psychologie, de son don pour la compréhension de l’humain aguerri, elle a mis le doigt sur ce qui altère, détériore la confiance que j’ai en mon corps. Pour certaines, ce sont un ou plusieurs bébés, pour d’autres c’est leur position dans leur métier, pour d’autres encore c’est plutôt les souffrances à répétition qu’un compagnon leur a infligées, pour moi c’était plus une question de personnalité ou de perception de mes facultés de séduction. A la fin de ce premier rendez-vous, je savais ce qui m’attendait, quel budget j’allais y consacrer, ce qu’il allait falloir améliorer, parfois changer. J’ai tout de suite vu qu’elle savait s’adapter au tempérament, au besoin y aller doucement. Jamais elle ne contraint qui n’est pas prêt à un changement soudain et absolu! Jamais elle ne ment non plus, elle dit sincèrement ce qu’elle ressent, ce qu’elle voit, si le travail est radical ou banal. Nous avons donc convenu d’un second rendez-vous et elle m’a proposé de la rencontrer quelques jours plus tard, pour me laisser le temps d’y réfléchir, de mûrir le projet. Une vraie preuve de subtilité et de sincérité qui m’a permis de la retrouver en étant complétement exaltée. Je l’ai suivie toute une journée: bilan morphologique, colorimétrique, dressing, shopping, maquillage, coiffage et j’en passe. Mais plus que les prestations, c’est l’apprentissage qui m’a donné de l’aplomb et de belles émotions. Je me suis souvenue que qui que tu sois, il faut que tu crois en toi et que face au miroir si tu oublies ton sens critique, si tu oublies que c’est toi, tu te verras alors comme quelqu’un d’unique et les autres ne te trouveront que plus magnifique…

Puis la jeune femme excelle, elle ne peut que servir de modèle. Elle poursuit sa propre thérapie: « tant que j’ai envie de me changer, j’arrive à vous changer »; je vous rassérène, la demoiselle n’a pas fini d’être perfectionniste parce qu’elle est progressiste et tellement optimiste et elle l’inspire. « Qui a confiance en soi conduit les autres » et fait aboutir quelques sourires… Ah je sais, vous aussi vous voulez influencer… Parfait! Il vous faut être votre propre maître, tout simplement… Comment? Et bien apprenez! Oui apprenez à vous connaître et à vous reconnaître, à vous accepter ou mieux à vous aimer. Oubliez l’idée selon laquelle douter est preuve d’acuité ou de profondeur, c’est un leurre.

Ayez confiance et ne mettez pas toute votre aisance au service de votre magnificence non, mais mettez votre splendeur au service de votre bonheur!

www.asnathfashionlook.com

Pretty women

Aujourd’hui c’est la journée de la femme, je ne pouvais donc pas la laisser se terminer sans m’adresser aux dames. Je devrais peut-être me parer de l’épitoge et faire notre éloge, mais je préfère m’appliquer à rappeler que la grâce est plus belle encore que la beauté.

Je ne sais pas vraiment par quoi commencer tant il s’agit d’un vaste sujet, mais je crois que je vais vous raconter une histoire qui en est le véritable miroir.

Lors de la première année de mon arrivée, ici, à Paris, je suis sortie dans l’un de ces troquets branchés et si prisés. Au centre de ce quelque part, un long et beau bar, bien fourni, avec devant lui quatre ou cinq chaises hautes destinées à asseoir quelques hôtes. Parmi les premiers arrivés, je me suis installée sur le côté et je suis là, comme en récréation, en contemplation des ébats. Trois gars, au physique flatteur et au regard « chasseur », plutôt séduisants et parfaitement fringués, prennent rang, sur les hautes chaises alignées que je décrivais. Je suis en première ligne et je trépigne, comme si j’avais deviné ce à quoi j’allais assister: oui, sans le savoir, j’attendais une parade, c’est une véritable mascarade que j’allais voir, une émanation de la société de consommation, un spectacle, que dis-je un miracle, puisque ces trois braves garçons ont déterminé mon appréhension de la fonction de séduction.

Nos trois gaillards sont tournés vers la porte d’entrée et guettent le défilé: but avéré, mettre la gagnante du concours de beauté dans le plumard… Evidemment, sans grand étonnement, de jolies jeunes filles entrent dans le café, plus apprêtées les unes que les autres, plus sophistiqués les unes que les autres. Et j’observe l’expression des mectons, finalement plutôt banals, qui peinent à suivre le rythme du carnaval. Je suis étonnée et un peu offensée de constater qu’une fois la nana dans leur dos à distance de bras, ils ne se retournent pas, l’oublient de façon dégoûtante, alors même qu’elle les enchante, pour détailler la suivante. Ce ballet a duré toute la soirée… Et puis finalement je ne suis pas seulement étonnée, je suis heurtée et indignée!

Mais enfin merci, parce que j’ai compris: j’ai appris que la beauté n’a aucune portée, aucune autorité, si elle n’est accompagnée d’un noble attrait; c’est ce qu’il y a dans l’âme et dans le cœur qui vivifie ce qu’il y a à l’extérieur, ils éclairent la majesté et lui offrent ce charmant mystère, tout à fait nécessaire! L’étrangeté est le condiment essentiel pour relever toute beauté: si par le seul prisme de ton érotisme l’on peut te pressentir, on n’aura pas envie de te découvrir. En d’autres termes belle demoiselle, tu peux acquérir mais tu ne sauras pas conquérir, séduire mais pas retenir. Garder, te faire adopter, c’est pourtant bien souvent ce que tu attends, nan? Alors apprends! Apprends que passées une ou deux nuits, ce n’est plus ta joliesse qui l’intéresse mais ta finesse, ta délicatesse, ta noblesse. Pour la nourrir, pour que tu l’inspires, il faut que tu fasses preuve de tendresse oui, mais aussi que tu l’apparies à l’élégance avec intelligence. L’élégance, tu sais, c’est la simplicité…et c’est ça qui leur plaît, je te le promets! Puis elle, ne souffre pas de la relativité à l’inverse de la beauté; elle t’habite sans arrêt, que tu sois seule ou accompagnée, que tu sois isolée ou en société, c’est elle ta véritable alliée.

Attention, je ne fais pas un plaidoyer contre la beauté, oh non loin de moi cette idée. La maintenir, l’entretenir, la faire mûrir c’est du boulot, une sacrée opération et je suis même de ceux qui pensent que c’est obligatoire, un véritable devoir de respect envers ce que Dieu pour certains, nos parents pour d’autres, nous ont donné. Je suis même certaine qu’elle est parfois une difficulté: sachez que les femmes se pardonnent tout sauf la beauté…

Je déplore juste alors, sans rentrer dans les clichés ni rappeler qu’elle n’apporte pas à diner, qu’elle supplée souvent l’esprit et je me demande encore ce qu’il te restera quand tu auras vieilli, si tel est ton cas. Parce qu’au fil des années -je te jure, c’est prouvé- elle s’étiole, parfois s’envole et certains te la volent. Les tracas, les fracas, les souffrances jouent contre son éternelle survivance. Alors il ne te reste plus que la bonté pour la ranimer, ton sourire pour la guérir, ton rayonnement pour faire de toi quelqu’un de ravissant, de saisissant. Ta seule chance de la garder à tes côtés jusqu’au jugement dernier c’est de la régaler avec autant de génie que d’habits, avec bon cœur et de belles valeurs. N’oublie pas que ta jeunesse ne dure que quelques heures, ce qui compte c’est ton bonheur.

Alors lorsque je te vois, fille que l’on appelle de joie, alors que tu n’es bien souvent que de désenchantement, je me demande ce que tu fous là, à noyer ton être dans ton paraître au lieu de devenir? Tu ne comprends pas qu’on le respire et tu crois que ton prince va venir? Ne me dis pas que tu ne sais pas que les hommes ne sortent que pour baiser ou si t’as de la chance s’amuser? Bien sûr que tu as le droit de venir t’éclater, mais tu ne peux te permettre de parler une autre langue que lorsque tu parles parfaitement la tienne! Il faut que tu saches que ce que dit le plus talentueux des jeunes hommes dérangés (enfin bref,)) est vérité vraie: « au bout d’une heure dans une boîte de nuit, la plus jolie fille du monde ressemble à un barman » (Frédéric Beigbeder). Alors sors, d’accord, mais assure-toi d’être tout à fait exceptionnelle, non pas en étant la plus belle, mais en adoptant la plus beau des comportements, en étant qui tu es avec honnêteté, de façon distinguée et sans vulgarité ou masculinité comme beaucoup se plaisent à simuler. Pour un collectionneur, la plus belle pièce c’est celle qui est de la plus rare espèce, qu’il cherche pendant des années ou au moins des heures. Mets de la valeur dans ton regard en même temps que tu mets ton regard en valeur.

Tu rêves du destin de Vivian, apprends à être gracieuse et majestueuse, à être authentique et tout à fait unique et là peut-être que tu seras une pretty woman!

Scoop: La Suisse, sur le point d’abandonner sa neutralité

« Moi aussi j’avais oublié que les suisses pouvaient me surprendre… Sur ce coup, ils ont plutôt assuré, même si, pour ne pas choquer, j’aurais été un peu plus tendre! Il faut dire que fin février, le parachute doré de soixante-douze millions de francs suisses que le conseil d’administration du groupe Novartis avait prévu pour son futur ex-président, Daniel Vasella, avait soulevé un véritable tollé! C’est mal passé! »

« Je ne suis pas sûre d’être pour, je pense que les privilèges sont essentiels pour faire fonctionner une holding sans dumping. Il faut des dirigeants, DG et autres PD, avec des âmes de dirigeants et la carotte y concourt. Assurément, dans un pays en crise comme le mien, parachute doré peut scandaliser, mais l’ami, chez toi… franchement c’est faire preuve d’ironie!  Reconnais que la singularité de l’adoption d’un comportement socialiste face à cette question est surprenante, renversante même, quand on connaît la réticence largement partagée à amender le modèle social. Selon vous carrément, les vacances empêchent de travailler en paix! Tellement, qu’il y a tout juste un an, vous avez refusé la sixième semaine de congés payés que le gouvernement vous offrait, c’est marrant, là aussi à soixante-sept pour cent! La Suisse ne sait que faire de son excédent budgétaire et les entreprises ne sont pas vraiment dans la mouise, alors qu’importe si l’institution remplit sa fonction. Enfin, voyons comment les députés vont consacrer le plébiscite fortuit. »

« C’est ça qui me plaît! Le Parlement en discute depuis cinq années, sans avoir réussi à avancer…d’où le vote de cette initiative, qui sera probablement promulgué d’ici la fin de la prochaine année par la branche exécutive. Mine de rien, les suisses sont aussi indignés que les autres par la cupidité excessive, d’autant plus qu’elle dessert tout le monde: le marché en général, les entreprises qui se saignent en rémunération de leur direction, sans aucune corrélation avec les résultats et surtout les actionnaires… Après tout, le mécanisme proposé est on ne peut plus juste: un meilleur mode de sélection des administrateurs, négocie ton enveloppe avec tes actionnaires! <There’s no such thing as a free lunch!> Et n’oublie pas qu’il ne s’agit pour l’instant que des sociétés cotées, qui sont déjà soumises à un tas de régulations spécifiques. Non vraiment, je ne vois pas d’argument pour que l’on abdique ou même que l’on soit sceptique! »

« Qu’est-ce que tu penses alors de cette période de bouleversements, elle ne te fait pas peur? »

« Peur comme dans un rollercoaster : c’est dangereux, plein de sensations fortes et d’une excitation qui repose en partie sur le fait qu’on ne sait pas si et comment on va s’en sortir… Bref, <it’s what you make of it, a time of opportunities!> Le conservatisme a un effet positif lorsqu’il protège les valeurs, les vraies, mais délétère quand il veut sauvegarder les usages et les rentes du passé. »

« Mais attends, attends, tu ne penses pas que c’est un vaste théâtre d’hypocrisie? Il existe de nombreux autres moyens d’allouer toute sorte d’indemnités, contournement garanti! En voilà un échantillon: offrir au dirigeant que l’on souhaite faire entrer dans la société, d’acheter une partie en actions à hauteur d’un pourcentage déterminé qu’il pourra liquider lorsqu’il en aura terminé. Une autre manipulation: à l’entrée on lui accorde des stocks options, options d’achats (dites call) et de ventes (dites put), pour une valeur x qu’il estime à date arrêtée, il s’engage à acheter ou à vendre les supports déterminés (actions, obligations…) à un prix et à une échéance déjà fixés, pour jouer d’une hausse dans le premier cas, d’une baisse dans le second événement, de l’actif sous-jacent, avec interdiction de transaction pendant la période de détention . Il s’agit d’un pari, dit principe du «call and put», qui permet bien évidemment, à ses experts en la matière, de se voir attribuer une prime à la sortie… La seule pression repose alors sur le patron, qui devra employer avec plus d’adresse, celui qu’il ne pourra renvoyer d’un simple coup de pied aux fesses… »

« Le fait que les règles seront outrepassées par les espiègles est potentiellement vrai pour toutes les règles au final (ne pas tuer) ça ne réduit en rien leur nécessité pour un meilleur fonctionnement social! »

« Permets-moi s’il-te-plaît de continuer ma démonstration prétoriale! Jusqu’en 2010, les BVI (British Virgin Islands) permettaient d’avoir des actions nominatives au porteur, puis fini! Je te le donne en mille, nombre de parades ont été imaginées et utilisées: vous ne voulez pas apparaître, faites détenir votre société par un directeur nominé ou par exemple par une société panaméenne elle-même au porteur, ils détiendront les actions pour vous avec un contrôle encore moins accru de l’ensemble de l’actionnariat, du chef d’entreprise ou encore du gouvernement. La loi ne te dit même pas qu’il faut un passeport d’une personne physique qui se déclare bénéficiaire économique. Autrement dit l ‘ami, on décale d’un cran le problème, qui lui est encore plus en éveil… Pour chaque maladie, il y a toujours un antidote… »

« Oui et en l’occurrence, la maladie c’est l’excès de goinfrerie, l’antidote c’est la tempérance; tempérance qui est justement l’objectif de ces mesures de restriction des aberrances, des complaisances… Et ce, sans enfreindre la liberté, ni des dirigeants ni des sociétés. Elles rendent le comportement mis en cause plus compliqué, plus cher, plus risqué, en réduisent l’attrait »

« Je crois qu’interdis et tu suscites l’envie, inspire le délit et rends attrayant le produit; autorise et tu banalises donc évites les plus graves dérives. En tout cas, pour une fois, les suisses se mouillent, sur le plan économique certes, mais ça a de réelles répercussions politiques. En effet, Jean-Marc Ayrault a salué l’interdiction des parachutes dorés et fait de la Suisse un véritable héros. On voit même s’esquisser une véritable avancée, comme si la Suisse était le précurseur d’un nouveau vecteur: celui de la transparence. Ainsi, La Commission européenne a dit avoir pris acte de l’avis, qualifié d’important et un accord de principe a même été trouvé, la semaine dernière, entre le Parlement européen et la présidence irlandaise de l’Union Européenne, sur la mise en œuvre du nouveau cadre réglementaire du secteur bancaire, dit Bâle III, qui va aller plus loin que prévu en ce qui concerne la rémunération des banquiers. Parmi les vingt-sept Etats membres, seul le Royaume Uni y est opposé, mais il ne requiert même pas l’unanimité, la majorité qualifiée suffit. Alors tu vois, au moins, voilà, ce dimanche 3 mars, les suisses se sont évadés de leur neutralité si souvent raillée, félicitons-les et bonne journée! »

Flight!

Cette semaine j’ai assisté à la projection du film flight, que je vous recommande d’aller voir prestement… Il est tellement éloquent…

L’intrigue se noue autour de l’histoire d’un pilote –incarné à merveille par Denzel Washington- que l’alcool et la cocaïne ligotent. Oui, jusqu’au jour où le sort le réveille, il perd le contrôle de son appareil… Fort de son expérience et de son intelligence, il parvient à sauver presque cent vies sauf que c’est dramatique, sous narcotiques, on refuse de lui accorder de mérite et on préfère engager contre lui des poursuites.

On suit parallèlement une jeune femme accro à l’héroïne et ça nous abomine. On se rend compte que la drogue assassine quand on en manque mais surtout quand on s’en flanque, que ce soit, dans le nez, dans le bras ou dans la bouche…

Ce film m’a particulièrement émue, d’autant plus touchée que j’ai quelques amis, souvent originairement des génies, victimes de cette calamité… Je me suis toujours demandée pourquoi ils l’ont en affection? Est-ce un défi lancé à l’esprit, à la raison? Peut-être pour les plus instruits, mais vous savez pourtant que c’est loin d’être le paradis… C’est une prison, c’est un poison… Si seulement ça apportait un peu de savoir, mais au contraire c’est en fermer le tiroir, c’est un mouroir surtout au moment de déchoir! Oui je sais que la descente vous la redoutez, peut-être autant que la réalité et pourtant vous en redemandez… Quand je vous regarde mes amis tant aimés, quand je vous regarde vous détruire, vous démolir, quand je vous regarde vous bousiller, j’ai comme l’impression que c’est les êtres les plus brillants, les plus bienveillants, les plus frémissants que la vie attache aux stupéfiants. J’ai comme la sensation que c’est eux qu’elle place dans la détresse et qu’elle est là, la source de vos ivresses.

Mon ami, je me sens si affaiblie quand tu me souris, je ne sais pas t’aider, peut-être parce que j’ai peur de tomber. Mais pourquoi tu t’obstines alors que tu sais que ça confine? Pourquoi t’acharner alors que tu sais que tu vas te faire interner?

On va me reprocher de tout confondre. Certains vont me dire que, non, la cocaïne n’exclut pas de la société, qu’elle est un outil commun en soirée, qu’elle permet de mieux fêter sans se fatiguer; ah parce que tu crois que ton euphorie, ton sentiment de toute puissance physique et intellectuel est éternel? Ils vont laisser le poste à l’agitation, puis à l’appréhension et enfin à la dépression. D’autres vont hurler que le cannabis est une drogue douce, bien sûr, si douce qu’elle te rend complètement apathique et te démotive de façon pathétique. D’autres encore que l’effet hallucinatoire du champignon est momentané et sans danger; invention, fabulation et celle-ci est redoutable et puits d’alimentation… Et que dire même de l’addiction aux antidépresseurs, à part que dans ces conditions, ils sont aussi dévastateurs… Et j’en passe et des meilleurs!

Je ne sais que trop bien combien le doute, le flottement, la réflexion nécessaires à la construction, combien aussi l’émotion, les désillusions, les chagrins passagers nous donnent envie de les voiler, de nous cacher. On se déprime et quoi de mieux pour s’ignorer à soi-même, se taire son propre abîme, que de s’oublier, que de se droguer? Rien de pire vous voulez-dire!

C’est dur de parler de soi, de ses émois, de ses effrois, mais c’est vital. Parlez à votre ami, ou à un psy, c’est égal, mais parlez, c’est le principal! Ne confiez pas votre existence à un trafiquant, commerçant, qui n’en a que faire de votre subsistance! N’oubliez pas que l’apothicaire ne sent pas ses drogues, lui n’en prend pas, la plupart du temps! Lui c’est un acheté, un suborné et ses produits sont altérés, sont empoisonnés! Ne participez pas non plus aux idées reçues selon lesquelles le pauvre qui se drogue se met plus en danger que le garçon ou la fille aisé(e)? Ni vos denrées, ni vos volontés ne sont plus contrôlées. Dans les deux cas, c’est le fracas, vous êtes sinistrés!Et ça ne va pas s’arrêter, à chaque prise il vous en faudra plus, jusqu’à l’ultime crise. Comme l’avait déclaré Jim Morrison avec beaucoup d’ironie: « dans la vie, j’ai eu le choix entre la drogue et la mort, j’ai choisi la première et c’est la seconde qui m’a choisi ».

Alors quoi, vous voulez vous enticher d’un tel désarroi, d’une came qui vous noie, d’un destin qui vous foudroie? Et puis vous avez-vu la gueule que ça vous fait? Non, parce qu’il y aurait de quoi pleurer! Je peux vous assurer que nous, sobres, ça nous ferait presque marrer. Alors au lieu de fumer, de renifler, de vous saouler, de vous piquer, riez, rêvez, vivez! Au moins, on ne meurt pas d’une overdose de gaieté!